AA. SS., jan., t. 11, nouv. édition
classes de citoyens fut bientôt telle que sa seule présence suffisait pour apaiser le tumulte des foules furieuses et qu'il amenait doucement et irrésistiblement par de courtes discussions les hérétiques les plus opiniâtres à se soumettre à l'Eglise. Tous vénéraient en lui le père des pauvres, l’apôtre de la Valteline et l’envoyé de Dieu même.
Pour consolider la foi dans l’avenir, pour conserver les bonnes mœurs, il construisit des églises, augmenta le nombre des paroisses, fonda des monastères, entre autres celui de Morbigne, des Frères-Prècheurs, qu’il opposa comme un boulevard aux assauts des hérésies et des mauvaises mœurs. Après quarante-cinq ans d’apostolat et une vie éclatante de miracles attestés par les monuments du temps, on ne put jamais lui faire accepter les hautes charges de son ordre ; il se contenta de celle de quêteur. Enfin l’homme de Dieu, après avoir accompli des travaux incroyables par les “vallées et les montagnes, au milieu des neiges et des glaces, jusqu'à la plus extrême vieillesse, fut atteint d’une maladie mortelle. Il annonça d'avance le jour de sa mort, reçut les sacrements et s’endormit paisiblement dans le Seigneur, au milieu des larmes de ses frères, l'an 1485, le 18 janvier. Son corps, qui exhalait une agréable odeur, fut d’abord enseveli dans un tombeau trèsmodeste, au milieu d'un grand concours de peuple ; mais, dans la suite, il fut deux fois transféré solennellement et déposé à Morbigne, dans l’église de son ordre, où il est l’objet d’une grande vénération.
Le 23 septembre 1820, le souverain Pontife Pie VII approuva son culte, qui n'avait jamais été interrompu, et, sur une consultation de la sacrée Congrégation des Rites, concéda la permission de célébrer son office avec la messe, dans tout l'Ordre des Frères Prècheurs et dans le diocèse de Vérone.
Bréviaire dominicain. Œ