‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 194 sur 412 · Fleury, Liv. x1v, ch · texte numérisé non relu

Fleury, Liv. x1v, ch

livre des Synodes, adressé aux évêques des Gaules, Il marquaïit à cette chère enfant que si elle était assez généreuse pour ne pas désirer un époux mortel, des habits magnifiques et tout ce qui flatte la vanité des mondains, elle recevrait de Jésus-Christ une perle infiniment précieuse dont elle ne pouvait pas même se former une idée. Toutefois, il lui donne de simples conseils, il ne lui manifeste que ses désirs, ne lui imposant sur ce point aucune nécessité. Mais il lui demande une réponse et veut qu’elle la fasse sans le secours de personne. Il lui annonce en même temps qu’il lui envoie deux hymnes, une pour le matin et l’autre pour le soir, et il ajoute que si elle trouve quelque chose de difficile à entendre, soit dans ces hymmes, soit dans sa lettre, elle en demande l’explication à sa mère. Fortunat nous apprend que de son temps (vr° siècle), l'original de cette lettre se gardait soigneusement dans l’église de Poitiers. Abra suivit le conseil de son père et mourut saintement, comme nous le rapporterons bientôt.

Cependant, deux conciles avaient été convoqués, dans des vues perfides, par l’empereur (359). L'un se tint à Rimini, en Italie, où plusieurs prélats, même des plus saints et des meilleurs, après saint Hilaire, comme Phébade d'Agen, et Servais de Tongres, furent trompés par les artifices et les propositions captieuses des Ariens ; l’autre, à Séleucie (360), métropole de l’Isaurie, composé de semi-Ariens en majorité, d’un certain nombre d’Ariens et d’une quinzaine de catholiques. Saint Hilaire s’y trouva par une disposition particulière de la Providence. Quoiqu'il n’y eût aucun ordre particulier pour lui, toutefois, sur l’ordre général d’envoyer tous les évêques au concile, le vicaire du préfet du prétoire et le gouverneur de la province l’obligèrent à s’y trouver et lui fournirent les moyens de se rendre à Séleucie!. Pendant ce voyage, il s'arrêta un dimanche dans une petite ville et entra dans l’église des catholiques, à l’heure où le peuple y était assemblé. Tout à coup, du milieu de la foule, s’élance une jeune fille qui, éclairée d’une lumière surnaturelle, a reconnu le saint Docteur, se jette à ses pieds et lui demande sa bénédiction, puis le baptème, qu’elle reçut quelques jours après. Son père, Florent, sa mère et toute sa famille profitèrent aussi du passage de notre Saint qui les régénéra dans l’eau du baptême. Florence suivit son père spirituel, à son retour en France, et devint, sous sa sage conduite, une sainte honorée à Poitiers, le premier de décembre ?.

A son arrivée, il fut reçu très-favorablement et attira l’attention de tout le monde. On lui demanda tout d’abord quelle était la croyance des Gaulois, car les Ariensles avaient rendus suspects de ne reconnaître la Trinité que dans les noms, comme Sabellius. Il expliqua sa foi conforme au concile de Nicée et rendit aux Occidentaux le témoignage qu'ils tenaient absolument la même croyance. Ainsi, ayant levé tous les soupçons, il fut admis à la communion des évêques et reçu dans le concile. Il eut la douleur d’y entendre sortir des blasphèmes horribles de la bouche des Ariens *, esprits sans énergie et sans décence, hardis contre Dieu, esclaves devant le regard : des maîtres de la force, donnant à l’empereur l’attribut d’éfernel, qu'ils refusaient au Fils de Dieu. Il frémit d'horreur en entendant dire à l’un deux, qui était venu pour le sonder, que Jésus-Christ est dissemblable à Dieu, parce qu’il n’est ni Dieu, ni né de Dieu, et il se refusa à croire que ce fût là leur sentiment, jusqu'à ce qu'ils le déclarèrent publiquement dans le concile, Les semi-Ariens condamnèreni même ces impies et les déposèrent,.

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