‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 271 sur 412 · S. Vouet, inv. — 3. P. P. Rubens, inv · texte numérisé non relu

S. Vouet, inv. — 3. P. P. Rubens, inv

4. La translation des reliques de saint Antoine à Alexandrie a été révoquée en doute par quelques protestants; mais elle est attestée par Victor de Thunes (Chron:, p. 22, in Scaliger Thesauro), qui ctait alors relégué à Canope, bourg éloigné seulement de quatre à cinq lieues d'Alexandrie, et qui pouvait avoir été témoin oculaire de cette cérémonie. Saint Isidore de Séville, qui vivait dans le même siècis, Bède, Usuard, etc., ont aussi parlé de cette translation comme d’un fait certain.

5. Le trésor de l’église abbatiale de Saint-Antoine, en Dauphiné, 1855.

Antoine. L'ouvrage de M. Dassy a été l’objet d'une réclamation de l'archevêque d’Aix, dont l’auteur avait invoqué le témoignage et réfuté par plusieurs contradicteurs.

Le culte de saint Antoine est très-ancien à Marseille. 1 y fut établi au xrre siècle par des religieux Antonins qui avaient en cette ville nne maison avant 1180. La fête de saint Antoine est actuellement célébrée d’une manière particulière dans l’église paroissiale de saint Cannat.

Le cabinet des médailles de Marseille possède une plaque de confrérie religieuse en plomb, du xvie siècle, peut-être unique, représentant dans le champ saint Antoine debout, nimbé, tenant de la main droite le TAU et un chapelet, et de la gauche un livre ouvert ; à côté de lui une église, Autour se trouve l'inscription suivante en langue provençale : San Antont darle leb1.

La vie du grand saint Antoine fut d’abord écrite en grec, par saint Athanase, patriarche d'Alexandrie, sur les instances des disciples du mêwe saint abbé, suivant les mémoires qu'ils lu envoyèrent par les religieux Amathas et Macaire qui avaient été témoins de ses belles actions jusqu’à son décès. Athanase avait souvent visité saint Antoine au désert. Depuis, cette vie fut apportée à Rome par Evagrius, qui la traduisit en latin, à la demande de saint Eusèbe de Verceil et du pape saint Innocent, à qui il la dédia. Elle fut si bien reçue de saint Jérôme, intime ami d’Evagrius, qu’il la mit parmi les autres vies des saints Pères du désert : ce qui a fait penser à quelques-uns que le même saint Jérôme en était le premier traducteur.

Toute l'antiquité a donné des éloges magnifiques au récit de la vie de saint Antoine.

On sait que saint Athanase, quoique très-oceupé des affaires les plus importantes de l'Eglise, a cru contribuer beaucoup à la gloire de Dieu, en employant sa plume à écrire sa Vie. Il l’adressa aux solitaires pour leur servir de modèle, et il avoue que ce qu’il en dit, est peu de chose en comparaison de ce qui restait à dire.

Saint Jérôme dit que Dieu révéla son décès à saint Hilarion; que le ciel ne donna point de pluie pendant trois ans dans ces contrées, ce qui faisait dire aux habitants, que les éléments même pleuraient sa mort. Saint Augustin écrit dans ses Confessions, qu'hésitant encore à se convertir, son ami Potinieu le vint voir, et lui racontant que deux officiers qui étaient à Trèves à la suite de l’empereur, ayant lu dans la cellule d’un solitaire quelques pages de la Vie de saint Antoine, en furent si touchés qu'ils résolurent sur-le-champ de renoncer au monde, et d’embrasser la vie religieuse dans ce monastère. Il ajoute que ce récit ne contribua pas peu à le faïre rentrer en luimême, et à le conduire à une parfaite conversion. Car, se tournant vers son ami Alipius, il s’écria : « Que faisons-nous ? Que pensez-vous de ce que nous venons d'entendre ? Voilà que les ignorants ravissent le ciel, et nous, avec toute notre science, sommes assez stupides pour demeurer comme ensevelis dans la chair et le sang. Aurions-nous honte de les suivre, parce qu’ils nous précèdent dans la voie de Dieu, et ne devons-nous pas plutôt rougir de honte de ne les suivre pas ? »

Saint Grégoire de Nazianze ne le nomme pas autrement que le divin Antoine. Saint Chrysostome exhorte ses auditeurs à lire sa Vie pour y apprendre la véritable sagesse. Il dit qu'il avait presque égalé la gloire des Apôtres : qu'il avait moniré par son exemple ce que Jésus-Christ a commandé par ses préceptes ; et qu’il était lui-même une preuve a‘lmirable de notre religion, n’y ayant point de secte où l’on puisse trouver un si grand homme. Il fut surnommé saint Antoine le Grand.

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