‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 266 sur 412 · FREE · texte numérisé non relu

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8. SPEUSIPPE, S. ÉLEUSIPPE ET S. MELEUSIPPE, FRÈRES JUMEAUX. A9

ment nouveau n’a été produit, ce qui n’a pas empêché la question de marcher, et dans un sens qu’on n’aurait pas prévu.

Tillemont d'abord 1, puis Baillet ?, suivi de l’abbé Chastelain etc. 8, et jusqu'aux continuateurs de Bollandus # — cités au long par M. l’abbé Bougaud — s’accordèrent unanimement à faire honneur à la Cappadoce de la naissance des Saints jumeaux et à saint Macaire d’Antioche de leur conversion. Enfin, Godescard arriva et affirma — comme un fait hors de doute — que les trois saints martyrs Speusippe, Eleusippe et Meleusippe étaient trois frères jumeaux nés en Cappadoce 5 ».

« Leurs reliques — poursuit Godescard, traduisant en affirmations les on dit de ses prédécesseurs — furent apportées sous nos rois de la première race. L'empereur Zénon les donna, avec le chef de saint Mammès, aussi martyrisé en Cappadoce, à un seigneur de Langres, qui enrichit sa patrie de ce précieux trésor, l’an 490, sous l’épiscopat d'Apruncule ». Et il ajoute en note : « Cela se prouve par d’anciens manuscrits que l’on conserve à Langres ».

« Il faut sortir de cette voie, s’écrie M. Bougaud. Les questions ne se tranchent pas ainsi, selon les caractères des hommes, et le courant des idées d’un siècle. Il faut des raisons, des témoignages, des textes. ]l n’y en a point pour la tradition qui fait naître les Saints jumeaux en Grèce. Il y en a, et des milliers, pour celle qui les fait naître à Langres..... Ce singulier manuscrit découvert par les Bollandistes n’est qu’une altération et une falsification hardie des actes des Saints jumeaux de Langres ».

Le savant critique moderne remonte jusqu’au 11e siècle, et retrouve la chaîne imposante et non interrompue des témoignages les plus vénérables qui établissent ces deux faits importants : la naissance des Saints jumeaux à Langres, — leur conversion par sant Benigne :

Avant le rxe siècle, Wolfard, Vincent de Beauvais, Pierre de Natalibus, saint Antonin de Florence, Monbritius de Milan et une foule d’autres ;

Au 1xe siècle, Usuard, moine de Saint-Germain des Prés (815), saint Adon, archevêque de Vienne (875). — On remarque, dit Baillet, qu'Adon est plus exact aux saints de Bourgogne qu'aux autres. — Le bienheureux Notker, moine de Saint-Gall (870), Raban-Maur, archevèque de Mayence (856) ;

Au vie siècle, Bède ;

Aux vise et vie siècles, le prêtre Warnachaire, le passionnaire de Paris;

Aux ve et rve siècles, les martyrologes d'Eusèbe et de saint Jérôme ;

Aux 1ve et rr1e siècles, l’existence d’une fête de l'invention des reliques des Saints jumeaux, tandis qu’il n’a jamais existé de fête pour la translation des mêmes reliques. Or, on n’aurait pas manqué d'établir cette dernière si elles avaient été apportées d'Orient ;

Enfin, l’on constate aussi l’existence d’une crypte très-antique, au lieu même assigné pour la sépulture des trois jumeaux. Or, l’existence de cette crypte est inexplicable s’ils ne sont pas morts à Langres et n’y ont pas été ensevelis. A qui fera-t-on croire, en effet, que les reliques des Saints jumeaux ayant été transférées d'Orient à Langres solennellement et en pleine paix, on les ait enfouies sous terre, dans un lieu obscur ?

Non loin de cette crypte, sur la route romaine qui menait de Langres à Lyon, se trouve un lieu que l’on nomme aujourd’hui encore le Martyra. La tradition prétend que c’est là qu’eut lieu le martyre des Saints jumeaux, et que fut allumé le bûcher dans lequel ils moururent. L'éloignement des habitations, la position du lieu à l’embranchement de deux voies romaines et à deux milles de Langres 7, la proximité de l'endroit où l’on ensevelit les Saints jumeaux 8, rend très-croyable cette tradition. Au xvzre siècle, on voyait encore les ruines d’une antique chapelle bâtie en cet endroit. Les fondations en étaient visibles il y a peu d'années. Un certain renflement de terrain surmonté d’une croix avec ce nom Muartyra, voilà tout ce qui reste, mais c'est assez pour fournir une preuve irrécusable du martyre des Saints jumeaux à Langres.....

Puis se livrant à l’exainen toposraphique des lieux où sont morts et où ont été ensevelis les Saints jumeaux, M. l'abbé Bougaud dit :

« Autant le théâtre du martyre est vague dans le manuscrit de Marc Welser, autant :l est nettement dessiné dans les actes de Warnachaire. À seize cents ans de distance, on s’y reconnaît comme au premier jour. 2

« Le lieu où les saints martyrs furent ensevelis, dit Warnachaire, se nommait Urbatus, Or,

1. Mémoires, tome 11, note 2, sur saint Benigne. — 2. Vies des Saints, 17 janvier. — 8. Martyrologe, 17 janvier. — 4. Boll. 24 septembre : Actes de suint Andoche et de saint Thyrse de Saulieu. — 5. Vies des Saints, 17 janvier. — 6. Id. ibid.

7. La loi des Douze Tables ordonnait que les exécutions n'auraient pas lieu dans l'enceinte des murs, mais hors de la ville. Aussi dans les Actes des Martyrs, voit-on fréquemment les juges ordonner que le Saint soit conduit à la première où à la seconde borne militaire, hors de la ville. — Note de M. l'abbé Bougaud, p. 142.

8. On sait que la coutume des premiers chrétiens, lorsqu'ils pouvaient dérober les corps des Martyrs, était de les enterrer le plus près possible du lieu où ils avaient subi leur supplice, — Note du même auteur, p. 142.

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d’après les plus anciennes chartes de l’église de Langres, d’après les titres mêmes de fondation de l'abbaye de Saint-Géomes, qui ont disparu à la Révolution française, mais que Charlet dit avoir vus, c'était l’ancien nom du village qui s’appelle maintenant Saint-Géomes, et où reposent encore aujourd’hui les corps des Saints jumeaux. Ventum est, dit Geilon, évêque de Langres en 886, ad quemdam locum, in suburbio Lingonensi situm, qui ex antiquo Urbatus dicitur, wbi pretiosissima sanctorum martyrum Speusippi, Eleusippi, Meleosippi, aliorumque Deo placentium corpora tumulata habentur.

« Ce lieu », continue Warnachaire, «est à deux milles de Langres, à l’'embranchement de deux grandes voies romaines, wbi se duæ viæ maximæ sociant. La crypte est précisément creusée à la bifurcation d’une grande voie romaine qui sort de Langres, se divise à deux milles de la ville, et dont une branche se dirige vers Lyon et l’autre vers Autun. L'abside de l’église des Saints- Jumeaux est:assise sur la voie romaine de Lyon, et ses pieds touchent à la voie romaine d'Autun.

« Warnachaire dit encore que les trois Saints jumeaux allaient souvent dans une campagné appelée Palmase, et qu'ils y offraient des sacrifices à la déesse Némésis, dont la statue était au

milieu de celte campagne.

« Or il est -curieux de trouver à peu de distance de Langres une campagne pleine d'antiquités romaines et.nommée Balesme, et tout auprès une contrée qu'on nomme encore par hui La Mèse. 1 ».

Le savant ecclésiastique prouve ensuite combien sont frivoles les raisons sur lesquelles on s’appuie pour prétendre que les Saints jumeaux étaient de Cappadoce.

« Il est très-vrai», dit-il, «que leur nom se trouve dans les ménées qui sont comme le propre dés Saints de la liturgie grecque, et dans les ménologes qui correspondent aux martyrologes latins. Mais on nous permettra d’abord de faire observer l’âge de ces monuments. Le plus ancien ménologe a été composé par les ordres de l’empereur Basile Porphyrogenète, qui monta sur le trône de Byzance en 976... C’est le premier et le plus.ancien des livres liturgiques grecs. Le second... fut rédigé dans le milieu du xr° siècle. Le troisième, celui de Maxime Margunius, évêque de Cythère, est encore plus récent. C’est aussi dans le milieu du x1° siècle qu'ont été rédigées les ménées. On voit que ces monuments sont... postérieurs à tous les témoignages cités en faveur de nos traditions.

« Mais outre que ces livres grecs n’ont pas d’antiquité, il faut remarquer qu''s ne jouissent de presque aucune autorité au témoignage de tous les savants. Qu'en pensent, par exemple, Tillemont, Baillet, Chastelain, qui nous opposent ici leur témoignage ?

« Tillemont affirme.que les ménées sont. pleines de fictions inventées à dessein, et qu’on ne peut s’y fier 2

« Baillet déclare que les fables les plus insipides y sont employées sans choix et sans ménagements; qu'on y à corrompu les actes originaux; que le génie grec y règne plus que l'amour de la vérité 3.

«-Chastelain déclare qu’il ne peut donner des ménées et des ménologes grees une plus juste idée que celle qu’en donne Baillet #.

« Et cependant ce sont ces mêmes hommes qui, avec un seul texte tiré des ménées et des ménologes grecs, prétendent renverser la tradition de l’église de Langres, si ancienne, si universellement reçue; tant l'esprit humain est inconséquent !

« Mais ce qui achève de montrer le peu de valeur du témoignage des ménées et des ménologes grecs, sur la question qui nous occupe, c’est que ce témoignage est isolé.

« L'autorité des ménées et des ménologes », dit M. Faillon, « est si faible, que lorsqu'elle est seule, elle est regardée comme nulle par les savants 5

« On ne peut s'y fier », dit Baillet, « lorsqu'on ne trouve point ailleurs ce qu’ils soutiennent 6.

« Tillemont est du mème avis 7,

« Or, sur la question des Saints jumeaux, leur témoignage est seul. On ne trouve point ailleurs ce qu'ils soutiennent de Ja naissance de ces Saints en Cappadoce. Aucune ville de la Grèce ne s’est jamais glorifiée de les avoir vus naître. Aucun lieu n’a leur tombeau. Nulle part de fète en leur honneur. Ni les historiens, ni les Pères de l'Eglise grecque n’en ont jamais parlé. Il n’y a point de tradition. Cette annonce apparaît tout à coup au x1° siècle dans les ménées et les ménologes. Hors de là rien ne l’appuie ni ne la soutient... »

Quant à Godescard, il a mis autant d’inepties que de mots dans les quelques lignes qu'il a consacrées aux Saints jumeaux de Langres (de Cappadoce selon lui). Les manuscrits auxquels il renvoie avec tant d'assurance n’ont jamais existé.

Après de longues et patiéntes recherches, M. l'abbé Bougaud a découvert et s'est convaincu que le manuscrit incomplet envoyé par Mare Welser au P. Rosweide n'était qu’une falsification des actes qui portent le nom de Warnachaire, et que cette falsification avait été faite au 1x° siècle par des Grecs, et par des Grecs disciples de Photius.

1. Etude hist, et crit. sur saint Bénigne, p. 140 à 144, — 2, Mémoires, t. 1, p. 13. — 3. Vies des Saints, t. 3. Discours préliminaire. — #4. Biméestre du Martyr. rom.,t.1er. Avertissement. — 5. Monuments inédits sur l'apostolat de suinte Madeleine, 1°* vol., p. 168. — 6. Bimestre du Martyr. rom., traduit en français, t. 197, Avertissement, — 7. Mém. ecclés, t. 1°».

. Certains détails de théologie relatifs à la procession du Saint-Esprit.et à la non-validité du baptême administré par les laïques, accusent évidemment dans cette pièce et la main récente et la main gréco-hérétique qui a rédigé ces actes.

Ces actes grecs ne sont qu'une falsification de ceux des Saints jumeaux, écrits par Warnachaire.

Les-premiers sont un calque fidèle, mot pour mot, des seconds, excepté iseulement sur le lieu de naissance de ces Saints, sur le saint homme qui les convertit, et enfin sur les diverses localités indiquées par Warnachaire, et dont les noms sont si ridiculement travestis par le faussaire grec.

; Mais voici le ‘plus curieux.‘ l’anonyme grec effäce partout le nom de saint Bénigne, et le remplace par celui de Macaïre, confesseur d’Antioche. Or, ouvrez les ménées, les ménologes et les calendriers grecs, vous n’y trouverez pas un seul Macaire d’Antioche contemporain -des Saints jumeaux. Il y a des Macaire d’Antioche, mais ils sont du v° et du vi° siècles. Il y a d’autres Macaire plus anciens, mais ils ne sont pas d'Antioche, et n’ont pas mis le pied en Cappadoce..C’est une fable, une!pure invention.

Iserait trop long de rapporter ici d’autres exemples de ces ineptes falsifications ; on ‘pourra les lire dans le savant ouvrage de M. l'abbé Bougaud, p. 164 et 165.

Les Grecs schismatiques étaient bien capables de falsifier les actes des Saints jumeaux de Langres, — eux qui n'ont reculé devant aucun mensonge, si audacieux qu’on puisse l’imaginer. Les falsifications de toute espèce abondent chez ce peuple plein de ruse et d'astuce.

Tantôt ce sont des lettres de Papes altérées et quelquefois inventées par des-archévéques intrus pour.se soutenir dans leur-usurpation; tantôt ce sont des actes de Coneiles interpolés et envoyés en Occident pour y surprendre la bonne foi du Pape.

L’authenticité des actes des trois jumeaux de Langres et la ‘prédication de la foi daus cette ville au r1° siècle est donc hors de doute.

Cf. Acta Sanctornm, t. 11 de janvier, p. 487 et suiv.; Annales hagiologiques de France, par M. Barthélemy, qui a donné au long la traduction de la deuxième vie des Bollandistes; M. Bougaud, Op. citalum; la collection de l'Ami de la Religion, t. LxxKvrur.

SAINT ANTOINE LE GRAND, PREMIER PÈRE DES SOLITAIRES D'ÉGYPTE 251-356, — Papes : Saint Corneille; saint Libère. — Empereurs : Dèces Constance.Il,

Personne ne saurait se flatter d'entrer dans le royaume des cieux sans avoir passé par la tentation.

Maxime de saint Antoine.

Saint Antoine naquit, l’an de Notre-Seigneur 251, dans un petit village nommé Coma ou Coman, près de la ville d'Héraclée, dans la Haute-Egypte, sous l'empire de Dèce. Ses parents, qui étaient nobles, riches et catholiques, prirent un grand soin de son éducation. Ils ne lui laissèrent point connaître d'autre maison que la leur, ni d’autres gens qu'eux dans le monde. On ne lui fit point étudier les belles-lettres dans les écoles, afin qu’il n’eût aucune communication avec. les autres enfants qui auraient pu le pervertir ! ; de

1. Saint Athanase dit (p. 795, A.) que saint Antoine n'apprit point es lettres, afin d'éviter plus sûre= ment les mauvaises compagnies qu'il n'est pas rare de trouver dans les écoles publiques, Evagre et d'autres auteurs rapportent qu’un philosophe ayant marqué sa surprise de ce qu'il pouvait vivre sans le plaisir que l'on goûte dans la lecture, 11 répondit que la nature lui servait de livre. (Socrate, 1. 1v, c. 23; Rosweïde, Vit. Pal., 1. vi, c. 4; S. Nil, L. 1v, p. 60.) 11 paraîtraït naturel de conclure ‘de ces passages que saint Antoine ne savait pas lire; et saint Augustin a été de ce sentiment, puisque, selon lui, notre Saint n'avait appris l'Ecriture sainte qu'en l'entendant lire aux autres (S. Aug., de Doct. Chr., t. 111, p. 3). H nous semble néanmoins assez probable que saint Athanase a voulu simplement marquer que saint Antoine avait négligé l'étude des sciences des Grecs, et de tout ce qu'on appelle velles-lettres, Nous nous fondons sur

sorte qu’il passa sa jeunesse dans une grande innocence : sobre, religieux, obéissant, et aimant, comme Jacob, à demeurer dans la maison de son ère.

à A l’âge de dix-huit ou vingt ans, il se vit le maître de ses biens par le décès de son père et de sa mère. Il ne lui restait qu’une sœur plus jeune que lui, dont il fit l'éducation l’espace de six mois. Mais comme il avait déjà conçu dans son esprit le désir d’une vie plus parfaite, telle que la menaient les chrétiens du temps des Apôtres, il entra, avec cette pensée, dans une église où il entendit lire ces paroles que Notre-Seigneur dit à un jeune homme riche : « Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu as, donnele aux pauvres, suis-moi, et tu auras un trésor au ciel ! » ; illes prit comme si elles eussent été prononcées pour lui seul, et s’en retournant en sa maison, il se défit entièrement de tous ses revenus; il partagea entre ses voisins trois cents mesures de terre qui lui appartenaient? ; pour ses meubles, il les vendit et en distribua le prix aux pauvres, à la réserve de quelque chose qu’il retint pour assister sa sœur. Etant une autre fois entré dans l’église, et prenant garde à ces autres paroles de l'Evangile : « Ne soyez pas en souci du lendemain * », il donna tout le reste de son bien aux pauvres, et quitta sa propre maison et sa sœur même qu’il recommanda à quelques filles vertueuses de sa connaissance * parmi lesquelles elle a vécu dans une grande sainteté, à l'exemple de son frère.

Il n’y avait pas alors de véritables monastères, et les déserts n’étaient pas peuplés de serviteurs de Dieu comme on les a vus depuis, sur l’exemple de ce grand patriarche ; on voyait seulement dans les campagnes quelques ermites qui vivaient à l'écart et que, pour ce sujet, on appelait Moines, c’està-dire Soltaires. Parmi ceux-là il se rencontra un saint vieillard que notre Antoine se proposa d’imiter. Comme une abeille industrieuse, il allait visiter les autres ermites ses voisins, afin de recueillir d'eux, comme de diverses fleurs, le miel de la dévotion pour en remplir son cœur : il apprenaït de l'un l'humilité, de l’autre la patience, de celui-ci la componction et de celuilà la chasteté. Il travaillait de ses mains pour éviter l’oisiveté et tout ce qu'il pouvait gagner était destiné aux pauvres, excepté ce qui était absolument nécessaire pour sa subsistance. Il priait souvent et se rendait si fort attentif à la lecture des saints livres, qu’il s’éleva en peu de temps à une éminente perfection : les autres moines ne s’entretenaient que de la dévotion et des ferveurs d'Antoine. Les uns, par honneur, l’appelaient Zeur père ; les autres, par tendresse, le nommaient Zeur enfant et leur frère ; et tous, par respect, lui donnaient le titre de Déicole, c’est-à-dire celur qui aime et honore Dieu.

Cependant le démon, ennemi des hommes, prévoyant le grand nombre de ceux qui se convertiraient par l'exemple d'Antoine, résolut de l’attaquer par toutes sortes de moyens et d’artifices. Commençant par la finesse du renard pour continuer ensuite par la force du lion, il lui suggéra d’abord des

ce qu'il dit que le Saint aimait beaucoup la lecture, soit lorsqu'il était chez son père, soit lorsqu'il vivait seul. (Athan., p. 795; B., p. 97.) Si l'on répond que cela signifie qu'il s'agit de la lecture que d'autres lui faisaient, nous demanderons par qui il se faisait lire quand il demeurait seul. Voir Rosweïde, not. in Vit. S. Antonü; Bollandus, 17 januar., Tillemont, note 1, p. 666.

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