‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 256 sur 412 · Vita S. Fursei, vire siècle, numéro · texte numérisé non relu

Vita S. Fursei, vire siècle, numéro

La dévotion envers saint Fursy, qui se manifeste principalèment pendant la neuvaine du 16 janvier, était encore bien plus vive autrefois. Les malades faisaient jadis toucher des linges au tombeau de saint Fursy et ne manquaient pas de.boire de-l’eau de la fontaine qui portaitson,nom, eau que. bénissait auparavant le ‘trésorier.de: la’ collégiale,

Mais c’est surtout en temps de peste ou de guerre qu’éclatait la confiance envers le saint patron. Au siége de 1536, Livré par Henri de Nassau, la protection du Saint fut fréquemment invoquée et souvent ressentie.

Saint Fursy n’est pas seulement le patron de la ville de Péronne, mais aussi de celle de Lagnysur-Marne et de sept églises du diocèse d'Amiens : Authuille, Les Bœufs, Frohen-le-Grand, Frohenle-Petit, Gueschard; Le Meillard et Pys.

Saint Fursy:est encore aujourd'hui vénéré en Irlande et spécialement à Kill-Fursa, église qui a conservé son nom et qui s’est élevée sur les ruines du monastère de Clunaferte, où s’écoulèrent l'enfance et la jeunesse du saint abbé.

Dans le Propre actuel d'Arras, la fête de saint Fursy est transférée au 19 janvier. Le diocèse de Cambrai la célèbre, comme Amiens, au 16 janvier: A!la même date, on fait mémotre de saint Fursy dans le-bréviaire de Paris et dans plusieurs de ceux qui furent calqués sur la liturgie. parisienne.

Des lieux dits portent le nom de Saint-Fursy dans les communes d’Assevillers, Bouchavesnes, Cérisy-Gailly, Combles, Feuillères, Ginehy, Hem-Monacu, etc.

À la collégiale de Saint-Fursy, outre la fête principale du 16 janvier, on célébrait la fête de: deux translations, le 9 février et le 47 septembre.

Après le rétablissement de-la liturgie romaine, on reprit à Péronne le très-antique ofñce qui lui est consacré dans l’ancien: Propre péronnais de 1609.

À l'emplacement qu'occupent actuellement les prisons dé Péronne, au lieu nommé encore la butte Saënt-Fursy, on voyait, avant la Révolution, une vaste église romane qui, malgré les reconstructions successives et les prétendus embellissements dont l’affubla le règne de Louis XV, n’en était pas moins une des gloires monumentales de la Picardie et même de la France. C'était la. Collégiale de Saint-Fursy, où reposaient, presque ignorées, les cendres de Charles le Simple, mais où les restes vénérés d’un humble missionnaire irlandais attiraient, depuis mille ans, la foule empressée des pèlerins. Cette vaste église avait succédé à l’oratoire qu'Erchimoald fit construire sur le tombeau de saint Fursy.

Le vieux monastère fondé à Lagny par saint Fursy est aujourd'hui complétement délaissé et converti (ô profanation !) en écuries et en magasins. De ce couvent, véritable et vénérable pépinière de Saints-et de doctes bénédictins, ilne reste plus qu’une seule arche en plein cintre.

Un Anonyme, qui écrivait vers l'an 665, et ayant sans doute été disciple de saint Fursy, en Irlande ou en Angleterre, nous a laissé des Actes du célèbre abbé de Lagny. Il s'étend longuement sur ses visions, mais ne donne que des renseignements incomplets sur son séjour en France. Cette Vie a été publiée par Surius (t. 19r, p. 259), avec des mutilations de style; par J. Bolland (16 janvier), et par Mabillon (t. zur, p. 299).

Le vénérable Bède, dans son Aistoire d'Angleterre (1. xrr, c. 19), à analysé l'œuvre ‘anonyme du vrre siècle et l'a modifiée sur quelques points. Vivant un demi-siècle après saint: Fursy,: il a pu recueillir divers témoignages de ses contemporains.

Une Vie beaucoup plus détaillée de saint Fursy, de la fin du xre siècle, a été éditée par J. Bolland et par J. Colgan (Acta Sanctorum Scotiæ, 1, 75). On ne saurait douter qu'elle ne soit d'Arnoul, abbé de Lagny : car un manuscrit provenant de la Bibliothèque d'Alex. Petau, et aujourd'hui conservé à la Bibliothèque Vaticane, sous le no 568; porte cé titre : Fursei vita et miracula per Arnulphum abbatem Latiniaci.

Montfaucon signale une Vita S. Fursei monuachiet sermo in eumdem, faïisant-partie de la : Bibliothèque ? de Laurent de Médicis; ce nous paraît être une œuvre différente de celles que-nous venons.de mentionner,

Jean Mielot, chanoine de Saint-Pierre de Lille et aumônier de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, a traduit, en1468, la Vie écrite par Arnout de Lagny: On ‘y trouve certains passages qui prouvent bien qu’il s'est servi d'un texte différent de celui qu'ont publié Bolland et Colgan. Nous avons eu soin d'appeler l'attention sur ces récits spéciaux. Le manuscrit original, provenant de la Bibliothèque du Chapitre de Saint-Fütrsy,; appartient aujourd'hui à M. Cardon, aumônier du lycée de Saint-Quentin. M. le baron de La:Fons de/Mélicocq en a publié, dans ZLa'Picardie (t. rer, p.423), quélques courts fragments, relatifs aux:visions.de saint Fursy.

Désmay, chanoine de l'église Saint-Fursy, a publié, en 1607, la Vie de saint Fursy, patron de la ville de’Péronne,qui a été rééditée: en: 1623let en 1715: Baïllet a dit de-cet ouvrage: qu'il est fait « sans discernement-et peut-être sans beaucoup d'amour pour la vérité ».

Tandis qu’un chanoine de Péronne publiait une troisième édition de la Vie de saint Fursy, par Desmay, mise’en meilleur français, Vincent Mignon, docteur en Sorbonne et curé de la paroisse Saint-Jean faisait paraître à Péronne, : chez: le même: imprimeur) Lebeau, un abrégé) de cet ouvragesisous ce titre : Æistoire de la vie de saint Fursy, patron. de Péronne, avec les vies de saint Foillain et de saint Ultain, ses frères, 1715, petit in-80. C'est un récit très-sommaire, entremêlé de divagations historiques sur la ville de Péronne.

Pour corriger et compléter la vie de saint Fursy, nous avons abondamment puisé:dans lo laborieux et consciencieux travail de M. l'abbé Corblet (ÆZagiographie du diocèse d'Amiens, t. 11, p. 260).

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