Voir, au 2 mai, saint Athanase
autres, Ursace de Singidon, et Valens de Mursie ; puis ils envoyèrent à l’empereur Constance une députation pour demander que les évêques exilés pour la foi fussent rappelés, et que désormais l’autorité séculière ne se mêlât plus des affaires religieuses. L'empereur Constance, honteux du rôle que les Ariens et les Semi-Ariens (ou Eusébiens) lui faisaient jouer, devint plus juste et rappela Athanase sur son siége. (349). Mais comme il était aussi faible que tyrannique, il se laissa persuader de nouveau par les Ariens, qui le flattaient et lui disaient sans cesse, qu’Athanase en défendant l'Eglise attaquait l’Empire. C’est vers cette époque qu'Hilaire commença à se montrer l’Athanase de l'Occident. Constance, se trouvant à Arles (353), y tint un concile, dans lequel il ordonna de souscrire à l’hérésie arienne et à la condamnation de saint Athanase.
Paulin, évêque de Trèves, ayant résisté à ces ordres, fut condamné par les Ariens et exilé par Constance. On ignore les autres détails de ce conciliabule ; il fut le commencement des maux apportés dans l'Occident par l’hérésie arienne, qui avait pour protecteur un despote, et pour agents un Ursace, un, Valens, un Saturnin, évêque d'Arles; ce dernier, corrompu dans l'esprit et dans les mœurs, emporté et factieux, tyrannisait les Gaules avec tous les moyens de terreur dont Constance lui laissait la disposition.
Dans un autre concile, à Milan (335), l’empereur mit tout en œuvre pour détruire la foi de Nicée et extorquer aux évêques la condamnation d’Athanase, Les légats du Saint-Siége osèrent lui représenter qu’il était contraire aux « lois » de l'Eglise de condamner un absent sans l’entendre. — « Les lois », répliqua Constance, ce sont mes « volontés ». Mais les légats ayant plus horreur de cette maxime que de tous les supplices, se laissèrent condamner à l’exil plutôt que de trahir la cause de la justice et de l’innocence. D'autres évêques demandèrent à être enveloppés dans la même sentence t. Il est difficile de savoir si saint Hilaire assista à ce concile : mais rien de plus connu et de plus éclatant que son opposition à la violence, à l'injustice et à l'erreur, Il eût pu vivre en repos dans son église de Poitiers, au milieu de tous les avantages de la faveur impériale ; Constance eût même honoré de son amitié un prélat si éminent, il l’eût entouré de considération et rendu tout-puissant ; le saint docteur n'avait qu’à se soumettre à la volonté impériale et à laisser à d’autres le soin de défendre la vérité évangélique ; peutêtre même lui eût-il suffi de se taire, et plus d’un prétexte se serait offert à lui pour colorer sa conduite auprès de son peuple. Mais toutes ses espérances étaient dans le ciel, et la charité l’unissant à Dieu par des liens indissolubles, il n’était rien sur la terre dont le désir ou la crainte püût l’en séparer; il n’hésita jamais sur le parti qu'il devait prendre, il dit toujours intrépidement : « J'adhère au nom de Dieuet de mon Seigneur Jésus-Christ, dût une telle confession m'attirer tous les maux ; je repousse la société des méchants et le parti des infidèles, quand même ils m'offriraient tous les biens ». Ayant pris cette inébranlable résolution, il entreprit d'arrêter l'Occident sur le penchant de l'erreur : car beaucoup, effrayés par les menaces, trompés par les intrigues et les ruses, étaient entrés en communion avec les Ariens, au concile de Milan. L’hérésie se répandait comme une contagion.
Notre Saint s’adressa d’abord à l’empereur; c’est du moins l’opinion la plus commune qu’il faut rapporter à cette époque son premier livre à Constance.
C'est une requête apologétique tendant à ce que ce prince accordât aux