‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 200 sur 339 · XIV JOUR D'AVRIL · texte numérisé non relu

XIV JOUR D'AVRIL

MARTYROLOGE ROMAIN

À Rome, sur la voie Appienne, la naissance au ciel des saints martyrs Tiburce, Valérien et Maxime, sous l’empereur Alexandre et le préfet Almaque; les deux premiers ayant été convertis à Jésus-Christ par les exhortations de sainte Cécile, et baptisés par saint Urbain, pape, furent: meurtris à coups de bâtons, puis frappés avec le glaive pour la confession de la foi; pour Maxime, valet de chambre du préfet, ému de la constance de ces Martyrs, et confirmé dans la foi du Christ par la vision d’un ange, il fut frappé à coups de fouets garnis de plomb, jusqu'à ce qu’il rendit l'esprit 2. 229. — À Terni, saint Procule, évèque et martyr. Vers 306. — De plus, sainte Domnine, vierge et martyre, couronnée avec d’autres vierges, ses compagnes. — À Alexandrie, sainte Thomaïde, martyre 3%. ve s. — Le même jour, saint Ardalion #, mime, qui, comme il représentait par dérision sur le théâtre les cérémonies des chrétiens, fut subitement changé en un autre homme, et en défendit la sainteté, non-seulement par ses paroles, mais encore par le témoignage de son sang. Vers 300. — A Lyon, saint LAMBERT, évêque et confesseur. 688. — A Alexandrie, saint Fronton, abbé, dont la vie éclata en sainteté et en miracles. Règne d’Antonin 5. Vers 151. — A Rome, saint Abunde, mansionnaire (ou sacristain) de l’église Saint-Pierre 6.

MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ

À Avignon, saint BÉNÉZET ou BENOÎT, berger, qui bâtit miraculeusement le pont sur le Rhône, et fit plusieurs autres merveilles pendant sa vie et après sa mort. 1184. — À Tivon, saint BER- NARD, abbé. 1147. — À Bruxelles, la bienbheureuse LIDWINE, vierge. 1433. — À Rouen, la mort de saint PRÉTEXTAT, évêque, tué par l’ordre de Frédégonde. 588. (Nommé au romain le 24 février). — À Meer, diocèse de Cologne, la bienheureuse Avoie ou Hadwige, vierge, de l'Ordre de Prémontré, prieure de ce lieu. Vers 1198. — A Bayeux, la fête de la bienheureuse Ide, mère de Godefroy de Bouillon, dont nous avons donné la vie au jour précédent. 4113.

MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX

Martyrologe des Bénédictins. — Saint Herménigilde, roi et martyr, nommé hier. Martyrologe des Camaldules, de Vallombreuse et des Cisterciens.— Saint Herménigilde, ete.

1. Nous devons ces renseignements à M. l’abbé Raigneré, archiviste de la ville de Boulogne-sur-Mer, auteur d'une petite vie populaire de la bienheureuse 1de.

2, Voir dans la vie de sainte Cécile, au 22 novembre, Le diocèse d'Albi, dont la cathédrale est dédiée à sainte Cécile, fait l'office de ces trois Martyrs.

3. Sainte Thomaïde était mariée : elle fut tuée par son beau-père, qui la sollicitait au mal. Les moines de Scété demandèrent son corps qu'ils ensevelirent dans leur cimetière ct l'honovèrent comme Martyre. On l'invoquait dans les tentations contre la sainte vertu.

4. Saint Ardalion se trouve nommé le même jour au ménologe des Grecs. On y raconte sommairement eomment d'histrion qu'il était il devint Martyr, de même que saint Genêt. Les païens avaient coutume de faire paraître sur le théâtre des acteurs qui, pour tourner en dérision la religion du Christ, représentaient les mystères et les actes des chrétiens. Mais Dieu, qui se rit des rieurs, changeait le jeu en affaire sérieuse, la fable en histoire et l’histrion en Martyr. On peut lire un célèbre exemple de ce genre au sujet de Dioscore, raconté par saint Augustin dans une lettre à Alipius (e. 67). — Baronius.

5. On voit, par cette date, qu'il y a eu des cénobites de bonne heure. Saint Frontoy s'était retiré dans le désert de Nitrie, où il bâtit un monastère et cut soixante-dix religieux sous sa conduite,

6. Saint Grégoire le Grand raconte que saint Pierre renvoya au dévot sacristain Abundius nne paraly= tique qui depuis longtemps s'adressait à lui pour sa guérison, et qu'Abundius rendit l’usage de ses mem— bres à cette infortunée. L'église du Vatican fait mémoire de lui dans son office de ce jour.

318 à 44 AVRIL,

Martyrologe des Dominicains. — À Tuy, en Espagne, le bienheureux Pierre Gonzalès, surnommé Telmo, confesseur, de l'Ordre des Frères Prêcheurs 1, 1246.

ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES

Aux saints Valérien, Tiburce et Maxime, mentionnés au romain, il faut joindre saint Cyriaque, saint Dioclétien, saint Symphronius, et saint Docimus, aussi martyrs, qui élaient probablement de la famille de Maxime. — À Terni, en Ombrie, les saints Apollonius, Ephèbe, Optat, Pate, Saturnin, Frontin, Macaire, Corneille, Conditeur, Titule, Valentin, Produit, Laurin et Valérien, martyrs avec sainte Domnine et ses compagnes. Vers l'an 273. — A Milan, saint Maxime, martyr, un des soldats de la célèbre légion thébaine. Vers l'an 297. — A Vilna, en Pologne, les saints JEAN, ANTOINE et EUSTACHE, martyrs, mis à mort par leurs compatriotes paiens. 1342.

SAINT PRÉTEXTAT, ÉVÊQUE DE ROUEN 588. — Paye : Pélage II. — Roi de France : Clotaire I.

La souffrance n'a de prix qu'autant qu'elle est supportée saintement; et c'est de celle-ci que Jésus- Christ a dit : Bienheureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés. Matth., v, 5.

Le roi d’Austrasie, Sigebert, venait de succomber sous les coups des sicaires de Frédégonde ; il laissait une jeune veuve, la reine Brunehaut, qui eut le malheur de plaire au fils de sa rivale, le jeune Mérovée. Le mariage de Brunehaut avec Mérovée fut béni en 576, à Rouen, par saint Prétextat, qui était évêque de cette ville depuis l’année 549. Un pareil mariage était contraire aux Canons ; mais Prétextat, juge de la cause, accorda dispense et passa outre : de là, grande colère à la cour de Chilpéric, où l’on fit entendre que le saint Evêque trempait dans la révolte de Mérovée. On ne tarda pas à lui faire son procès.

Le roi avait appris que cet évêque distribuait des présents au peuple; il le manda à sa cour, et ayant découvert que la reine Brunehaut lui avait laissé ses trésors en dépôt, il les lui enleva et le fit garder en exil, jusqu’à ce qu’il eut fait terminer cette affaire par un jugement canonique. Il convoqua donc à ce sujet à Paris un concile de quarante-cinq évêques dans la basilique de Saint-Pierre, en 579.

Le roi parut lui-même au milieu de l’assemblée, et, adressant la parole à Prétextat qui avait eu ordre de se rendre au Concile, il lui dit : « À quoi avez-vous pensé, évêque, de marier Mérovée, qui aurait dû être mon fils, et qui est mon ennemi, avec sa tante, c’est-à-dire avec la femme de son oncle ? Ignorez-vous les dispositions des saints Canons à ce sujet? Mais vous n’en êtes pas demeuré là: vous avez conspiré avec lui et donné des présents pour me faire assassiner ; vous m'avez fait un ennemi de mon fils, vous avez séduit mon peuple par argent, afin que personne ne me gardât la fidélité promise, et vous avez voulu m’enlever ma couronne ». Les Francs, qui étaient présents en grand nombre, frémirent à ce discours et voulaient ouvrir les portes de l’église pour en tirer Prétextat et le lapider; mais le roi les en empêcha.

Ce saint Evêque nia avec fermeté tous les faits avancés contre lui, malgré les dépositions de faux témoins, qui montrèrent divers présents qu’il leur avait faits pour les engager à être fidèles à Mérovée. Il répondit:

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