‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 153 sur 412 · S. CLAUDE APOLLINATRE, ÉV., APOLOGISTE DE LA RELIGION CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

S. CLAUDE APOLLINATRE, ÉV., APOLOGISTE DE LA RELIGION CHRÉTIENNE

Bruxelles. Dans la suite, l’évêque de Cambrai les transféra dans celle de Saint-Michel, qui a pris depuis le nom de Sainte-Gudule. C’est de là que les hérétiques les enlevèrent, pour les disperser avec celles de beaucoup d’autres saints, en 4579, année tristement célèbre par tant de sacriléges profanations : on en put sauver une petite partie qui se trouve aujourd’hui sur le maître-autel de la belle cathédrale de Bruxelles, dédiée à notre Sainte.

On a représenté sainte Gudule travaillant à un métier à broder ; sa coiffure semble entourée d’une couronne de lauriers ; — un ange entretient sa lampe, que le diable s’efforce d’éteindre. Cette lampe est le plus souvent une lanterne ou falot, car on raconte d’elle ce que l’on raconte de sainte Geneviève, à savoir que se rendant à l’église dès le chant du coq, le démon, impatienté de la voir si matinale, s’avisa de souffler la lumière conductrice ; mais le bien puni ce fut lui, puisqu’un ange vint mettre fin à ses méchants tours ; à moins que l’on ne préfère voir dans cette lampe, ce falot ou cette lanterne le symbole sous lequel l'Evangile lui-même désigne les Vierges sages et leurs imitatrices. On trouvera encore notre Sainte dans un même groupe formé par elle, sa mère, sainte Amalberge, et sa sœur, sainte Reinelde ou Raïnilde.

La vie de sainte Gudule, d'après un manuscrit autrefois conservé au collége des Jésuites de Bruges a été écrite dans le x1® siècle par un moine de Lobes, nommé Hubert, peu de temps après la translation des reliques de la Sainte à l'église collégiale de Saint-Michel à Bruxelles. Cette vie se trouve dans la grande collection des Bollandistes, tom. 107, Jan.; les éditeurs des Acta SS. Belgqü Selecta l'ont enrichie de

nouvelles remarques, tom. v, pag. 667-735. On trouve encore une légende anonyme de la Sainte dans la collection de Surius. Voyez aussi Baillet et la vie de la Sainte, imprimée à Bruxelles en 1708.

LE PROPHÈTE SÉMÉI (an 924 avant Jésus-Camisr).

Séméias ou Séméi, prophète, qui, dans le Ille livre des Rois, est appelé homme de Dieu, florissait sous Roboam, roi de Juda. Ce prince avait assemblé une armée nombreuse destinée à marcher contre Jéroboam et les dix tribus qui s'étaient constituées en royaume; mais Séméias vint lui signifier, de la part de Dieu, de ne pas faire la guerre aux tribus qui avaient secoué le joug, et qui s'étaient donné un nouveau roi, en punition de l'infidélité de Salomon. Roboam déféra à l’autorité du prophète, et la guerre n’eut pas lieu. Quelques années après, Sésac, roi d'Egypte, ayant marché contre Jérusalem, se disposait à assiéger cette ville, où le roi Juda s'était réfugié avec les principaux de sa cour, et où ils se croyaient en sûreté derrière ses remparts. Séméias vint déclarer au roi que Dieu, pour le punir de ce qu’il avait abandonné sa loi, l’abandonnait lui-même au pouvoir de Sésac. Cette menace fit impression sur le cœur du prince ; il s’humilia et reconnut qu’il avait mérité cette punition. L'arrêt que le Seigneur avait porté contre lui par la bouche de son prophète ne fut pas exécuté dans toute sa rigueur, et Sésac ayant pénétré dans la ville, se borna à piller le temple et le palais du roi. Séméias mourut vers l’an 950 avant Jésus-Christ ; il est nommé dans plusieurs calendriers sous le 8 janvier.

III Reg., x1r, 24; II Paralip., x1, 4; IIL Rog., x1; II Paral., xxx, 7.

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