S, CLAUDE APOLLINAIRE, ÉV., APOLOGISTE DE LA RELIG. CHRÉT
Claude Apollinaire, évêque d'Hiérapolis, en Phrygie, a été regardé de tout temps comme l’une des plus grandes lumières de l'Eglise primitive. Mais il ne nous reste plus rien de ses écrits, ni aucune histoire de sa vie. Nous voyons seulement qu'il a recu de grands éloges des anciens auteurs. Les hérétiques trouvèrent toujours en lui un ennemi redoutable. Il composa de savants traités, où il réfutait, sans réplique, leurs systèmes impies ; et, afin de leur ôter tout subterfuge, il faisait voir dans quelle secte de philosophes chacun avait puisé ses erreurs, D combattait surtout les erreurs de
Tatien, espèce de stoïcisme chrétien, qui portait le nom d’encratisme, continence ; où l’on prohibait l'usage du vin, le mariage, et où l’on enseignait que Jésus-Christ n'avait souffert qu'en apparence, ete. celies de Montan, qui devançca Mahomet en prétendant que les révélations de Moïse et de Jésus-Christ étaient insuffisantes, que le Saint-Esprit était descendu en lui et dans deux femmes, Priscille et Maximille, et en cachant sous des dehors austères les mœurs les plus dissolues, etc.
Vers 171, il présenta à Marc-Aurèle une apologie pleine de raison, d’éloquence et surtout d’àpropos en faveur des chrétiens persécutés ; il rappelle à ce prince que dans son expédition contre les Marcomans et les Quades, resserré par ces ennemis en Allemagne, il avait obtenu par les prières d'une légion chrétienne (la légion Mélitine ou Fulminante), une pluie abondante qui désaltéra son armée mourante de soif.
Warburton a démontré la vérité de ce miracle contre les mauvaises plaisanteries de Voltaire, Werton, autre anglais, protestant, l’a également é!ablie dans une dissertation publiée en 1748, contre Le Clerc et Bayle. Les paiens du temps avaient moins d’impudence : ils n’ont point nié le fait ; seulement Porphyre et Claudien l'ont attribué à la magie. Tertullien en parle comme d'un fait public et incontestable, et renvoie deux fois les Romains à la lettre de Marc-Aurèle, qui le rapporte, en fait honneur aux prières des chrétiens, et ordonne, en cette considération, de cesser pour un temps la persécution. L'original de cet édit existait encore lorsque Tertullien et saint Jérôme écrivaient,
Saint Apollinaire mourut vers l’an 180.
SAINT PATIENT, ÉVÈQUE DE METZ (n° siècle).
Saint Patient naquit dans l’Asie-Mineure ; il sortait d’une famille grecque notable et riche. Saint Jean l’Evangéliste, apôtre de cette contrée, le convertit à la foi, le retira du milieu du monde, et l’attacha étroitement à Notre-Seigneur. L'ancienne tradition ajoute qu'il le décora de la dignité épiscopale, et l’envoya annoncer l'Evangile au pays de Metz. Il fut le quatrième évêque qui régit cette église, la nourrit du pain de vie, et l’illustra par ses glorieux travaux. Comme les églises érigées par saint Clément ne suffisaient pas à la multitude des fidèles, lui-même en construisit, hors des murs de la ville, une nouvelle qu'il dédia aux saints Apôtres, et’ spécialement à saint Jean, Longtemps l’une des plus magnifiques de la province, cette basilique porta le titre de cathédrale jusqu’à sa destruction par Atlila, en 451, Saint Patient y fut enseveli, lorsqu'après quatorze ans d’épiscopat, il s’envola dans le sein de Dieu pour y recevoir la récompense de ses mérites et de ses travaux.
A cette légende du bréviaire de Metz, nous croyons devoir ajouter la notice suivante que nous envoie M. l'abbé Noël, directeur au grand séminaire :
« Saint Patient, évêque de Metz. Nos chroniques le font Grec d’origine, envoyé par saint Jean V'Evangéliste à une époque où l'Eglise de Metz, après avoir été gouvernée successivement par saint Célesie et saint Félix, les deux compasnons de saint Clément, premier évêque de Metz, était restée sans pasteur. Paul, diacre, le plus ancien historien connu des évêques de Metz, ne parle pas de cette mission de saint Patient par saint Jean l'Evangéliste; il se contente de le nommer, en lui donnant part à une phrase d'éloges commune à plusieurs successeurs de saint Clément. Les Bollandistes rejeltent même comme invraisewblable cette mission, qu’il est difficile d’ailleurs de concilier avec la chronologie des évêques de Metz. Cependant, cette tradition, quoique peu vraisemblable en ellemême etaltérée par des circonstances qui semblen! mériter peu de confiance, ne doit pas être entièrement abandonnée. Elle pourrait bien avoir son fondement dans l’origine grecque de saint Patient, qui a vu ètre disciple de saint Jean, el venir, après la mort de son maïtre, comme plusieurs orientaux, évangéliser les contrées de l'Occident, Son nom n’est point une difficulté réelle : car V’Asie-Mineure était devenue une province de l'empire depuis assez longtemps, pour que des familles romaines aient pu y ètre fixées en conservant leurs noms latins,
« Saint Patient bâtit hors des murs, sous l’invocation des douze Apôtres et spécialement de saint Jean l'Evanvéliste, une és lise où il fut inhumé. Cette église devint dans Ja suite la magnifique abbatiale de Saint-Arnould, sépulture des rois et des grands d'’Austrasie, et plus tard des princes et des princesses de la famille Carlovingienne, La basilique de Suint-lean servit de cathédrale jusqu'à sa destruction, en 451, par l'armée d'Attila. Elle fut rebâtie après ce désastre; mais les évêques de