‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 309 sur 412 · SAINT ANDRÉ DE PESCHIERA · texte numérisé non relu

SAINT ANDRÉ DE PESCHIERA

André Grego, né à Peschiera, sur les bords du lac de Garde, dans le diocèse de Vérone, de parents pauvres et pieux, fit présager dès sa plus tendre enfance la sainteté à laquelle il arriverait un jour. Il avait coutume, en effet, s’abstenant des amusements de l’enfance, de s'appliquer à l’oraison, de refuser les mets qui flattent le goût, et même de passer tout le Carême sans prendre autre chose que du pain et de l’eau, habitude qu'il conserva jusqu’à sa mort. À mesure qu'il grandissait, se développait la rare beauté de son corps, unie en lui à un grand amour de la chasteté, Un mariage brillant lui fut offert : il le refusa avec modestie, mais avec une glorieuse fermeté que rien ne put ébranler. Sans avoir été à d'autre école que celle de la grâce divine, il avait appris à mettre ses délices uniquement dans l'étude de la sainte Ecriture ; il semblait être appelé au Seigneur comme au lot réservé à sa destinée. Après la mort de son père dont il avait recu, quoique malgré Ini, la direction des affaires de sa famille, il eut beaucoup d'’indignités à supporter de Ja part de ses deux frères, au point qu'il était quelquefois obligé de coucher hors de la maison à cause de leur méchanceté. Mais après avoir tout souffert avec une admirable patience, sa pieuse mère, qui avait pitié du triste sort de son fils, lui donna sa bénédiction avec son consentement, et il put se retirer à Brescia afin d'y embrasser la vie religieuse, ce qui était depuis longtemps l'objet de ses vœux. À cette occasion, il se passa un fait remarquable : ses frères l'ayant accompagné jusqu’à la porte de la ville, au moment de les quitter, après leur avoir humblement baisé les pieds, il leur donna encore, en souvenir de lui, son bâton, c’est-à-dire presque tout ce qu’il emportait de la maison paternelle; ce bäton ayant fleuri dans la suite miraculeusement et ayant opéré des prodiges, les habitants de Peschiera l’eurent en grand honneur.

Dans la famille dominicaine, il revêtit l’homme nouveau, l’homme parfait. Envoyé à Florence pour y faire ses études, et reçu au monastère de Saint-Marc où, par les soins du bienheureux Antoine de Chiesa, la discipline de la règle était très-florissante, il y éleva son âme au faite de toutes les vertus. Il se donna surtout tout entier à l’obéissance et il avait coutume de dire que le mot obéissant sonnait à son oreille comme celui de saint. Devenu apte aux fonctions apostoliques, il partit, par l’ordre de ses supérieurs, pour se rendre dans la Suisse méridionale (ancienne Rhétie), avec frère Dominique de Pise que Bénigne de Médicis, homme très-pieux, avait engagé à faire des missions dans la Valteline et dans les cantons voisins, province que saint Dominique et le vénérable Pagan de Côme, inquisiteur pour la foi catholique, avaient entrepris de purger de toutes les erreurs dont elle était infectée, Il n’est. pas facile de dire avec quelle ardeur et quel zèle le jeune apôtre se mit à la défricher, combien d'erreurs il arracha, d’âmes égarées il ramena dans la voie droite, UN n’y avait pas un hameau si petit, pas une hutte si inaccessible, qu'il ne s’y rendit pour gagner des âmes, logeant de préférence chez les pauvres, dormant sur un lit de branchages, ne se nourrissant que de pain de millet et ne buvant que de l’eau pure, Son autorité auprès de toutes les

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