‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 86 sur 412 · SAINT BLIMOND, DEUXIÈME ABBÉ DE SAINT-VALERY · texte numérisé non relu

SAINT BLIMOND, DEUXIÈME ABBÉ DE SAINT-VALERY

kilomètres du village de Saint-Blimond, sur la route actuelle de Lanchères. Les vieillards du pays se rappellent encore cet emplacement nommé la Plaine d'Argent, situé près d’un bois qu’on a défriché vers 1852. Ces constructions furent détruites au x° siècle par les ravages des Normands; Hugues Capet fit rebâtir cette abbaye à l’endroit où sont creusés les circonvallations de ce qu’on appelle, aujourd’hui, à Saint-Valery, {a Ville.

Dagobert I‘, en l’an 636, accorda à Blimond le domaine de Routiauville ‘.

Après avoir solidement établi la discipline régulière dans son cloître, il commença avec un zèle vraiment apostolique à travailler à la ruine de l'idolâtrie, qui infestait encore quelques endroits de la Picardie; assisté de ses disciples, qui se répandirent par toute la province pour l’exécution d’un si généreux dessein, il acheva d’exterminer le reste desidoles, renversa leurs autels, convertit ceux qui les adoraient encore en leur faisant connaître Jésus-Christ pour le vrai Dieu et le Rédempteur ; ce fut au point que nous pouvons, avec justice, le considérer comme un apôtre de ce pays, puisque ça été par ses soins que le culte des faux dieux en a été entièrement banni ?.

Il continua dans ses nouvelles fonctions la vie austère qu’il avait entreprise en sortant de Bobbio ; dans son extrême mortification, il ne buvait que de l’eau et ne mangeaït qu'après le coucher du soleil; il ne s’accordait que cinq heures de sommeil sur des branchages étendus dans sa cellule. D’une confiance en Dieu illimitée, il répondait, quand on lui reprochait de trop donner aux pauvres, que plus on se dépouille en leur faveur, plus on a droit de compter sur la générosité de la Providence.

Saint Blimond finit heureusement ses jours par une mort précieuse devant Dieu, le 3 janvier de l’an 650, après avoir eu la consolation de voir achevée la construction de son monastère et de son église. Il fut inhumé, dit-on, dans la chapelle de Saint-Valery, laquelle fut remplacée plus tard par le sanctuaire qu'on voit aujourd’hui non loin du clos de l’ancienne abbaye. Ses reliques, conservées jusqu’à ce jour, furent vérifiées en 1651, et transférées en 1791 au village de Saint-Blimond, où elles ont été reconnues” en 4856 par Mgr Boudinet. L'église paroissiale de Saint-Valery, ainsi que Notre-Dame d'Amiens, possèdent quelques ossements de saint Blimond.

La mémoire de ce Saint, ainsi que nous l’avons déjà dit, est très-célèbre au pays de Vimeux.

Saint Blimond est patron du village du même nom et troisième titulaire de l’église paroissiale de Saint-Valery. L'abbaye de Saint-Valery célébrait sous le rite double, au 3 janvier, la déposition de saint Valery, et au 31 août l'élévation de son corps. Le monastère de Corbie lui consacrait une seule fête, le 28 février. Les bréviaires de M. de la Motte et de Mgr Mioland contiennent l'office simple de saint Blimond, au 26 novembre. Il n’en est fait aucune mémotre dans le propre actuel du diocèse d'Amiens. La fête patronale se célèbre, pour saint Blimond et saint Valery, le dimanche qui suit le 31 août *.

1, Villa Ratherii,

2. I1 est à présumer qu'il s'agit ici d'un culte exercé dans les forêts, {de fontaines sacrées, d'arbres vénérés, et par conséquent du culte primitif de nos ancêtres, et non du polythéisme romain.

3, La famille de Saint-Blimond, s'il faut en croire les généalogistes, tirerait son origine d'un frère puiné du second abbé de Leuconaus. Depuis le vire siècle, dit-on, elle a possédé sans interruption la terre de Saint-Blimond qui, en 1682, fut érigée en marquisat. Les seigneurs de Saint-Blimond se sont montrés de généreux bienfaiteurs de l'abbaye de Saint-Valery, du prieuré de Cayeux et de la collégiale de Noyelles, dont ils réparèrent les ruines, après l'incendie causé par les Anglais, en 1346. Ils possédaient la baronnie d'Ordre, dans le Boulonnais, et vingt-quatre terres dans le Ponthieu. Ils firent alliance avec les maisons de Louvencourt, Auxé, de Fiennes, Halluin, Rambures, Gouffier, Carvoisin, Saveuse,

Le Martyrologe bénédictin en fait une très-honorable mention, ainsi que les Martyrologes de Bucélin de Hugues Ménard qui a écrit sa vie, de Du Saussay, etc.

Bollandus en parle au premier tome de janvier, et les RR. PP. Dom Luc d'Achéri et Dom Jean Mabillon nous en ont donné de très-doctes notices au second siècle des Saints de l'Ordre de Saint-Benoît.

Bollandus a inséré au 3 janvier une très-courte Vie de saint Blimond, par un moine anonyme; M. Ch. Barthélemy en a publié la traduction dans ses Annales hagiologiques, t. vus. On trouve quelques renseignements sur saint Blimond dans les Actes de saint Valery, rédigés par le moine Raimbert (Mabillon, Act. SS. sœc. 11, p. 76), et dans ceux de saint Attale, abbé de Bobbio, écrits par le moine Jonas (bid., p. 126).

M. Arthur Demarsy possède une vie manuscrite de saint Blimond, qu'il a eu l'obligeance de nous prêter. C’est une amplification toute moderne et plus que médiocre des passages des Actes de saint Valery qui concernent son disciple. (L'abbé CoRBLET.)

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