ÉCRITS DE SAINT BARNARD, D’AGOBARD ET D’EAOF
Nos trois auteurs font voir, d’après les saints Pères :
49 Qu'il faut défendre aux clercs, sous de graves peines, de s'asseoir à la même table que les Juifs;
20 Qu'il ne faut pas permettre à ces derniers de se promener sur les places publiques depuis le jeudi saint jusqu’au dimanche de Pâques ;
3° Qu'aucun chrétien ne peut rester esclave d'un juif, qu’il doit se racheter moyennant douze pièces de monnaie (qu'ils appellent so/r) ;
49 Si quelqu'un attire un esclave chrétien dans la religion juive, il doit être poursuivi juridiquement et condamné ;
5° Défense aux Juifs de venir trouver les chrétiens au temps pascal.
Ils donnent pour raison de cette sévérité que la foi, les mœurs, la civilisation courent les ae grands dangers de la part des croyances et des rites juifs qui, à cette époque, étaient un affreux mélange de superstition, d’immoralité et de cruautés.
De jure sacerdoti. L'auteur s’y appuie beaucoup sur les saints Pères et encore davantage sur J'Ecriture, et y enseigne :
410 Que, dans le sens large, tous les fidèles sont prêtres, étant les membres du souverain prêtre Jésus-Christ ;
20 Mais que, dans un sens plus restreint, dans le sens ordinaire, le sacerdoce est un ministère pour lequel il faut être désigné, comme la tribu de Lévi, sans distinction des bons et des méchants ;
3° En effet, dans le prêtre, il faut voir non le mérite mais la force du ministère; non la personne, mais la dignité de la personne ; il faut se demander non si un tel est vertueux, mais s’il est ordonné prètre ;
40 Ainsi, le plus saint laïque ne pourrait faire ce que peut le plus indigne des évêques, comme administrer le sacrement de confirmation, conférer les ordres sacrés ;
59 Les sacrements du baptême, de l’eucharistie, etc., ne tirent point leur valeur, leur validité de celui qui les administre. Les mérites et les démérites d'un ministre ne peuvent ni les rendre meilleurs, ni les rendre moins bons, puisque c'est par la vertu du Saint-Esprit qu’ils s’accomplissent. Il faut donc honorer également les sacrements, qu'ils soient administrés par un mauvais prêtre ou par un bon.
Il y a quatre classes de prêtres, avec lesquels nous devons avoir une conduite particulière :
11 faut aimer les prêtres qui vivent et enseignent bien;
Tolérer ceux qui enseignent bien et vivent mal : il faut les écouter, non les imiter;
Mépriser ceux qui vivent mal et sont ignorants;
Anathématiser ceux qui enseignent mal.
Quelle que soit leur conduite, bonne ou mauvaise, on doit laisser complétement ces derniers de côté.
Voici la liste complète des ouvrages d'Agobard, tels qu’ils se trouvent dans le tome c1v de la Patrologie de M. Migre, avec les excellentes notes de Baluze
1° Livre contre Félix d'Urgel. Il y prouve, par l’Ecriture sainte et par les Pères, qu’en Jésus- Christ il n’y a pas deux fils de Dieu, l’un par nature et l'autre par adoption, mais que Jésus-Christ est Fils unique de Dieu par nature.
2° Le livre sur l’insolence des Juifs. Abjecte dans l’adversité, cette nation devient insolente par la prospérité. L'empereur les ayant laissés s’établir en paix et en liberté en France, et surtout vèrs Lyor, ils flaitèrent les grands, les tinrent, par l'argent qu’ils leur prêtèrent, comme dans des filets; ils tâchèrent d'attirer les chrétiens dans leurs synagogues; ils achetèrent des esclaves, quoique l’esclavage fût aboli dans les royaumes chrétiens. Agobard dénonça à l’empereur ces me- . nées et ces délits.
3° Les trois livres sur les superstitions des Juifs, dont nous avons parlé ci-dessus.
4° Une Lettre à Adalard, Wala et autres évêques qu'il consulte sur ce qu’il doit faire à l'égard des esclaves des Juifs qui demandent le baptème : s’il doit les recevoir ou les repousser.
5e Une Epitre à Nibridius, évèque de Narbonne, où il prouve qu'il faut fuir la société des Juifs.
6° Un Livre contre la loi de Gondebaud, roi de Bourgogne, laquelle ordonnait les duels judiciaires. Cette loi, publiée au vre siècle, était encore en vigueur dans le 1x°. Saint Avit avait tâché de convainere Gondebaud que ces sortes de combats étaient injustes et superslitieux; mais il n'avait pu rien gagner. Agobard pressa l’empereur d’abolir ces duels que ni l’Ecriture ni la raison n’autorisent : « C’est par des témoins », dit-il, « et non par le fer, qu’on prouve son innocence ».
1e Le Livre des Priviléges et des Droits du Sacerdoce, que nous avons analysé ci-dessus.
80 Le Livre sur le Tonnerre et sur la Gréle, où il combat l'erreur superstitieuse du peuple qui attribue aux sortiléges les phénomènes dont les lois de la nature et la puissance de Dieu peuvent seuls être cause.
9e Livre contre l'abbé Frédégise, où il réfute six propositions que ce dernier avançait sur l'Ecriture sainte, l'inspiration des prophètes, l’âme humaine, Dieu et le corps de Jésus-Christ.
10° Lettre à Hilduin, archichapelain du palais, et à Wala, abbé, sur le baptème que les Juifs ne voulaient pas permettre de donner à leurs esclaves.
419 Lettre sur l'illusion de certains signes, en réponse à Barthélemy, archevêque de Narbonne; ce dernier avait consulté Agobard pour savoir ce qu’on devait penser de certaines personnes, dont les unes tombaient comme en épilepsie sur le tombeau de saint Firmin, à Uzès, et d’autres étaient agitées à la manière de ceux qu’on nomme vulgairement démoniaques. Agobard répond qu’il attribue ces effets aux jugements que Dieu exerce sur les personnes en question, et qu'il les regarde comme une espèce, de fléau tout opposé aux guérisons miraculeuses que Dieu accorde par les mérites de ses Saints.
120 Lettre à Matfreide, un des grands de la cour, sur les désordres excités par les Juifs.
430 Lettre aux Clercs et aux Moines de Lyon, sur la manière de gouverner l'Eglise.
440 Livre sur les Images.
150 Livre de la dispensation des biens ecclésiastiques, où il traite de la perception des dimes, de l’inaliénabilité des biens ecclésiastiques, de la simonie, etc.
160 Le Livre des Jugements de Dieu. HN y fait voir la superstition et l'impuissance des épreuves du feu et de l’eau, autorisées par les lois des Bourguignons. 11 embrasse à ce propos presque toute l'éthique chrétienne.
17° Un Sermon sur la vérité de la foi.
18° Une Lettre à Louis le Débonnaire sur la division que ce prince avait faite de son empire à ses enfants.
19° Deux Lettres, l'une à l'empereur Louis le Débonnaire, l’autre aux évêques des Gaules, où il compare les deux puissances, et conclut que l’empereur doit se soumettre au Pape et le choisir pour arbitre entre lui et ses enfants. IL combat sepé libertés gallicanes que des évêques gaulois venaient de décréter dans un concile.
200 Une Apologie des fils de Louis le Débonnaire révoltés contre leur père.
910 La Charte qu'il remet à Lothaire pour constater, comme tous les membres du concile de Compiègne, qu’ils avaient condamné Louis le Débonnaire à la pénilence canonique, et qu'il s'y était soumis. |
920 Un Livre sur la divine Psalmodie.
230 Un Livre sur la correction de l'Antiphonaire.
240 Deux pièces de Vers latins.
Ces divers ouvrages occupent cinquante et une pages du tome c1v de la Patrologie.
Cette notice est un abrégé de la vie de saint Barnard publiée par Mgr Depéry dans l'AÆistoire hagiologique du diocèse de Belley. — Voir aussi l'Histoire hagiologique du diocèse de Valence, par M. l'abbé Nadal.