SAINT LANDRY, ÉVÊQUE DE MEAUX. AGT
Mauger, faisant taire en ce moment toutes les réclamations de la nature, embrassa Landry avec tendresse et en l’arrosant de ses larmes : puis ayant appelé quelques saints prètres, il leur confia son fils qui reçut, peu de temps après, la tonsure cléricale. Dès lors le jeune lévite parut avancer plus rapidement encore dans la carrière des vertus ; sa plus douce occupation était de lire et de méditer les saintes Ecritures, d'offrir à Dieu de ferventes prières et d'accomplir avec fidélité toutes les fonctions du sacerdoce. Les auteurs ne disent point dans quel lieu, ni auprès de quel Pontife il vivait ; mais on peut croire que ce fut dans le diocèse de Cambrai où résidait sa famille. Ils gardent également le silence sur tout ce qui s’est passé entre ses parents et lui jusqu’au jour où l’histoire nous le montre placé sur l’un des siêges les plus illustres de l’église de France.
Auparavant saint Landry fut témoin des bénédictions abondantes que Dieu répandait sur ga famille, et qui remplissaient son âme des plus ineffables consolations. Son père, le premier, se retirait dans un monastère qu'il faisait bâtir à Hautmont, après avoir reçu la tonsure des mains de saint Aubert ; sa mère, sainte Vaudru, suivait peu de temps après son exemple et s’en allait vivre dans une tranquille solitude à Chäteau-Lieu (Mons). Madelberte et Aldétrude, les deux jeunes sœurs de Landry, accompagnaient presque aussitôt leur vénérable tante sainte Aldegonde, qui consacrait à Dieu sa virginité et sa vie, et bâtissait sur les rives de la Sambre le monastère de Maubeuge.
Pendant que sa famille se dévouait ainsi au service du Seigneur et donnait au monde étonné ce touchant spectacle, Landry s’avançait de plus en plus dans la perfection du saint état qu’il avait embrassé. Son éclatante vertu et sa sagesse précoce faisaient une grande impression sur tous ceux qui le voyaient ou qui en entendaient parler. On ne fut donc pas étonné lorsque, le siége de Meaux étant devenu vacant par la mort de l’évêque, les suffrages du clergé et du peuple se portèrent sur lui : le fils si vertueux et si sage du seigneur Mauger devait d’ailleurs être parfaitement connu à la cour, où ses parents occupaient un des premiers rangs.
Elevé à cette dignité, le Pontife continua avec une nouvelle ferveur les œuvres de religion qu’il avait pratiquées jusqu'alors. Toutes ses richesses et ses biens devenaient le patrimoine des pauvres, qui bénissaient sans cesse le Seigneur de leur avoir donné un si charitable et si saint pasteur. Malgré ses travaux et les fatigues de l’épiscopat, il affaiblissait encore son corps par les jeûnes, les mortifications et les veilles, et se livrait avec ardeur à la lecture des livres sacrés, pour sa propre édification et pour l'instruction de son troupeau.
Telles étaient les occupations de saint Landry, lorsqu'il reçut du vénérable saint Vincent un message, qui lui apprenait sa maladie et le vif désir qu’il avait de le voir avant de mourir. A cette nouvelle, il se transporta en toute hâte au monastère de Soignies, où il rendit à son père les devoirs les plus touchants de la piété filiale et chrétienne, lui parlart de la bonté de Dieu et des récompenses magnifiques qu'il réserve à ceux qui ont tout sacrifié pour lui plaire. Il l’entretint ensuite des délices de la patrie céleste dans laquelle il allait bientôt entrer : puis, à sa prière, il promit à son père qu'il prendrait soin des deux communautés d'Hautmont et de Soignies qu'il voyait réunies. Quelques instants après, le vénérable vieillard remettait paisiblement son âme à son créateur. Landry le pleura avec toute la tendresse d’un bon fils et l’aida de ses prières avec toute la ferveur d’un Saint : en même temps il sentit naître dans son cœur le désir d’embrasser la vie silencieuse et cachée du monastère, et de passer le reste de ses jours auprès du tombeau où il venait de déposer son père. Les circonstances lui permirent bientôt de réaliser ce dessein : il se fixa donc à Soignies, et gouverna sagement ce monastère et celui d’Hautmont jusqu'à sa mort, qui arriva le 17 avril vers l’an 615, De nombreux miracles donnèrent aussitôt aux peuples le témoignage de sa sainteté:
Le propre de l’église de Sainte-Vaudru, à Mons, renfermait l'office de saint Landry, sous le titre de confesseur pontife, avec trois leçons particulières, examinées et approuvées par les docteurs de l’Université de Douai, et imprimées en 1625 avec permission de Monseigneur Vander-Burg, archevêque de Cambrai : dans celui des abbayes de Maroilles et du Cäteau, il y en avait quatre : partout on le dit évêque de Meaux et non de Metz, comme l'ont avancé certains auteurs.
M. l'abbé Destombes.