‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 352 sur 412 · CONFESSEUR, DE L'ORDRE DE SAINT-DOMINIQUE · texte numérisé non relu

CONFESSEUR, DE L'ORDRE DE SAINT-DOMINIQUE

4475-1275. — Papes : Alexandre III; Grégoire X. — Empereurs d'Allemagne : Frédéric Barberousse; Rodolphe Ier, — Rois de France : Louis VII; Philippe III, Ze Hard.

Quand le pape connut saint Raymond plus intime ment, il le choisit pour confesseur ; car le pape lui-même est obligé de se confesser de ses péchés s’il veut en recevoir l'absolution. A. STOLZ.

Saint Raymond vint au monde l’an 1175, au château de Pennafort, de la province de Catalogne, d’où il a pris son surnom !. Il donna, dès sa jeunesse, des preuves de sa haute intelligence, par le grand progrès qu'il fit dans les humanités et la philosophie; dès l’âge de vingt ans, il fit même un cours public et gratuit de cette dernière science à Barcelone. Ensuite il s’adonna à l’étude des lois, pour laquelle il passa à Bologne en Italie; il y fit l’un et l’autre droit. Une chaire de docteur étant venue à vaquer, il l’emporta au concours; et alors, comme un savant docteur du royaume des cieux, il commença à tirer de son trésor (pour me servir des termes de l'Evangile) les choses nouvelles et les anciennes; mais avec un si grand désintéressement, qu’il ne demandait point d’autre salaire à ses écoliers que leur propre avancement. C’est pourquoi les Bolonaïs, pour retenir chez eux un si digne professeur, lui assignèrent aussitôt des appointements sur les deniers publics de la ville; illes accepta, mais ce fut pour les distribuer aux pauvres, après en avoir payé la dîime à son curé.

À quelque temps de là, Bérenger IV, évêque de Barcelone, revenant de Rome, passa par Bologne, où il trouva le professeur Raymond ; il lui fit tant d’instances, qu’il l’obligea de quitter sa chaire et de le suivre : ce qu’il fit au très-grand regret de toute cette Université. Etant à Barcelone, il y reçut le canonicat et successivement les dignités d’archidiacre, de grand-vicaire et d’official; ce qui ne l’empêcha pas de vivre toujours fort retiré et d’être très-humble et très-modeste en sa conversation, quoique d’ailleurs il fût plein de lumière et de prudence. Il se montra si dévot envers la très-sainte Vierge, qu’il obtint que la fête de l’Annonciation fût célébrée par un office plus solennel qu’elle ne l'était auparavant en cette église de Barcelone; faisant pour cela une fondation, afin de fournir à la dépense qui serait nécessaire.

Mais, ne se tenant point satisfait d’avoir donné ses biens pour la gloire de Dieu et pour le service de sa sainte Mère, il voulut encore se donner luimême en se détachant de tout ce qui est au monde pour suivre parfaitement Jésus-Christ. Voici en quelle occasion cela se fit. Un neveu ou, selon d’autres, un cousin de ce bienheureux chanoine se sentit inspiré d’entrer dans l’ordre de Saint-Dominique, qui répandait une très-agréable odeur de sa

1. La maison de Pennafort (on prononce Pégnafort) descendait de celle des comtes de Barcelone, et était alliée de fort près à la maison royale d'Aragon. Le château de Pennafort (Pegna fuerte) fut changé en un couvent de Dominicains &ans le xvt siècle. — Pegna fucrte équivaut à notre Rochefort, rupes foriis.

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