‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 120 sur 339 · Teoli, 1, r, tratt. 2, ce · texte numérisé non relu

Teoli, 1, r, tratt. 2, ce

deux vaisseaux uniquement chargés de blé entreront dans le port : un murmure accueillit cette prédiction du jeune orateur ; mais à la grande surprise de tous ceux qu’avaient irrités sa prophétie, les vaisseaux annoncés purent aborder, malgré la tempête affreuse qui depuis plusieurs jours agitait la mer (4372-75); — ‘7° Un nuage miraculeux le rend invisible à Violante, reine d'Aragon, épouse de Jean I‘. Cette princesse, qui s'était placée sous sa direction spirituelle, eut un Jour la curiosité de l’aller voir dans sa cellule, malgré la défense expresse qu’il lui en avait faite. La cellule lui fut ouverte par les religieux : ils le trouvèrent à genoux et priant, mais il fut impossible à la reine de le voir, quoiqu'il fût devant elle. Je suis ici, dit Vincent, mais tant que la reine ne sortira pas, elle ne me verra pas. Elle sortit enfin, et lorsqu'elle allait sortir, il se rendit visible, mais armé d’un visage sévère.....; — 8° Un autre épisode nous montre que saint Vincent était peu tendre pour les grands de la terre, chez lesquels il ne voulut jamais ou presque jamais loger. Un jour qu’il prêchait sur le marché au bois à Valence, la princesse Jeanne de Prades, sœur de la reine d'Aragon, assistait à son sermon. Or, il arriva qu’une énorme pierre venue l’on ne sait d’où, tomba sur la tête de la princesse et l’étendit à demi morte. Ce n’est rien, dit Vincent ; cette pierre n’est pas tombée pour tuer la princesse, mais seulement pour abattre la tour qu’elle porte sur la tête : il désignait ainsi l’ornement extravagant de sa chevelure. Puis il lui cria : Princesse Jeanne, levez-vous. A la grande stupéfaction de tous, elle se releva saine et sauve ; — 9° Le Sauveur du monde, accompagné d'une multitude d’Anges et des glorieux Patriarches, Dominique et François, lui apparaît, lorsqu'il est malade à Avignon. Nous avons raconté cette vision plus haut; — 40° Il guérit des malades en leur imposant les mains. On cite spécialement un négociant, nommé Seuchier, habitant du bourg de Bram, dans le département de l’Aude, à qui Vincent rendit la vue, pendant la mission de Montolieu (25 mars 1426); un paralytique des environs de Lérida, que le Saint vit des yeux de l'esprit se traîner à une demi-lieue de l'endroit où il préchait et qu’il envoya chercher par deux serviteurs du roi d'Aragon; — 41° Voici le sujet d’un beau tableau : Vincent est près du lit d’un moribond désespéré, qui répond à toutes ses exhortations par ces horribles paroles : Je veux me damner au déplaisir de Jésus-Christ ! Vincent plein de confiance en la miséricorde de Dieu, se tourne vers le moribond et lui dit : Malgré toi, je te sauverai. Il invite les personnes présentes à invoquer avec ferveur la sainte Vierge, et l’on récite le Rosaire. Dieu veut montrer combien lui plaît l’héroïque espérance de son serviteur; avant que le Rosaire soit terminé, la chambre du moribond est remplie de lumière ; la Mère de Dieu apparaît portant dans ses bras le divin enfant, mais tout couvert de sanglantes blessures. Le pécheur témoin de ce spectacle, demande pardon à Dieu et aux hommes ; — 12° Il ordonne à un enfant encore au maillot de marcher. Une femme venait de mettre un enfant au monde, et son mari, qui cherchait un prétexte pour la quitter, l’accusa d'infidélité. La femme désolée eut recours à Vincent : « Venez à mon sermon prochain, lui dit-il; priez votre mari de se mêler à l’auditoire, et ne manquez pas de faire porter votre petit enfant ». Lorsque Vincent eut achevé son discours, il ordonna à la mère de déposer son enfant par terre, et à celui-ci d’aller trouver son père; l'enfant se mit à marcher et démêla, au milieu de la foule, celui qui était réellement son père. Un miracle aussi extraordinaire ne pouvait que faire rentrer la paix dans le ménage; — 43° Il met un crucifix sur la bouche d'un ecclésiastique d'Avignon, constitué en dignité. Un jour, on

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vint lui dire que ce personnage ne vivait pas conformément à la dignité de son état. Il passe toute la nuit en prières, et au point du jour se rend au palais du prélat les mains armées d’un crucifix, entre et arrive jusqu’à la chambre où il était couché! « Mon fils », lui dit-il, « Jésus vient vous trouver, faites la paix avec lui»; en disant cela, il lui met le crucifäix sur la bouche et sort rapidement. Le noble ecclésiastique, frappé de stupeur, rentra en lui-même et alla faire sa confession à Vincent; — 14° Il change en statues de marbre deux pécheurs endurcis dans le crime. Préchant un jour à Pampelune, il est saisi d’un ravissement soudain au milieu de son discours qu'il interrompt. Revenu à lui-même, il avertit son auditoire que Dieu lui ordonne de laisser là sa prédication pour aller empêcher une offense grave qui se commettait en ville. Aussitôt il se dirige, suivi d’une foule curieuse, vers un palais somptueux ; il touche de ses mains les portes : fermées ; elles s’ouvrent d’elles-mêmes. On entend les voix de deux personnes qui se livrent dans une chambre aux ébats du plaisir. Vincent leur adresse la parole du dehors et les menace d’un châtiment terrible : on se moque de lui. Alors Dieu frappa les moqueurs et ils furent changés en deux statues de marbre. Aussitôt Vincent entre et montre à l’assistance les effets {terribles de la vengeance divine. Cependant, touché de compassion, il s’approche, et soufflant dans la bouche des deux statues, il leur rend la vie. Les deux malheureux se reconnaissent coupables et se confessent l’un après l’autre. À peine eurent-ils reçu l’absolution sacramentelle, que la véhémence de leur contrition leur donna une seconde mort aux pieds du Saint; — 15° Jl reçoit un papier descendu du ciel. Prèêchant un jour en Espagne, il est appelé pour assister un moribond encore plus chargé de péchés que d'années. À toutes les avances de cet ardent chasseur des pécheurs, le moribond ne répond que par des refus. Je vous assure, lui dit Vincent, que Dieu vous a pardonné ; je prends vos péchés sur moi, et si j’ai quelque mérite je vous en fais l'abandon. L’âme troublée du malade se rassure, et il finit par ajouter : Je me confesserai, mais il faut auparavant que vous me mettiez par écrit la demande du pardon et la donation proposée. Aussitôt Vincent écrivit le tout sur une feuille de papier et la mit entre les mains du malade : celui-ci entra dans une douce agonie et expira paisiblement. À peine avait-il rendu les derniers soupirs que la supplique disparut pour suivre l’âme au tribunal du souverain Juge. À quelque temps de là, comme Vincent prêchait sur la place publique à plus de trente mille personnes, on vit descendre du ciel une feuille de papier qui se plaça entre les mains du prédicateur : c'était celle qu’il avait donnée au moribond. Vincent expliqua alors un mystère qui surprenait tout le monde. Qu'on juge de impression produite sur la foule par le récit de ce miracle surprenant ; — une autre fois, appelé à Pampelune, près du lit de mort d’une pécheresse publique endurcie, il lui dit qu’il ferait venir du ciel son absolution, si elle promettait de se confesser. « S'il en est ainsi, je le veux bien, répondit la courtisane ». Alors il traça ces mots: « Frère Vincent supplie la très-sainte Trinité de daigner accorder à la présente pécheresse l’absolution de ses péchés ». L’écril s’envola au ciel et revint quelques instants après portant tracé en lettres d’or l'engagement suivant : « Nous, très-sainte Trinité, à la demande de notre Vincent, nous accordons à la pécheresse dont il nous a parlé, le pardon de ses fautes; nous la dispensons de toutes les peines qu’elle devait endurer, et si elle se confesse, elle sera dans une demi-heure portée dans le ciel... » ; — 46° 77 voit sainte Colette, sa contemporaine, en prières aux pieds du Sauveur et entend Jésus-Christ qui lui dit : Tes pleurs

me sont agréables, ma fille; mais les hommes qui blasphèment mon nom, sont bien peu dignes de pitié ; — 47° Pendant qu’il célèbre la messe, à Valence,une femme lui apparaît comme sur l’autel entourée deflammes et tenant entre ses bras un enfant meurtri. C'était sa sœur Françoise qui, mariée à un riche négociant, avait commis l’adultère avec un de ses serviteurs, pendant l’absence de son mari. Couverte de honte, elle empoisonna cet homme, et fit. périr le fruit de ses entrailles, avant qu'il vint au monde. Pour comble de malheur, elle n’osa pas avouer ces fautes en confession. Enfin elle rencontra un prêtre inconnu, avoua ses crimes et mourut trois jours après. Elle était décédée depuis longtemps, lorsqu'elle s’'adressa à son frère pour obtenir que sa peine fût abrégée. Vincent pria, et au bout de trois jours elle lui apparut couronnée de fleurs, environnée d’Anges et montant au ciel; — 48° Entrant dans une maison, # obtient à une femme laide le don de la beauté; à Valence, qui fut bien souvent le théâtre des plus éclatants miracles de notre Saint, il arriva que, passant un jour par une certaine rue, saint Vincent entendit sortir d’une maison des voix bruyantes et des cris de rage, accompagnés de parjures, de blasphèmes et d’'horribles imprécations. Le Saint, entrant dans cette maison, en vit sortir le chef de famille suffoqué par la colère, et il trouva sa femme qui continuait à le maudire et à vomir d’exécrables blasphèmes. Aussitôt Vincent entreprit de l’apaiser. Il lui demanda pourquoi elle était si furieuse, et pour quelle raison elle proférait des blasphèmes si détestables. La femme répondit en sanglotant : « Mon Père, ce n’est pas seulement aujourd’hui, mais tous les jours et à toutes les heures du jour, que ce malheureux homme, mon mari, vient me persécuter, et il n’en finit jamais de me battre et de me déchirer de ses coups; ce n’est pas une vie, mon Père, c’est une mort continuelle, une damnation de l’âme, et un enfer pire que celui des démons. — Non, ma fille, ne parlez pas ainsi, répondit le Saint avec une extrême douceur; cette colère ne vous avance à rien, sinon qu’à offenser Dieu plus grandement encore, lui qui pour votre amour a souffert sur la croix et sur le calvaire. Mais dites-moi, de grâce, pour quelle raison votre mari vous persécute et vous maltraite de la sorte ? — Cest que je suis laide, répondit la femme. — Et c’est pour cela, répondit le Saint, qu’il offense Dieu si fort ! » Alors, levant sa main droite sur le visage de cette femme, il ajouta : « Allons, ma fille, à présent vous ne serez plus laide ; mais rappelezvous de servir Dieu et d’être une sainte ». À l'instant même cette pauvre malheureuse devint la femme la plus belle qui se trouvât alors à Valence. Après cela, l’homme de Dieu l’exhorta avec beaucoup de gravité à servir le Seigneur bien fidèlement et à être sainte, l’assurant qu’à l’avenir son mari n'aurait plus occasion de l’injurier et de la maltraiter à cause de sa laideur. Ensuite il partit, content d’avoir ainsi retiré de cette maison l’occasion d’offenser Dieu aussi grièvement, et d'avoir remédié au sort éternel de cet homme qui maltraitait sa femme avec tant de cruauté. Ce miracle est devenu si célèbre en Espagne, que de nos jours encore, alors qu’on rencontre une femme difforme, on dit en manière de proverbe : « Cette femme aurait bien besoin de la main de saint Vincent »;—19° Chose qui semble incroyable! un public entier l’a vu au milieu de sa prédication prendre subitement des ailes, s'envoler dans les airs, disparaître pour aller très-loin consoler et encourager une personne malade qui réclamait son assistance, et puis revenir de la même manière après avoir rempli cet acte de charité, pour continuer sa prédication. C’est pourquoi on représente Vincent avec des ailes, comme les anges. — 20° Les Anges jouent un autre rôle dans les images

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