‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 88 sur 412 · SAINT PIERRE BALSAME, MARTYR · texte numérisé non relu

SAINT PIERRE BALSAME, MARTYR

encore user de patience : ainsi je vous donne du temps pour penser à vous, afin que vous preniez le parti de sauver votre vie. — Prerre. Ce délai serait inutile, je ne changerai point de sentiment. Faites présentement ce que vous seriez obligé de faire dans peu, et achevez l'ouvrage commencé par le diable, votre père, car jamais je ne ferai ce que Jésus-Christ me défend ».

A ces mots, Sévère le fit étendre sur le chevalet; et quand il fut suspendu en l'air, il lui dit en le raillant : « Eh bien ! Pierre, que dites-vous ? Commencez-vous à connaître ce que c’est que le chevalet ? Voulez-vous enfin sacrifier ? Pierre répondit : Déchirez-moi encore avec les ongles de fer, et ne me parlez plus de sacrifier à vos démons. Je vous ai déjà dit que je ne voulais sacrifier qu’au seul Dieu pour l’amour duquel je souffre ». À ces mots, le gouverneur fit redoubler les tourments; et Pierre, loin de pousser le moindre soupir, chantait avec joie ces deux versets du Roi-Prophète :« Je n’ai demandé qu’une chose au Seigneur, et je la rechercherai toujours, c’est de pouvoir habiter dans sa maison tous les jours de ma vie ‘. Je prendrai le calice du salut, et j’invoquerai le nom du Seigneur ? ». Alors, Sévère plus furieux que jamais, donna ordre à de nouveaux bourreaux de relever les premiers, qui étaient fatigués. Aussitôt les spectateurs, qui voyaient couler de toutes parts le sang du martyr, s’écrièrent : « Obéissez aux empereurs ; sacrifiez, et délivrez-vous de ces horribles tourments ». — Pierre répondit : « Qu’appelezvous tourments? Je ne sens aucune douleur; mais je sais que si je manque de fidélité à mon Dieu, je dois m’attendre à de véritables peines, à des tourments inconcevables ».Le juge lui dit encore :« Sacrifiez, Pierre Balsame, ou vous vous en repentirez. — PIERRE. Je ne sacrifierai point et je ne m'en repentirai point. — SÉVÈRE. Je vais prononcer la sentence. — Pierre. C'est ce que je désire avec impatience ». Alors Sévère prononça la sentence, conçue en ces termes : « Nous ordonnons que Pierre Balsame, pour avoir refusé d’obéir à l’édit des invincibles empereurs, et pour avoir défendu opiniâtrément la loi du Crucifié, sera lui-même attaché à une croix ». Ce fut ainsi que ce généreux athlète reçut la couronne du martyre, à Aulone, vers l’an 311, le 3 janvier, jour auquel il est honoré dans le Martyrologe romain et dans celui de Bède.

Cette vie est tirée des actes sincères recueillis par Dom Ruinart et traduits par Drouet de Maupertuy.

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