LA CHAIRE DE SAINT PIERRE, A ROME
ce qui lui était nécessaire pour conduire les âmes à Dieu, et, comme dit V’'Apôtre, pour l'édification et non pour la destruction de l'Eglise ?. I] lui donna pouvoir d’assembler et de célébrer les Conciles, d’y présider, d’en confirmer les décrets et les définitions, d’instituer de nouveaux Ordres religieux, d'approuver leurs constitutions et de les proposer à toute l'Eglise comme des chemins assurés pour parvenir à la vie éternelle. Il lui donna pouvoir aussi d'examiner la vie, les miracles, la mort et les mérites dessaints, de les déclarer tels et de les canoniser pour les rendre plus vénérables dans toute l'Eglise; comme aussi de faire des lois qui obligenten conscience tousles fidèles ; d’interpréter les lois divines et de dispenser des lois humaïnes, au moins des lois ecclésiastiques, et enfin, de régler tout le droit que l’on appelle canonique. Il lui donna la puissance de consacrer des évêques, d’instituer des Eglises et de les unir, diviser, transférer, étendre et retrancher, comme il serait plus convenable pour le bien des fidèles. Il lui donna autorité sur tous les autres évêques et pasteurs, sur tous les rois et les princes chrétiens de ce monde, parce qu'ils sont du nombre de ses ouailles ; et comme chrétiens, ils lui doivent obéir en ce qui concerne le salut de leurs âmes et celui de leurs sujets. Il lui donna pouvoir de distribuer les trésors de l'Eglise, d’accorder des indulgences et de pardonner les péchés, ce qui est le plus grand de tous les biens et un singulier bienfait de Dieu envers son Eglise. A l’occasion de cette grande et divine puissance qui a été conférée à saint Pierre, le Pape, son successeur, est appelé «le Père de tous les pères, le Pontife des chrétiens, le souverain Prêtre ou le prince des prêtres, le Vicaire de Jésus-Christ, le chef du corps de l'Eglise, le fondement de l'édifice ecclésiastique, le Pasteur du troupeau de Notre-Seigneur, le Père et le Docteur de tous les fidèles, le Gouverneur de la maison de Dieu, le Gardien desa vigne, l’Epoux de l'Eglise, le Prélat du Siége apostolique, l’évêque universel ». Ce sont les noms que les saints Conciles et les Docteurs de l'Eglise donnent à celui qui est assis sur la chaire de saint Pierre, laquelle est la chaire de la vérité, la mère de tous les ordres religieux, l'arbitre infaillible de toutes les questions de la foi, la règle certaine des bonnes mœurs, la lumière du ciel, l’organe de la volonté divine, la pierre de touche des livres saints, l'interprète de l’Ecriture sainte, la gloire et l’ornement des Saints, la consolation des justes, la terreur des méchants, la ruine et le fléau des hérétiques, l’asile des affligés auquel, comme à un port assuré, ont eu recours tous les saints Prélats qui ont été injustement persécutés, comme saint Cyprien, saint Athanase, saint Chrysostome, Théodoret et beaucoup d’autres.
C’est pour reconnaître ce bienfait que l'Eglise célèbre aujourd’hui la fête de la Chaire de saint Pierre, afin de nous exciter à en rendre grâces à Dieu. Sur quoi saint Grégoire, pape, en son Missel, au livre des Sacrements, qui se garde dans la bibliothèque du Vatican, nous dit ces belles paroles : « Véritablement, mon Dieu, c’est une chose juste et digne de vous louer de ce que vous êtes si admirable en vos Saints, comme en ceux qui vous glorifient souverainement, qui font le plus bel ornement du corps mystique de votre Fils et qui servent de fondement à votre Eglise, laquelle vous avez révélée aux Prophètes et établie sur les Apôtres. Parmi ces Apôtres, vous choisîtes le Bienheureux saint Pierre à cause de la confession qu'il fit de votre Fils unique ; et le posant pour pierre fondamentale de votre Eglise, vous le fites grand prêtre et dépositaire de vos Sacrements et lui donnâtes pouvoir de faire garder au ciel ce qu’il ordonnerait sur la terre. En considération de cet honneur, nous solennisons aujourd’hui cette fête et vous offrons des sacrifices