‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 251 sur 339 · S. APOLLONIUS, APOLOGISTE DE LA RELIGION CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

S. APOLLONIUS, APOLOGISTE DE LA RELIGION CHRÉTIENNE

Marc-Aurèle avait persécuté la religion chrétienne par zèle pour le paganisme. Son fils Commode, qui lui succéda en 180, fut, quoique très-vicieux, moins cruel envers les disciples du Sauveur ; il les favorisa même, en considération de Marcia, qu'il avait honorée du titre d'impératrice. Ce n’était pas que cette femme crût en Jésus-Christ ; mais elle s’intéressait à une religion dont les maximes lui paraissaient admirables. A la faveur de ce calme, l'Eglise vit augmenter prodigieusement le nombre de ses enfants. Plusieurs personnes de la première qualité se rangèrent sous les étendards de la Croix. On comptait le sénateur Apollonius parmi ceux qui avaient abjuré l’idolâtrie.

Apollonius était fort distingué par son mérite dans les belles-lettres et la philosophie. A peine eut-il connu la vérité qu’il étudia avec autant de succès que d'ardeur l'Ecriture sainte. Il vivait tranquille dans la pratique des bonnes œuvres, lorsqu'un de ses esclaves, nommé Sévère, l’accusa d’être chrétien devant Pérennis, préfet du prétoire. L’esclave eut les jambes cassées et fut condamné à mort, conformément à un édit de Marc-Aurèle, qui avait prononcé la peine de mort contre les accusateurs des chrétiens, quoiqu'il n'eût point révoqué les lois portées antérieurement contre ces derniers.

Pour Apollonius, le préfet l’exhorta fortement à quitter le christianisme, afin de conserver sa vie et sa fortune. Le Saint fit voir par ses réponses qu'il ne deviendrait point apostat. Sa constance étant inébranlable, Pérennis renvoya l'affaire au sénat pour que l'accusé y rendit compte de sa foi. Apollonius fit en plein sénat un excellent discours en faveur de la religion chrétienne 1, Malheureusement, cette pièce n’est pas parvenue jusqu’à nous. Nous apprenons de saint Jérôme, qui l'avait lue, que l'élégance et la solidité s’y trouvaient réunies à une connaissance profonde de la littérature sacrée et profane ?. Le Saint, persistant toujours en sa première résolution, fut condamné par un arrêt du sénat à perdre la tête. Son martyre arriva vers l’an 186.

Rien de plus étrange que la jurisprudence des Romains par rapport aux chrétiens. On en ala preuve dans l’édit de Marc-Aurèle, dont nous venons de parler, et dans la réponse de Trajan à Pline le Jeune, lequel défendait de rechercher les chrétiens et ordonnait en même temps de les

1. Selon le rapport d'Eusèbe, qui dit avoir conservé cette apologie d'Apollonius dans son livre des histoires des anciens Martyrs.

2. Saint Jérôme nous a transmis d'autres détails encore sur Apollonius. entre autres, qu'il a été sénateur. Voir Seript. eccles.

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