‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 153 sur 339 · SAINT BADÊME, MARTYR PERSAN · texte numérisé non relu

SAINT BADÊME, MARTYR PERSAN

difiée par M. Plomet, avant-dernier curé de la paroisse. On se rend à ce pèlerinage le 4 mai et pendant l'octave, pour y puiser de l’eau qu'on croit salutaire aux malades.

Nous avons abrégé et souvent reproduit le savant travail que M. Corblet consacre à saint Gâutier, dans le deuxième tome de son Zagiographie d'Amiens.

SAINT DENIS, ÉVÊQUE DE CORINTHE (n° siècle).

Saint Denys, évêque de Corinthe, florissait sous le règne de Marc-Aurèle. Il fut un des pasteurs qui se distinguerent le plus dans le second siècle et par leur vertu et par leur éloquence. Son zèle avait trop d'activité pour qu'il se bornât à l'instruction des fidèles confiés à ses soins. IE écrivit encore à diverses églises des lettres pleines d’un esprit vraiment apostolique. Malheureu« sement elles ne sont point parvenues jusqu’à nous, et il ne nous en reste que quelques fragments dans l’histoire ecclésiastique d'Eusèbe.

Une de ces lettres était adressée aux fidèles de Rome. Saint Denys les y remerciait des aumônes qu'ils avaient envoyées. « Depuis le commencement du christianisme, leur disait-il, vous avez coutume de rendre toutes sortes d'assistances aux fidèles et de fournir aux besoins de plusieurs églises. Vous avez pourvu par votre libéralité à la subsistance des pauvres et de ceux des frères qui travaillaient aux mines ; en quoi vous vous êtes montrés imitateurs de vos ancêtres. Le bienheureux Soter, votre évêque, loin de porter atteinte à cette louable coutume, y a donné au contraire un nouveau degré de force et d’étendue. Non-seulement il a soin de distribuer les aumônes destinées au soulagement des fidèles, mais il console aussi avec la tendresse d’un père ceux d’entre eux qui vont à Rome... Nous avons lu votre lettre, et nous la lirons toujours, ainsi que celle qui nous a été écrite par Clément, et en les lisant nous ne manquerons point de préceptes trèssalutaires 1 ». Saint Denys se plaignait ensuite que ses lettres avaient été corrompues par les hérétiques. « J'ai écrit quelques lettres à la prière de nos frères ; mais elles ont été falsifiées par les ministres du démon, qui y ont fait des retranchements et des additions. On ne doit pas s'étonner que le texte ‘de la sainte Ecriture ait été corrompu par des faussaires, puisqu'ils n’ont pas épargné des ouvrages d’une bien moindre autorité ».

Comme les hérésies des premiers siècles venaient moins des fausses interprétations de l’Ecri« ture que des erreurs enseignées dans les écoles des philosophes païens, elles n'étaient presque toutes qu'un amas de rêveries mêlées à quelques superstitions du paganisme. Saint Denys les combattit, et montra de quelle secte de philosophes chacune d’entre elles tirait son origine.

Il est honoré le 29 novembre par les Grecs, qui lui donnent le titre de Martyr parce qu'il souffrit beaucoup pour la foi. Il paraît cependant qu'il mourut en paix. Les Latins l’honorent le 8 avril, mais seulement comme confesseur.

Voir Eusèbe, Hist., 1. 1v, c. 28; saint Jérôme, in Catal., ce. 80; Migne, Patrol. grecque, t. v.

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