‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 142 sur 412 · CULTE ET RELIQUES DE SAINT LUCIEN DE BEAUVAIS · texte numérisé non relu

CULTE ET RELIQUES DE SAINT LUCIEN DE BEAUVAIS

A peine les restes bénis de Lucien furent-ils déposés dans la terre, que les chrétiens allèrent le vénérer : à leur tête, nous voyons sainte Romaine, qui devait répandre elle-même son sang pour la foi. Bientôt la fin de la persécution permit de construire sur son tombeau une église à laquelle on donna les noms de saint Pierre et de saint Lucien. Jusqu’au v° siècle, époque de sa destruction, cette église fut desservie par des prêtres vertueux et zélés, qui vivaient en communauté sous la direction des évêques de Beauvais, et se répandaient dans là campagne pour y exercer le saint ministère ÿ.

Le pieux et zélé roi Childebert avait résolu de relever cet édifice de ses ruines ; il avait même affecté à cet usage les revenus de ses propriétés de Bulle, mais, pour des raisons dont il est difficile aujourd’hui de connaitre la nature, son projet ne put être exécuté que par Chilpéric I°', en 583.

Ce fut à la sollicitation de Dodon, évêque de Beauvais, et de saint Evrou, que Chilpéric fonda une nouvelle basilique et un monastère, au lieu même qui avait servi de berceau au christianisme dans le Beauvaisis ; une charte signée de sa main et datée de la 22° année de son règne expose ainsi les motifs qui le déterminèrent à faire droit à leur requête : « Déjà nos ancétres », y est-il dit, «ont affecté à la même destination plusieurs de leurs propriétés situées dans le Beauvaisis. D'un autre côté, l’apparition de saint Lucien à notre bien-aimé Evrou, l’ordre qu’il lui a donné de retirer de Montmille et de placer près de son tombeau le corps du bienheureux Maxien,

1. Ce fait est rapporté : 10 Dans la Vie de saint Lucien, par un moine anonyme; 20 dans une autre Vie, imprimée par les Bollandistes, sous le nom d'Odon, évêque de Beauvais; 30 dans le Martyrologe de saint Florus, diacre de Lyon, qui vivait au 1xe siècle; 40 dans Louvet, ZJist. et antiquités de Beauvais.

2. Suivant une tradition locale, sur la terre qui reçut le sang de Lucien, il poussa des rosiers produisant des roses vermeilles. Louvet s'exprime ainsi à ce sujet : « C’est une chose véritable, dit-il, que les gouttes de sang du chef de notre martyr, dont la terre fut empourprée, engendrèrent telle quantité de rosiers garnis de roses vermeilles, qui ont paru jusqu'à présent, que le lieu du martyre s'appelle encore la Rosière, pour signifier, comme dit Tertullien, que le sang des martyrs est une graine et une semence des belles fleurs du paradis ». (Hist, et antiquités du diocèse de Beauvais, par Louvet, t. er, 387.)

3. Plus tard, on y bâtit une chapelle qui existeencore de nos jours; mais elle n'est plus consacrée au culte.

4. Vie de saint Lucien, sous le nom d'Odon, et la même Vie, par un moine anonyme.

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