‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 373 sur 412 · XXV JOUR DE JANVIER · texte numérisé non relu

XXV JOUR DE JANVIER

MARTYROLOGE ROMAIN

La CONVERSION DE SAINT PAUL, apôtre, laquelle arriva la deuxième année après l’Ascension de Notre-Seigneur !, — À Damas, la naissance au ciel de saint ANANIE, qui baptisa le même apôtre. Après avoir annoncé l'Evangile à Damas, à Eleuthéropolis et ailleurs, il fut frappé et déchiré à coups de nerfs de bœufs sous le juge Licinius ; puis, accablé de pierres, il consomma ainsi son martyre. 10. — A Antioche, les saints martyrs JUVENTIN et MAXIMIN, qui furent couronnés du martyre sous Julien l'Apostat ; le jour de leur naissance au ciel saint Jean Chrysostome prêcha un sermon au peuple. 363. — En Auvergne, saint Prix, évêque, et saint Marin ou Amarin, homme de Dieu, qui furent mis à mort par les principaux de la ville de Clermont. 674. — Le même jour, les saints martyrs Donat, Sabin et Agape 2. — A Tomes, en Scythie, saint BRETANNION, évêque d’une admirable sainteté et d’un zèle ardent pour la foi catholique, qui fleurit dans l'Eglise sous Valens, empereur arien, auquel il résista fortement. 1ve s. -— À Arras, dans les Gaules, saint Poppon, abbé, célèbre par ses miracles. 1048

MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU EF AUGMENTÉ

A Clermont, saint Elide, compagnon de saint Prix et de saint Marin dans leur martyre. 674. — A Mende, saint Sévérien, disciple de saint Martial et premir évêque de ce siége. Sa fête se célèbre le 26 de ce mois 3%. — A Bâle, le décès de saint Rachon, évêque d’Autun, qui avait été moine à Luxeuil, sous saint Eustase. Sa fête se célèbre à Autun le 44 de février #. vite s. — À Sénevière, sur la rivière d'Indre en Touraine, saint Lubais, confesseur, abbé de ce lieu 5. vire s.— Près de Chinon, saint Louents, moine 6. vire s. — À Redon, au diocèse de Vannes, le vénérable Conhoyarn, moine de Saint-Sauveur. Vers 880. — Au monastère de Manlieu, en Auvergne, le bienheureux Adelphe, abbé, qui fit la translation des reliques de saint Bont de Lyon à Clermont 7. — A Verdun, la bienheureuse Adelwise, mère de saint Poppon 8. — En Bourgogne, près de Poligny, saint Savin, martyr %. — Au Puy, saint Ponce, de Tournon, abbé de la Chaise-Dieu et évèque du Puy. x118 s. — À Ajaccio, le vénérable François de Ghisone, franciscain, mort en odeur de sainteté le 25 janvier 1832 10, — A Paris, le vénérable Guillaume de Champeaux, fondateur de l’abbaye Saint-Victor, devenu évêque de Chälons et mort religieux de Citeaux 11, 1121.— À Tours, saint Liment, confesseur, sorli du monastère de Mici ou de Saint-Mesmin, près d'Orléans, vie s.

1. Saint Augustin a prononcé plusieurs sermons sur la Conversion de saint Paul, notamment le 146, 349, 35e et 36e. Le Pape Innocent III en a rétabli la solennité qui était tombée en désuétude. Une célèbre basilique fut bâtie, dans l'antiquité chrétienne, sur le lieu de la Conversion de saint Paul; saint Augustin y fait allusion lorsqu'il dit, dans son 34€ sermon : « Aujourd'hui, dans ces régions, les lieux eux-mêmes ättestent l'événement qui est passé, l'histoire qui le rapporte s'y lit, et on y croit ». Il existe une belle pièce de vers du Pape saint Damase, sur la Conversion de saint Paul ; elle est dans la collection des poètes chrétiens.

2. 1 n’est pas possible de rien préciser au sujet des saint Donat, saint Sabin et sainte Agape. Les bagiographes français pensent qu'ils étaient d'Auvergne, et la place qu'ils occupent immédiatement après saint Prix dans le Martyrologe romain, laisse supposer que Baronius penchait vers cette opinion. Ils auraient été martyrisés en même temps que saint Prix.

3. Voyez ce jour. — 4. Voyez ce jour. — 5. Voyez le 13 février — 6. Voir sa ÎVofice, au 14 février. — 7. Voir à la vie de saint Bont, au 15 janvier. — 8. Voir ci-après, dans la vie de saint Poppon.

9. Saint Savin était, selon l'opinion la plus probable, un martyr dont les reliques reposaient à Troyes ou à Sens en Champagne ; à cause des Normands, elles furent transportées en Bourgogne près de Poligny, dans une église qui porte encore lé nom de Saint-Savin. {Les Saints de Franche-Comté, t. xv, p. 570.)

10. Voir sa vie dans le volume consacré aux Vénérables. — 11, Id.

ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES

En Grèce, sainte Médule et ses compagnes, martyres. — En Campanie, les saints Artème, Antimase, Sabin, Léodoce, Théogène, martyrs. Le premier n’était qu’un enfant qui, pour ‘avoir inspiré la foi à ses camarades d’étude, fut cruellement mis à mort. — À Capoue, en Campanie, sainte Castule. — En Sicile, les saints Fabien et Sabinien, martyrs. — À Pavenne, saint Sodon, dort les martyrologes n’ont conservé que le nom. — En Syrie, saint Publius, abbé de Zeugma (aujourd’hui Roum-Kaleh). Convaincu du prix du temps, il évitait l’oisiveté avec une attention singulière. Vers 380. — En Egypte, saint Apollon ou Apollonius, abbé et anachorète de la Thébaïde ; il vécut dans le désert depuis l’âge de quinze ans, et fut, après plus de quarante années de solitude, chargé de la direction de cinq cents moines. Un grand nombre de païens lui durent leur conversion. Vers l'an 395. — En Syrie, à Nétis, non loin de Cyr, saint Mara, abbé. Il vécut jusqu’à l’âge de quatre-vingi-dix ans dans une grotte, où Théodoret, son évêque, allait quelquefois célébrer la messe pour sa consolation. ve 8. — À Carthage, saint Agilée, martyr, au sujet duquel saint Augustin fit un sermon au peuple le jour de sa fête. — A Casal, en Italie, saint Project, diacre et martyr. vigse 8. — En Orient, saint Démétrius, chargé de la garde des vases et ornements sacrés.

34 ou 35. — Pape : saint Pierre. — Empereur : Tibère.

Qui lupus rapaz furebat

Nunc in agnum vertilur.

Sous l’action de la grâce, le loup devient agneau. Santeuil, à: conversione Pauli, 25 janvier.

Toutes les conversions des pécheurs sont admirables, et il n’y en a pas une dont on ne puisse dire, après le psalmiste, qu’ « Elle est un changement de la droite du Très-Haut ‘ ». Les théologiens assurent même qu’elle est une œuvre plus merveilleuse que la création du ciel et de la terre et la résurrection des morts. Saint Augustin dit que, si la résurrection d’un mort et la conversion d’un pécheur sont des œuvres d’égale puissance, la conversion est une œuvre de plus grande miséricorde ?. Or, si cela est véritable de la conversion de quelque pécheur que ce soit, ce l’est bien plus assurément de celle de saint Paul. En effet, si toutes les autres sont miraculeuses, étant élevées au-dessus de l’ordre de lä nature, celle-ci l’est dans l’ordre même de la grâce, étant comme un miracle établi sur d’autres miracles; ce qui paraîtra évident, soit que l’on ait égard aux effets qu’elle a produits, soit enfin que l’on regarde les grands fruits que toute l'Eglise en a tirés.

Il en faut exposer l’histoire que l’évangéliste saint Luc a écrite fort amplement au livre des Actes des Apôtres, dont voici les termes : « Saul ne respirant que menaces et meurtre contre les disciples du Seigneur, vint trouver le Prince des prêtres, et lui demanda des lettres de recommandation pour les synagogues de Damas, afin qu’elles lui prêtassent main-forte pour emmener, pieds et mains liés, à Jérusalem, les hommes et les femmes de cette secte; et il arriva, qu’approchant de Damas, il fut soudain environné d’une clarté céleste qui le renversa à terre, et il entendit une voix qui lui disait : — Saul, Saul, pourquoi me persécutez-vous? — Il répondit : Qui êtes-vous, Seigneur? — Le Seigneur lui dit : Je suis Jésus que vous persé-

1. Ps. Lxxvi, 11. — 2. Saint Augustin, Traité 71 sur saint Jean.

cutez, il vous est dur de regimber contre l’aiguillon. — Alors Saul, saisi d’étonnement et de frayeur, dit : Seigneur, que vous plaît-il que je fasse ? — Et le Seigneur lui répliqua : Levez-vous et entrez dans la ville ; et là vous : verrez ce que vous devez faire. — Ceux qui l’accompagnaient demeurèrent tout surpris, parce qu'ils entendaient bien une voix, maisne voyaient personne. Saul donc se releva de terre, et quoiqu'il eût les yeux ouverts, il ne voyait rien ; on le prit par la main, et on le fit entrer en la ville de Damas, où il demeura trois jours aveugle sans boire ni manger. Il y avait pour lors en cette ville un disciple, nommé Ananias, que le Seigneur appela en disant : Ananias ? — Il répondit : Me voici, Seigneur, — et le Seigneur lui dit : Levez-vous, et allez-vous-en en la rue que l’on appelle Droite, et cherchez, en la maison de Jude, un certain personnage, appelé Saul, de Tharse ; le voilà qui prie. — (Et au même temps, Saul vit Ananias qui entrait, et lui rendait la vue par l'imposition des mains). Ananias répondit : Seigneur, j'ai appris de plusieurs personnes quel est cet homme dont vous me parlez; qu'il a fait souffrir de grands maux à vos Saints dans la ville de Jérusalem, et qu’il a même reçu commission du Prince des prêtres d'arrêter prisonniers tous ceux qui confessent votre nom. — Le Seigneur lui répliqua : Allez, parce que c’est un vase d'élection et un homme que j’ai choisi pour porter mon nom devant les Gentils, devant les rois et devant les enfants d'Israël ; et je lui ferai savoir combien il lui faudra souffrir pour mon nom. — Ananias s’en alla et entra dans la maison qui lui avait été indiquée ; et imposant les mains à Saul, il lui dit : Saul, mon frère, le Seigneur Jésus, qui vous est apparu sur le chemin, m’a envoyé, afin que vous recouvriez la vue, et que vous soyez rempli du Saint-Esprit. — Et, à l'heure même, il tomba de ses yeux comme des écailles, et il recouvra la vue ; puis, se relevant, il fut baptisé ; et, après avoir pris quelque nourriture, il recouvra ses premières forces. Il conversa quelques jours avec les disciples qui étaient à Damas; et aussitôt commençant à prêcher dans les synagogues, il assurait que Jésus est le Fils de Dieu. Tous ceux qui l’entendaient demeuraient étonnés, et disaient : N'est-ce pas là celui qui persécutait, à Jérusalem, tous ceux qui invoquaient ce nom, et qui est venu à dessein de les mener prisonniers aux Princes des prêtres? Cependant Saul se fortifiait de plus en plus, et confondait les Juifs qui étaient à Damas, assurant que Jésus était le Christ t ». Voilà, dans son admirable simplicité, l’histoire de cette conversion si miraculeuse. Il est aisé de remarquer les différences très-notables et les priviléges singuliers par lesquels elle excelle incomparablement sur toutes les autres conversions dont nous avons connaissance, et qui nous sont rapportées dans les saintes Ecritures ou ailleurs. Car sans rien dire de cette voix et de cette clarté célestes qui arrêtèrent saint Paul, ni de ce que Notre-Seigneur descendit du ciel pour se faire voir à lui en son humanité, comme le même Apôtre l’écrit en deux endroits de sa première épître aux Corinthiens, leur donnant cette apparition pour une preuve de la résurrection du même Jésus- Christ : ce qui n'aurait pas de force, s’il ne l’avait point vu en sa propre chair ?; sans, dis-je, nous arrêter à cette particularité, nous remarquons en cette conversion de saint Paul une circonstance toute miraculeuse que nous ne voyons pas dans les autres. Car ce serait un miracle, dans l’ordre de la nature, que d'introduire quelque forme dans une matière qui ne serait pas disposée, ou même en laquelle il y aurait des dispositions entièrement contraires et opposées à la forme : par exemple, si la flamme embrasait tout d’un coup du bois extrêmement vert, sans lui donner le loisir de se sécher et de rejeter

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