XVI JOUR D'AVRIL
MARTYROLOGE ROMAIN
À Corinthe, la naissance au ciel des saints martyrs Calliste et Charisse, avec sept autres, qui tous furent noyés dans la mer. 1119 s. — À Saragosse, en Espagne, la naissance au ciel de dixhuit bienheureux martyrs : Optat, Luperque, Successe, Martial, Urbain, Julie, Quintilien, Publius, Fronton, Félix, Cécilien, Evence, Primitif, Apodème, et quatre autres, nommés, dit-on, Saturnin. Tous furent tourmentés et exécutés sous Dacien, gouverneur des Espagnes : Prudence a décrit en vers leur glorieux martyre. Vers 304. — Au même lieu, sainte ENCRATIDE ou ENGRACE, vierge et martyre, qui, le corps déchiqueté, une mamelle coupée et le foie arraché, fut enfermée en prison encore en vie, pour y rester jusqu’à ce que son corps tout en plaies y tombât en pourriture. 303 ou 304. — Dans la même ville, saint Caïus et saint Crémence !, qui, ayant confescé deux fois Jésus-Christ, et, persévérant dans leur foi, goûtèrent le calice du martyre. Après l’année 303. — Encore au même endroit, saint Lambert, martyr 2. vi s. — À Palencia, sant THURIBE,
1. Saint Caïus et saint Crémence figurent aussi dans l'hymne que Prudence a composée à la louange des Martyrs d'Espagne :
Additis Caio (nec enim silendi) N'oublions pas Caïus, ni Crémence qui, après Teque, Crementi, quibus incruentum une confession glorieuse, répandirent leur sang Ferre provenit decus et secundo dans un second combat. Laudis agone.
Ambo confessi Dominum, steterunt Tous deux confessèrent le Seigneur avec eou-— Acriter contra fremitus latronum : rage, et demeurèrent fermes contre la rage des Ambo gustarunt leviter saporem persécuteurs; tous deux goûtèrent la douce saveur Martyriorum. du martyre.
2. Les Espagnols racontent des choses merveilleuses de leur saint Lambert. Seulement, pour les chagriner, tout le monde n’est pas de leur avis. C'est ainsi que les Bollandistes commencent par dire qu'il n'est pas leur au moins par la naissance. On veut, au-delà des Pyrénées, qu'il ait été martyrisé en l'une des années 303-304, à jamais fameuses dans les annales de l'Eglise par le massacre, sur une échelle vraiment phénoménale, de tous les chrétiens soumis à l'empire de Dioclétien et de Maximien ; on veut, de plus, que saint Lambert ait pris sa tête coupée entre les mains et soit allé de lui-même rejoindre les ossements appelés la masse blanche, ete., etc. (Voir, plus bas, la vie de saint Engrace, sur
Al 3 46 AVRIL.
évèque d'Astorga, qui, avec le secours de saint Léon, pape, extirpa de toute l'Espagne l’hérésie de Priscillien, et, illustre par ses miracles, se reposa en paix. 460. — A Braga, en Portugal, saint FrucruEux, évêque. 665. — Le même jour, saint PATERNE ou PAIR, évêque d’Avranches. 565. — À Valenciennes, saint DROGON ou DRUON, confesseur. 1189. — À Sienne, en Toscane, le
bienheureux Joachim, de l'Ordre des Servites, 4305.
MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ
Au Mans, saint THURIBES Ier, deuxième évêque de ce siége — À Saintes, saint VAISE, massacré per ses héritiers présomptifs, en haine de ce qu'il distribuait son bien aux pauvres. Vers 490. — Au mont Saint-Michel, en Normandie, saint SCUBILION, moine de Saint-Jouin-de-Marne, en Poitou, et compagnon de saint Paterne, non-seulement durant sa vie, mais aussi à sa mort et à son entrée dans le ciel. 575. — A Tours, le bienheurenx HERVÉ, diacre, chanoine et trésorier de Saint-Martin de Tours, fondateur de l’abbaye des religieuses de Beaumont-les-Tours. Vers 1021. — À Amettes, en Artois, le bienheureux Benoir-Josrpn LABRE. 1783. — À Vannes, la fête de saint Patern ou Pern, nommé hier. — À Dunkerque, la sainte mort du pieux Adrien Chancelier, abbé du monastère des Dunes, dont l'Eglise commença l'éducation. Il eût été petit aux yeux du monde, à cause de son peu de fortune ; mais des moines le firent le premier d’entre eux, à cause de ses vertus. Il mourut en disant: « Mon Dieu, que je sois damné s’il le faut, pourvu que je vous aime ». 16 avril 1623. — Dans le diocèse de Cologne, mémoire d'un saint Martyr, dont le nom west connu que de Dieu et dont le corps fut retrouvé enveloppé dans un suaire rouge de son sang : le sommet de Ja têle était amputé. Episcopat de Philippe 1er (1167-1191).
MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX
Martyrologe des Chanoines réguliers. — À Rome, la translation des chefs des saints apôtres Pierre et Paul, de l’oratoire auprès du Saint des Saints, dans l’intérieur de la basilique de Latran. Le pape Urbain V, ayant fait construire une abside remarquable, les y déposa dans des chässes d'argent ornées de pierres précieuses.
artyrologe des Bénédictins. — À Palencia, saint Thuribe, évêque d'Astorga.
Marlyrologe des Camaldules et de Vallombreuse. — Saint Thuribe, évêque d’Astorga.
Martyrologe des Dominicains. — À Rome, sur la voie Appienne, la naissance au ciel des gaints martyrs Tiburee, Valérien et Maxime !. |
Martyrologe des Franciscains. — Dans toute la famille séraphique, la solennelle mémoire tant du saint archange Raphaël, dont le no signifie Médecine de Dieu, que du jour vénérable dans lequel notre père saint François, l’an 4209, déposant sa règle entre les mains d'Innocent IT, donna naissance à l'Ordre des Mineurs, pour administrer aux malheureux pécheurs le remède spirituel et découlant d'en haut. En mémoire de ce commencement a été établie la rénovation de la profession, qui doit être faite par les religieux de l’un et de l’autre sexe, soit en commun, soit en particulier, avec une pieuse ferveur, et ceux qui renouvellent obtiennent, par concession de Clément XII, une indulgence plénière.
Martyrologe des Mineurs conventuels. — Auprès de Sirolo, diocèse d’Ancône, le bienheureux Pierre de Tréja, confesseur, de l'Ordre des Mineurs, illustre par sa renommée de sainteté et par
ce qu’il faut entendre par la masse blanche.) Nous ne pouvons nous arrêter à combattre les invraisem— blances du récit cspagnol : voici seulement ce que les Bollandistes ont cru pouvoir avancer de plus raisonnable : 10 Saint Lambert était laboureur; 20 son nom sent une origine française. Partant de cette double donnée, il est naturel de penser que ce robuste chrétien aura été pris par les Sarrasins lors de leur invasion dans le midi de la Gaule, dans le vie siècle, et que, réduit en captivité, il aura été appliqué par son maître aux travaux des champs. Son corps fut enterré, il est vrai, près de la masse blanche; mais comment se ferait-il que son corps seul fût entier, s'il avait été martyrisé avec les autres ?..
Le précepteur de Charles V, celui qui fut plus tard pape-sous le nom d'Adrien VI, avait la plus grande dévotion à tous les saints Lambert possibles, à cause de la ressemblance du nom avec l'évêque et le patron de Liége. Donc, avant son intronisation, passant par Saragosse, il voulut vénérer les reliques de saint Lambert d'Espagne, et obtint qu'on détachât pour son écrin une partie des maxillaires. La dissec— tion fit couler, après mille ans, un sang vermeil que l’on recueillit et que l'on montra longtemps. Adrien VI ne s'en tint pas là : il accorda des bulles pour l'érection d'un monastère sur l'emplacement du champ consacré par les sueurs et plus tard par le sang du pieux laboureur. On voyait dans l'enclos des religieux trinitaires, à qui fut donné ce couvent, un arbuste que l'on disait avoir été planté des mains de saint Lambert : du moins ce pouvait être un successeur du premier. Mais l'arbuste ne vécut pas longtemps : la dévotion à saint Lambert ayant été remise à la mode, chacun allait déchiqueter le pauvret, et les religieux se voyaient à la veille de perdre jusqu'au dernier atome de cette relique : on avisa, et le parti auquel on s'arrêta fut de couper ce qui en restait et de le couvrir de lames d'argent.
1 est probable que là, comme chez nous, la Révolution aura dispersé bien des choses saintes, effacé bien des souvenirs touchants.