Athan., Apolog., p
catholiques la liberté d’exercer leur religion avec leurs évêques. Il proteste que l’empereur n’a à craindre de la part des catholiques aucune sédition, ni même aucun murmure dangereux ; que les Ariens seuls troublent la paix publique par les violences qu’ils emploient pour imposer leurs erreurs. Les catholiques ne demandent que la liberté commune ; qu’on leur rende leurs évêques exilés, et qu'il soit permis à chacun d'entendre la parole de Dieu de la bouche de qui il voudra. Si l’empereur voulait user de contrainte pour établir la véritable religion, comme on le fait pour l’arianisme, les évêques catholiques l’en détourneraient, ils lui diraient que Dieu est le maître de l'univers, qu'il n’a point besoin d’une soumission forcée, et qu’il n’exige point une confession qui a pour principe la violence, Cette requête n’eut point un plein succès ; toutefois, d’après Baronius, il faut considérer comme un de ses fruits une loi de Constance, datée, dans le code théodosien, du x° des calendes d'octobre, sous le consulat d’Arbition et de Lollien, c’està-dire du 23 septembre de l’an 355 : elle renvoie aux évêques la connaissance des causes de leurs confrères, et défend d’en traduire aucun devant les tribunaux séculiers.
En même temps, Hilaire et la plupart des évêques des Gaules, dont il était le chef, se séparèrent de la communion de Saturnin, d'Ursace et de Valens, et ils accordèrent aux autres qui étaient entrés dans le parti de ces Ariens le pardon de leur faute, pourvu qu’ils s’en repentissent et que l’indulgence qu'ils leur accordaient fût approuvée par les confesseurs exilés pour la foi.
Saturnin et ceux de sa faction, ne pouvant souffrir de se voir flétris par un décret que les évêques des Gaules avaient rendu public, les obligèrent de se trouver à un concile qu’ils tinrent à Béziers (356), et auquel il y a apparence que Saturnin présida. Saint Hilaire s’y rendit, avec son intrépidité ordinaire, et dans cette assemblée d’ennemis et d’Ariens, offrit de réfuter, séance tenante et de vive voix, leur erreur. Mais les hérétiques, qui craignaient de se voir confondus publiquement, ne voulurent point qu'il fût écouté. Saturnin envoya à Constance une fausse relation de ce qui s'était passé dans ce concile, et quoique saint Hilaire s’en plaignît et que Julien, César des Gaules, fût témoin de la vérité, les calomnies des Ariens l’emportèrent. On ne sait de quel crime ils l’accusaient, mais saint Hilaire marque assez clairement dans son deuxième livre à Constance, qu’il s'agissait d’une action indigne non-seulement d’un évêque, mais encore d’un laïque de bonnes mœurs. Il fut exilé en Phrygie avec saint Rhodane, évêque de Toulouse qui, naturellement moins vigoureux qu’Hilaire, ne se soutenait contre les ennemis de l'Eglise que par son union avec lui. Notre Saint, avec la joie des Apôtres et des martyrs lorsqu'ils avaient à souffrir quelque chose pour Jésus-Christ, se rendit dans le lieu de son exil, où l’attendait une belle mission et de grandes victoires : Dieu portait ce flambeau en Orient pour y dissiper les ténèbres de l’arianisme. Il ne cessa point d’ailleurs pour cela d’être l’âme des églises de la Gaule : car les évêques Catholiques de ces contrées ne permirent pas qu’on mît personne en sa place sur le siége de Poitiers : le grand docteur continua d’être en relation avec eux et de gouverner son église ; il fut bien affligé du triste état où il trouva les églises de l’Asie : il nous assure, dans un de ses livres', qu’il trouva à peine dans les provinces où on l'avait relégué, un évêque qui connût Dieu et conservât quelque reste de la vraie foi. Il s’imposa en ces circonstances deux devoirs qui indiquent la conduite la nlus sage et la plus rai-