RELIQUES DE SAINT GUILLAUME
Au moment de la canonisation, en 1218, le corps de saint Guillaume déposé dans le premier caveau des catacombes de la cathédrale, fut renfermé par l'archevêque Gérard de Cros dans une magnifique chässe d’or et d'argent, et transféré derrière le maître-autel de la nef même. Cette imposante cérémonie, approuvée par une nouvelle bulle du Saint-Père, eut lieu le 7 mai 1218.
Girard ou Géraud, son successeur, fit en 1217 la translation de ses reliques, et Honorius III donna le décret de canonisation en 1218. La fête de saint Guillaume fut remise après l’Octave de l'Epiphanie, et fixée au 16 janvier, quoique le martyrologe romain en fasse mention le 40 du même mois.
En 1222, la comtesse de Nevers, petite-nièce du Saint, donna à l’6- ‘glise de Bourges des revenus sur ses terres du Nivernais pour qu'on allumât une lampe qui devait brûler à perpétuité devant le tombeau de son oncle.
Quelques années après, l’abbaye de Châlis obtint un os du bras de saint Guillaume, et le collége de Navarre, à Paris, une de ses côtes.
Le Père J. Branche, dans sa Wie des Saints et Saintes d'Auvergne et du Velay, dit (10 janvier) que l’église de Saint-Léger, en Auvergne, dans l’évêché du Puy, fut honorée de la plus grande partie des reliques de saint Guillaume. Elles furent, comme celles de Bourges, dispersées par les Calvinistes. Mais les habitants en ramassèrent quelques parties : le fémur, les deux faucilles des jambes, la plus grande partie du crâne, avec quelques autres pièces de la tête, quelques côtes et un grand nombre de petits os des doigts et autres parties du corps; « elles ont été mises depuis dans une châsse de bois, couverte aù dedans d’un beau linge, au dehors de fer-blanc, et fermé d’une bonne clef, bien élevée derrière le grand autel, où j'ai eu l’honneur de les voir depuis peu et d’en conférer avec hiessires les curés de Saint-Léger et de Saint-Paul, et avec Messire Guillaume Molinar, prêtre, qui m'ont juré sur leur foi que plusieurs malades allant faire leur dévotion devant ce saint Sépulcre y recouvrent la santé, et nommément ceux qui sont travaillés de la fièvre. Des petits enfants qui ne peuvent pas marcher au temps marqué par la nature, obtiennent leur guérison sur le lieu même, et d’autres après avoir fait vœu de s’y faire porter, ou d'aller visiter les saintes reliques. Tout contre cette église il y a une fontaine dont l’eau guérit de la grappe, en s’y baignant ».
Nous nous sommes adressé à l’évêché du Puy pour savoir ce qu’il reste aujourd’hui de toutes les choses dont parle le P. Branche. M. Alirol a eu l’obligeance de nous donner les renseignements suivants : « Saint Léger était, avant la grande Révolution, une petite paroisse du diocèse du Puy. Au rétablissement du culte, l’église était ruinée, la population ne dépassait pas 150 âmes. Saint-Léger fut réuni à la paroisse de Sembadel. Ces deux localités sont dans le voisinage de La Chaise-Dieu, qui, avant la Révolution, appartenait au diocèse de Clermont.
« Les reliques que possédait l’église de Saint-Léger ont été dispersées, peut-être brûlées, en1793. Je pensais qu’elles avaient peut-être été recueillies
à Sembadel, et j’ai consulté les procès-verbaux de visite pastorale de cette dernière église. Je n’y trouve à ce sujet que ces trois mots :
Reliques sans authentiques.
Ce qui restait des reliques dans la cathédrale de Bourges fut brûlé en 1562 et les cendres jetées au vent par les Huguenots ».
On 2 plusieurs vies de saint Guillaume : une écrite par un ecclésiastique qui l'avait connu particu— lièrement à Bourges, Surius l'a abrégée; l’autre a été faite par Pierre, moine de Châlis, peu de temps après la canonisation du Bienheureux ; Du Fossé en a fait une des deux en notre langue, et Dom le Naim les a suivies dans son Histoire de l'Ordre de Cîteaux, t. vx. Voir encore les notes de Bollandus qui rapporte un fragment d'une troisième vie de saint Guillaume; les auteurs du Gailia christiana nova, t. 11, p. 60; l’Hagiographie nivernaïise, par Mgr Crosnier; les Pieuses légendes du Berri, pax M. Veillat.
SAINT NICANOR, MARTYR (r°" siècle).
Saint NICANOR, l’un des 12 disciples 1; l’un des 1 premiers diacres; l’un des témoins immédiats de J.-C.; l’un des premiers martyrs, persécuté d’abord avec saint Elienne dans Jérusalem ; mis à mort ensuite dans l'ile de Chypre. — Les traditions sur saint Nicanor paraissent opposées en ce que les unes placent le martyre de saint Nicanor sous Vespasien, l'an 76 de J.-C., et les autres à la 34e ou 35e année de J.-C. Mais ces traditions se concilient fort bien si l’on admet que saint Nicanor souffrit d’abord la persécution avec saint Etienne et qu'il consomma son martyre dans l'ile de Chypre sous le règne de Vespasien, lorsqu'il eut porté l'Evangile en divers lieux. Baronius donne un sentiment différent : il pense que les Cypriotes ont transféré chez eux les reliques de saint Nicanor et que pour cette raison ils célébraient la mémoire de son martyre, le jour de cette translation.
Cf. Histoire des soixante-douze disciples, etc.
S. MARCIEN, G. ÉCONOME DE Ste-SOPHIE DE CONSTANTINOPLE (489).
Saint Marcien naquit à Constantinople, de parents originaires de Rome et alliés à la famille impériale de Théodose. Dès ses premières années, il pratiqua assidüment le jeune, la prière et les veilles. I avait un immense patrimoine qu'il répandit tout entier dans le sein des pauvres par amour pour Jésus-Christ. Il bâtit nombre d’églises, et, accomplissant une prophétie de saint Grégoire de Nazianze, il transforma en une basilique vaste et splendide la petite chapelle Anastasie, dans laquelle le grand évêque avait, par ses éloquentes prédications, ressuscité la foi morte et ruinée à Constantinople. Il fut élevé à la prêtrise, malgré lui, par Anatolius, archevèque de Constantinople. Le patriarche Gennade, l’élevant à la seconde dignité ecclésiastique de son diocèse, le nomma grand économe de l’église Sainte-Sophie. Il eut des envieux, on l’accusa de novatianisme, mais la voix populaire qui s’éleva en sa faveur couvrit bientôt les clameurs de ses détracteurs. Il fleurit sous les règnes de Marcien et de Léon Ier, au ve s.
Voyez, dans Surius et Bollandus (AA, SS., t. rer, p. 609), une ancienne vie de saint Marcien, écrite par Métaphraste; — dans les Conciles généraux et particuliers, par Mgr Guérin, la question du novatianisme,
t. 1er, p. 26, 27, 28, 81, 49, 50, 98, 99, 100, 143, 145, 182, 301; la dignité de grand économe, dans Thomassin, Ancienne et nouvelle discipline de l'Eylise, éd. des CELesrins, à Bar-le-Duc.
1. Il est également dit, dans le Livre des soixanle-douxe disciples, attribué à saint Dorothée, que saint Nicanor souffrit le martyre en même temps que saint Etienne, avec son sous-diacre et deux mille autres. 1 n'est pas vraisemblable, répondent les Bollandistes, qu'un fait aussi considérable eût été passé sous silence par saint Luc; mais cette objection n'en serait pas une pour ceux qui voudraient soutenir la pre— mière opinion : les savants jésuites, se réfutant eux-mêmes, ajoutent plus loin qu'au chapitre vi des A É apôtres, saint Luc parle d'une grande persécution qui se fit dans l'Eglise. (AA. SS., t. 1er, jan. P. :