Nous donnons aujourd'hui une notice sur saint Vivence
2. Voir leur fête au 26 juin. — 3, Voyez sa vie au 16 août. — 4. Bouchet, Annales d'Aquitaine, fol, 24, édit. de 1557.
- Le corps du saint évêque, que Dieu honora par tant de prodiges, fut d’abord déposé dans un tombeau de marbre, entre sa femme et sa fille, dans la basilique de Saint-Jean et Saint-Paul, hors des murs de Poitiers. Cette église fut entièrement détruite au v° siècle, par les Vandales et les Goths; et le saint corps resta longtemps oublié sous les décombres. Mais en 507, un globe de feu, s’élevant des ruines de l’église où reposait saint Hilaire, s’'avança vers la tente de Clovis, campé à sept lieues de là, et le lendemain le roi catholique mettait fin, dans les plaines de Voulon!, à la domination des barbares hérétiques qui avaient renversé l’église de Saint-Hilaire. Quelque temps après, le même saint Hilaire apparut à un saint abbé nommé Fridolin ?, qui gouvernait le monastère établi en cet endroit. Il lui fit connaître où il reposait et lui commanda de faire bâtir, avec le secours du roi de France et de l’évêque de Poitiers Adelphius, un nouveau sépulcre pour y transporter son corps; l’abbé obéit, et lorsque le temple fut achevé, on procéda à une translation solennelle qui ne fut, à proprement parler, qu'une élévation. On ne fit que changer ce corps de place, sans le transporter d’un édifice dans un autre. L'église nouvelle où on le voulait placer était construite sur l'emplacement de l’ancienne. Lors donc qu’on ouvrit la crypte où reposait le saint corps, il en sortit une brillante lumière et l’odeur la plus suave; puis on le vit se lever de lui-même, et, porté sans doute par les mains invisibles des anges, il alla se reposer de lui-même dans le lieu qu’on lui destinait. C’est ainsi que le rapporte expressément le cardinal Pierre Damien, dans un sermon sur saint Hilaire.
Quelques siècles plus tard, la ville de Poitiers, l’église qui portait le nom de Saint-Hilaire et ses reliques, eurent beaucoup à souffrir de la part des Normands qui se rendirent maîtres jusqu’à trois fois de cette contrée, sous les faibles successeurs de Charlemagne. L'église fut même entièrement brûlée. Ce fut pour arracher les saintes reliques à ces profanations qu’on les transporta, vers le x° siècle, dans la ville du Puy-en-Velay, où elles furent retrouvées en 1655, après être restées oubliées pendant six ou sept cents ans. Sur la demande du chapitre de Saint-Hilaire de Poitiers, Henri de Maupas du Tours, évêque du Puy, ayant reconnu l'authenticité de ces reliques, voulut bien céder à la célèbre collégiale de Saint-Hilaire « le plus grand os, entier, du bras gauche de saint Hilaire, évêque de Poitiers, os qu'on appelle humérus, et qui seul, à peu près, parmi les autres membres du même saint, échappa à la lésion du feu, avec une partie du crâne du saint, noircie par le feu et à demi brûlée * ». C’est cet os du bras gauche que possède encore la cathédrale de Saint-Hilaire de Poitiers. Il est entier, sauf une petite partie d’une apophyse qu’on en a extraite, il y a quelques années, pour en faire don au souverain Pontife Pie IX, lors de la déclaration du doctorat de Saint-Hilaire. Dans la même châsse, on vénère une relique (un radius) de saint Georges, l’apôtre du Velay, dont les chanoines du Puy firent en même temps présent à l’église de Saint-Hilaire de Poitiers, Quant à la partie du crâne dont il est fait mention dans le même procèsverbal, elle a été perdue pendant la Révolution; mais, en 1823, M. de Bouillé, évêque de Poitiers, obtint de Mgr de Bonald, alors évêque du Puy, et mort cardinal archevêque de Lyon, une nouvelle portion du chef du saint Docteur, qui est conservée dans le trésor de la cathédrale, et qui reste
1. Les recherches modernes ont fait adopter Voulon au licu de Vouillé, — M, Auber, historiographe de Poitiers, lettre du 24 nov. 1871.