XXVIII PRÉFACE DE LA TROISIÈME ÉDITION
de cette piété tendre et solide qui n’abandonne jamais notre auteur : il y expose dans leur ordre chronologique, en les éclairant, non-seulement de la concorde des quatre Evangélistes, mais de la lumière de la tradition et des écrivains des premiers siècles, la suite des actions de notre Sauveur, dont chacune est ensuite méditée à part le jour où l'Eglise en célèbre la fête. Celles de ces fêtes qui sont mobiles viennent après la vie de Jésus-Christ : on trouvera les autres à leur place dans le calendrier. Supérieur aux autres hagiographes dans le reste de son ouvrage, le Père Giry, dans l’explication des mystères, se surpasse lui-même. C’est là qu’il fait parler les Ecritures, la tradition, les saints Pères, les décisions de l'Eglise, l’histoire ecclésiastique, les maîtres de la vie ascétique, la philosophie chrétienne, saint Thomas surtout, dont il était rempli, avec une clarté, une profondeur, une onction qui captivent toutes les puissances de l’âme. On s’étonne, en le lisant, d'admirer dans notre langue ce que l'on ne croyait pas possible d’exprimer autrement que dans la langue de l'Eglise. Retouchés avec respect, mais avec sévérité, ces discours n’ont, nous l’espérons, rien perdu de leur charme : les mêmes horizons s’y ouvrent à l’intelligence, les cœurs y seront inondés d'émotions aussi suaves.
La vie de la Sainte Vierge tient à la vie de Jésus. Jésus est la fleur; Marie est la tige sur laquelle le Saint-Esprit s’est reposé pour produire cette fleur. Nulle part la phrase de notre pieux auteur n’est plus délicieuse que dans cette histoire : il en suit le fil avec amour, comme un enfant qui raconte la généalogie, les gloires de sa mère; oui, son style, en parlant de Marie, à quelque chose de plus tendre, surtout dans l’explication de ses fêtes, si chères au cœur des fidèles .
Le reste de l’ouvrage se compose des vies des Saints, de l'explication des fêtes selon l’ordre liturgique. Le lecteur aura, chaque jour, de quoi satisfaire sa curiosité et nourrir sa piété; car il trouvera cinq ou six vies de Saints, et ces vies seront longues, pleines de détails propres à édifier les fidèles et de ce surnaturel qui montre si bien le pouvoir de la grâce. Nous avons dit ce que nous pensions de ces notices où l’on cherche en vain l’onction et la piété sans lesquelles la vie des Saints n’est plus qu’une écorce vide et desséchée. Puissent celles qu’il nous a fallu composer nous-même pour continuer le Père Giry jusqu’à nos jours, être animées de son esprit, et ne pas sembler des membres sans vie dans un corps si rayonnant de santé !
On a donné la préférence aux Saints qui se trouvent dans le Bréviaire romain.
On a mis en tête de chaque vie la date de son commencement et de sa fin, les noms du Pape, de l'Empereur et du Roi de France qui régnaient à cette époque. Dieu a ses plans secrets sur les différents siècles, et c’est par
4. Dans la septième édition, les avis du Père Giry sur la Vie des Saints, sont relégués au
tome xvu®; la Vie de Notre-Scigneur Jésus-Christ, et celle de la Sainte Vierge, font partie du xvi® volume, consacré à l'Année chrétienne.