SCICY ET LE MONT-SAINT-MICHEL
. M. Postel, curé du Mont-Saint-Michel, nous écrivait, le 5 janvier 1863 :
« Quant au monastère de Scicy {, Richard, duc de Normandie, l’unit à celui du Mont-Saint-Michel ou Mont-de-Tombe, qu'il fonda, 966, à l'endroit où était une collégiale bâtie en 709 par saint Aubert, évêque d’Avranches. Le monastère de Saint-Michel esf appelé Tumba ou S. Michael ad duas Tumbas, à cause de deux rochers, dont le plus haut, sur lequel est l’abbaye, se nomme Tombe, et l’autre, qui en est proche, se nomme Tombelaine, c’est-à-dire, petite tombe. Celui sur lequel est l’abbaye du Mont-Saint-Michel a trois cents pieds de haut. On trouve une description curieuse de ce lieu dans Dom Baunier, Recueil général des évéchés, abbayes, etc., t. 11, p. 725.
« Nous ne possédons point de reliques au Mont-Saint-Michel. Il y a trois ou quatre ans, on me descendit de l’église du château une grande caisse pleine d’ossements, crânes, os du bras, etc. : sans doute qu'il se trouve parmi ces os des reliques très-précieuses, mais malheureusement les authentiques sont perdus.
« L'église de Saint-Gervais d'Avranches possède encore actuellement le crâne de saint Aubert, évèque d’Avranches, auquel apparut l’archange saint Michel ; on voit encore sur ce crâne l’empreinte du doigt du bienheureux messager céleste, qui, voyant que l’évêque Aubert n’obéissait pas à l’ordre de bâtir une église sur le Mont-Tumba, lui plaça le doigt sur le front et y laissa une forte empreinte.
« L'église de Saint-Pair existe encore. C’est un lieu de pèlerinage assez célèbre. On y possède, je pense, les reliques de saint Pair et de saint Gand.
« Je ne connais rien sur l’abbaye de Scicy.
« Tant qu’à notre vicille abbaye du Mont-Saint-Michel, elle existe toujours et fait l'admiration des nombreux étrangers qui viennent chaque année Ja visiter. Ces étrangers ne sont plus, comme autrefois, des pèlerins, mais uniquement des curieux et artistes, qui viennent, attirés par le pittoresque du lieu ou la beauté du monument. Je n’ai vu que quatre ou cinq bandes de pèlerins amenés par un motif de foi et de dévotion. La mer a entouré le rocher sur lequel est bâtie la vieille abbaye, et chaque jour elle vient nous environner deux fois. Sur le rocher se trouvent trois cent trente habitants, vivant de la pêche ou bien employés au service de la maison centrale, et une garnison de cent trente ou cent quarante soldats.
« Rien de beau comme l’église que l'on travaille depuis deux ans à restaurer, le cloître, la salle des chevaliers, le réfectoire des moines, l’escalier de cent quatre-vingts marches qui conduit jusqu'au sommet, etc. On est ravi en voyant tant de merveilles réunies. On ne comprend pas comment l'homme a pu transporter et établir une telle magnificence sur un rocher aride. Une chose navre le cœur, c’est de voir que ce sanctuaire, d’où devaient sans cesse s'élever vers le ciel des prières et des supplications, déchu de sa destination primitive, sert de lieu de détention à cinq où six cents criminels ».
M. Crozat, curé d’Issoudun, nous écrivait, le 43 novembre 1858 :
« L'église de Saint-Cyr à Issoudun possède encore quelques reliques de saint Paterne, mais dont il serait difficile de constater l'authenticité ; elles ont été sauvées, dit-on, pendant la Révolution, par un brave homme qui ne s’est nullement mis en peine de conserver ce qui fait leur principale valeur : en sorte qu’on ne peut les exposer à la vénération des fidèles.
«Nous n’avons plus d'église de Saint-Paterne : les derniers vestiges ont été détruits il y a environ deux ans ; on ne montre plus aujourd'hui que son emplacement ».
La vie de saint Paterne se trouve au deuxième tome de Surius ; le Martyrologe romain et celui des
Saints de France en font mémoire le 15 avril. Nous avons complété cette vie à l'aide des Vies des Saints de Poitou, par MM, Chergé et Auber, et de l'Æistoire du Mans, par M. Piolin.