‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 307 sur 412 · SAINT VULSTAN, ÉVÊQUE DE WORCESTER · texte numérisé non relu

SAINT VULSTAN, ÉVÊQUE DE WORCESTER

. Vulstan, prêtre, s'était acquis une grande renommée de sainteté. Ensuite, étant devenu moine de Worcester, il fut bientôt appelé au gouvernement du diocèse de ce nom (1062). Il passait pour être des plus éloquents en langue anglo-saxonne. Rien de plus mémorable que le succès qu'il obtint par ce talent parmi les habitants de Bristol. Les rois ni les pontifes n'avaient pu les détourner du trafic abominable des esclaves indigènes ; saint Vulstan, à force de prédications, les en détourna. Devenu évêque, il remplit avec soin tous les devoirs d’un bon pasteur, et quoiqu'il parût le céder à plusieurs du côté du savoir, il ne laissait pas d’annoncer la parole de Dieu avec une dignité et une onction qui attendrissaient ses auditeurs jusqu'aux larmes. Il visitait continuellement son diocèse, faisait des ordinations, dédiait des églises, reprenait les pécheurs, se servait de la parole et de l'exemple pour porter au désir de la vie éternelle les âmes confiées à ses soins. Il lui arriva plus d’une fois de passer la journée, depuis le lever du soleil jusqu'à la nuit, étant à jeün, à marquer du signe de la croix, avec l’onction sainte, jusqu'à deux ou trois mille enfants qu'on lui amenait de tous côtés. Il avait une si grande douceur et un zèle si ardent pour les âmes quand il recevait les confessions, qu’on accourait en foule à lui de toutes les parties de l'Angleterre. Les pécheurs qui recevaient ses avis en étaient ordinairement si touchés, qu’ils amendaient leur vie criminelle par de dignes œuvres de pénitence.

Guillaume le Conquérant, qui ne comptait que sur la fidélité des Normands, leur donna les premières places de l'Eglise et de l'Etat, après en avoir dépouillé le clergé d'Angleterre ; mais notre Saint, qui avait d’abord été déclaré déchu, conserva son siége par une protection spéciale de Dieu et de saint Edouard le confesseur.

Vulstan s’approchant du tombeau d’Edouard HI lui dit : « J'accepte volontiers ma déposition et me reconnais indigne ; mais vous, roi Edouard, qui m'avez forcé de prendre le bâton pastoral, c'est à vous que je le remettrai » ; et, appuyant alors sa crosse sur la pierre tombale, il l’y fit entrer comme si c'eût été de la terre meuble. Lanfranc, archevêque de Cantorbéry, ne voulut pas accepter une démission contre laquelle le ciel se déclarait et ordonna au saint évêque de reprendre son rang dans l'Eglise.

Le soin qu'il prenait du salut des autres ne lui faisait pas négliger le sien, Il servait Dieu par la

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