FRÈRE LAI FRANCISCAIN DE L'OPSERVANGE
Le B. Juhen appartient à la France, quoiqu'il soit né à Médina-Cœæli, en Castille. Son père, André Martinet, s'était vu forcé d'abandonner son pays pour échapper à la haine de son frère, injuste détenteur du bien paternel. C'était là un fruit de l'intolérance religieuse, laquelle a été pratiquée par nos adversaires toutes les fois qu'ils l'ont pu et qui, aujourd’hui, sont seuls à la pratiquer encore contre nos frères catholiques en Suède, en Pologne, en Russie. Le père de notre Saint était Béarnais : or, en Béarn, Jeanne d’Albret, veuve d’Antoine de Bourbon, et mère de Henri IV, qui s'était laissée séduire par les erreurs de Calvin, avait soulevé une persécution cruelle contre ses sujets catholiques. En 1569, elle rendit même un édit pour les chasser des terres de sa domination. Plusieurs Béarnais, décidés à tout sacrifier plutôt que d'apostasier, prirent le parti de ge retirer en Espagne. De ce nombre, nous l'avons dit, fut André Martin, que son frère eut la cruauté de faire exiler pour être seul possesseur de l'héritage paternel. André servit pendant huit ans chez un marchand, qui, content de ses services, le maria avec une de ses servantes, et lui donna comme cadeau de noces une petite maison où il passa des jours heureux. C’est là que le B. Julien vint au monde. Quand il eut atteint l’âge de raison, il montra de grandes dispositions à la piété ; il passait tout le temps qu'il pouvait à l’église en prières, et même alors que ses parents l'eurent mis en apprentissage chez un tailleur, il s’arrangea pour s’y rendre le plus souvent possible. Sa conduite devint un objet de sarcasmes et de moqueries, mais cela lui importait peu, et ne l’empêchait nullement de se confesser souvent, et il faisait cette sainte action en versant beau coup de larmes, car il s’estimait un grand pécheur.