‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 157 sur 339 · IX° JOUR D'AVRIL · texte numérisé non relu

IX° JOUR D'AVRIL

MARTYROLOGE ROMAIN

À Antioche, saint Prochore, qui fut un des sept premiers diacres, et illustre par sa foi et ses miracles, fut couronné du martyre 1. 1er s. — À Rome, la naissance au ciel des saints martyrs Démétrius, Concessus, Hilaire et leurs compagnons. — A Sirmich, le supplice de sept bienheureuses Vierges et Martyres, qui achetèrent, toutes ensemble, la vie éternelle au prix de leur sang. — À Césarée, en Cappadoce, saint Eupsyque ?, martyr, qui fut mis à mort sous Julien l’Apostat, pour avoir renversé le temple de la Fortune. 362. — En Afrique, les saints martyrs Massylitains 5, à la fête desquels saint Augustin prêcha une instruction. — A Amide, en Mésopotamie, saint Acace, évêque, qui, pour racheter les captifs, fit fondre et vendit jusqu'aux vases de l'église. ve s. — A Rouen, saint HuGuEs, évêque et confesseur. 130. — Dans la ville de Die, saint MARCEL, évêque, célèbre par ses miracles. vis s. — En Judée, sainte Marie de Cléophas, sœur de la Très-Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu. 1er s. — À Rome, la translation du corps de sainte Monique, mère de saint Augustin, évêque, qui fut apporté d'Ostie à Rome, sous le souverain pontife Martin V, et honorablement déposé dans l’église du même saint Augustin. 1430. — A Mons, en Hainault, la bienbeureuse WALTRUDE, illustre par la sainteté de sa vie et par ses miracles. 686.

MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ

À Lagny, au diocèse de Paris, saint Mauger, moine. vire s. — Près de Limoges, saint GAU- CHER, instituteur et prieur d’un monastère de chanoines réguliers, qui donna l’ermitage de Muret

1. Saint Prochore, le troisième des sept premiers diacres, le soixante-sixième des soixante-douze disciples, était neveu de saint Etienne et compagnon de saint Jean l'Evangéliste dans sa prédication en Asie. Saint Pierre l'établit ensuite évêque de Nicomédie, en Bithynie. De là il fut envoyé en mission à Antioche, où il reçut la couronne du martyre. La ville de Bologne possède quelques-unes de ses reliques dans l'église des Chanoines réguliers de Saint-Jean de Latran. Cf. Histoire des soixante-douze disciples.

2. Julien l'Apostat allant à Antioche, passa par Césarée, capitale de la Cappadoce. Il fut vivement piqué de voir que presque tous les habitants étaient chrétiens, et d'apprendre qu'ils venaient d'abattre le temple de la Fortune, le seul qui fût resté au paganisme.Sa vengeance tomba sur toute la ville; il l'effaça du catalogue des cités, et voulut qu'elle reprit son ancien nom de Mazacan, lui ôtant celui de Césarée, que Tibère lui avait donné. I1 dépouilla en même temps les églises de la ville et de son territoire, de tout ce qu'elles possédaient en meubles et immeubles ; et, pour empêcher qu'on ne détournât quelque chose de ces biens, il employa diverses tortures pour obliger les fidèles à les lui découvrir. Il leva une taxe fort onéreuse sur les laïques, et fit enrôler le clergé dans la milice la plus méprisable, qui était celle du gouverneur de la province. Ce ne fut pas tout encore. Plusieurs chrétiens perdirent la vie pour la religion. Parmi ceux qui scellèrent leur foi de leur sang, était Eupsyque, homme d'une famille distinguée, et engagé depuis peu dans le mariage.

L'empereur avait aussi ordonné aux chrétiens de rebâtir les temples des idoles. Mais ceux-ci, au lieu d'obéir, élevèrent une église au vrai Dieu, sous l'invocation de saint Eupsyque. Huit ans après, saint Basile célébra dans cette église, le 8 avril, la fète de ce Martyr. Il y invita tous les évêques de Pont, par une lettre qu'il leur adressa, et que nous avons encore. Voyez Sozomène, 1. 1v, c. 5; saint Basile, ép. 291; saint Grégoire de Nazianze, ép. 26, et Henschénius. S

Ce temple de la Fortune dont parle le martyrologe, saint Grégoire de Nazianze en fait aussi mention dans son premier discours contre Julien ; et, faisant allusion à sa destruction, il dit en plaisantant : [a Fortune infortunée, ete. Comme le martyrologe dit que saint Eupsyque fut mis à mort pour avoir renversé un temple, plusieurs, s'appuyant du 608 canon du concile d'Elvire, diront peut-être qu'il ne devrait pas être décoré du titre de martyr. Ce canon déclare en effet que quiconque aura été tué par les païens, pour avoir brisé une idole, ne sera pas admis au rang des martyrs. Mais cela regardait ceux qui, oubliant la douceur chrétienne, brisaient une idole dans un mouvement de colère, sans motif légitime. Mais saint Eupsyque avait agi en s’autorisant des lois de Constantin et de Constance. Telle est la doctrine que saint Augustin a développée dans sa lettre au comte Boniface (ép. 50). Il dit expressément qu'on ne doit pas priver du titre de martyr celui qui a été mis à mort pour avoir brisé une idole, conformément à un ordre des empereurs ; à plus forte raison, ajouterons-nous, celui qui l’a fait par l'ordre de Dieu et par l'inspiration du Saint-Esprit.

3. L'ancienne Massyla est probablement la contrée moderne de Fez.

à saint Etienne de Grandmont. 4130. — À Poitiers, la fête de saint Guillaume, duc d'Aquitaine, nommé au martyrologe romain le 10 février. — En Franche-Comté, saint Ingofroy, sixième abbé de Luxeuil, qui eut le bonheur de recevoir dans son monastère saint Adelphe désirant voir ses frères de Luxeuil et mourir au milieu d’eux . Vers 670.

MARTYROLOGE DES ORDRES RELIGIEUX

Martyrologe des Chanoïnes réguliers. — À Rome, la translation du corps de sainte Monique. — De même chez les religieux Augustiniens. À

Martyrologe des Servites. — Au Mont-Senario, près de Florence, le bienheureux Ubald d’Adimari, confesseur, de l'Ordre des Servites, dont le souverain pontife Pie VII a confirmé le culte existant de temps immémorial. 4315.

ADDITIONS FAITES D APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES

Aux saints Démétrius, Hilaire et Concessus mentionnés dans le romain, il faut y joindre Marius, Sirmion, Fortunat, Donat, et sept. Vierges consacrées à Dieu. De plus, les saints martyrs Basile, Rufn, Isidore, Ingenianus, Celse et Anastase dont les actes ont probablement péri dans l'invasion des Sarrasins, en Afrique et en Sicile. — A Lentini, en Sicile, une sainte cohorte de Juifs convertis, qui, ayant confessé hautement la foi chrétienne devant les juges, furent lapidés sous le règne de Dèce. — En Perse, les saints Dèse, évêque, Mariabe, prêtre, Abdiése et deux cent soixante-dix autres habitants de Bizabde, martyrs, dans la persécution de Sapor. C’étaient des prisonniers de guerre enlevés dans la ville forte de Bethzarde, sur le Tigre. Vers l’an 362. — En Perse également, saint Badime ou Badème, martyr 2. — A Burgos, en Espagne, sainte CASILDA, vierge. xI® s. — Dans un village, près de Savigliano, en Piémont, le bienheureux Antoine Pavonio, de l'Ordre des Frères Précheurs, martyr, mis à mort par les hérétiques vaudois contre lesquels il préchait. Quelques jours avant d’être assassiné, il avait dit au maitre barbier de l'endroit : «Il faut que vous mettiez tout votre talent à me faire beau, car je dois sous peu aller à la noce»; ce qui étonna fort le barbier, car le village était petit et à son officine aboutissaient tous les bruits. Il n’avait pas encore été question, bien loin à la ronde, de mariage : mais le Saint avait voulu parler des nocés de l’Agneau. 1374. — Dans les îles Orcades, saint Dotton, fondateur d’un monastère qui a porté son nom. Sa prière favorite était celle du Psalmiste : « Je me suis réjoui à la pensée d'entrer dans la maison de Dieu (Ps. Cxx1I) » : il dut soupirer longtemps après la patrie céleste, car le Seigneur prolongea plus de cent ans son exil. vie s.— En Bavière, la bienheureuse Crescence, à qui la célébrité est venue, sans qu’elle la cherchät. Fille d’un pauvre tisserand, de Kaufbeuern, dans le diocèse d'Augsbourg, elle désirait être religieuse ; mais sa pauvreté et celle d’un couvent du Tiers Ordre de Saint-François qui se trouvait dans sa ville natale, furent longtemps un obstacle insurmontable à la réalisation de ce désir. Chaque fois que ses occupations le lui permettaient, elle allait s’agenouiller devant un grand crucifix, seul ornement d’un corridor de ce couvent. Or, un jour Notre-Seigneur lui dit du haut de sa croix : « lei sera ta demeure ». Elle avait alors vingt ans. À côté de ce couvent, se trouvait une auberge où il se faisait tant de bruit que les religieuses en étaient troublées dans leurs prières. Le maire de l'endroit, quoique protestant, eut pitié de la pénible situation des servantes de Dieu ; il fit tant que la maison leur fut cédée à un prix très-modéré. En retour il obtint l'admission de Crescence dans leurs rangs, afin, dit-il, que cet ange de la terre ne se perdit pas dans le monde. Une fois admise, les filles de service du couvent l’appelèrent la pauvre mendiante et lui firent subir mille autres avanies. Mais la vertu de la sainte religieuse était si sincère, si solide, qu'au bout de quelques années elle fut élue supérieure. Dès lors tout ce que l’Allemague et la Pologne comptaient de princier et d'i-

‘lustre alla la visiter dans son humble cellule. Aujourd’hui, c’est-à-dire plus d’un siècle et demi après sa mort, son nom est encore vénéré parmi les catholiques allemands, et son tombeau est visité par une foule de pèlerins. Morte en 1744, elle fut proclamée Bienheureuse par Pie VII en 4804.

1. Voir saint Adelphe au 11 septembre. — 2. Voir au jour précédent,

298 9 AvrIL.

SAINTE WALTRUDE OÙ VAUDRU,

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