‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 265 sur 339 · Via S. Leon. IX pap., 1. 1er, c. 1, AA. SS,, 19 april · texte numérisé non relu

Via S. Leon. IX pap., 1. 1er, c. 1, AA. SS,, 19 april

Sainte Vierge et de sainte Menne, et y fit la translation des reliques de cette vierge de Toul, Le 15 mai de l'an 1036.

En 1044, il ratifia la fondation faite par Gauthier, seigneur de Deuilly, et Adile, sa femme, du prieuré de Deuilly, situé au pied du château de ce nom, à deux lieues de Lamarche, dans le département des Vosges ; il confirma la donation de biens faite à ce prieuré, en ajouta quelques-uns, en consacra l’église sous l’invocation de Notre-Dame et l’exempta de la juridiction paroissiale de Saint-Vallier (Vosges), arrondissement de Mirecourt,

Depuis plusieurs années, l'Eglise catholique était déchirée par un schisme déplorable. L'empereur Henri II, dit le Noir, se rendit à Rome, dans le but de le faire cesser. Il fit déposer, ou il obligea à l’abdication, les trois concurrents qui portaient le nom de Pape, à savoir : Benoît IX, Sylvestre III et Grégoire VI. Après quoi il fit élire Suidgère, évêque de Bamberg, qui prit le nom de Clément II. Ce nouveau Pontife montra un grand zèle contre la simonie ; mais il ne tint le Siége apostolique que neuf mois, et son successeur Damase II ne le tint que vingt-trois jours, emporté qu’il fut par le poison de ses ennemis.

Les Romains, qui avaient connu les droites intentions de l’empereur, lui envoyèrent en Allemagne des députés pour élire un Pape, de concert avec lui. Henri fit tenir à Worms une grande assemblée des prélats et des seigneurs de l’empire ‘ pour délibérer sur le choix d’un Pape qui pût remédier efficacement aux maux de l'Eglise ?. La délibération fut courte : le mérite, la naissance et la vertu de Brunon, évêque de Toul, enlevèrent tous les suffrages. Lui seul fut surpris et affligé de ce choix, et ne pouvant se résoudre à y consentir, il demanda qu’on lui accordât trois jours pour réfléchir. Il les passa dans la prière et dans un jeûne absolu ; puis, toujours plus vivement pressé d'accepter, il fit publiquement sa confession, exagérant ses fautes, dans le but de faire mieux comprendre qu’il était indigne du rang . suprême auquel on voulaït l’élever. Mais cette appréhension sincère et cet éloignement si vrai qu’il manifestait, du souverain Pontificat, montrèrent d'autant mieux qu’il en était plus digne.

Brunon céda enfin, en déclarant cependant qu’il ne consentirait à son élection qu'autant qu'elle serait ratifiée unanimement, par le clergé et le peuple de Rome. Il quitta aussitôt Worms pour venir célébrer la fête de Noël dans son église de Toul. Il y fut accompagné par quatre Prélats : Hugues de Pise, envoyé des Romains ; Evrard de Trèves, successeur de Poppon; Adalbéron, de Metz, et Théodoric ou Thiéry, de Verdun. Le surlendemain de Noël, 27 de décembre, il se mit en route pour la capitale du monde chrétien, ayant à sa suite un grand nombre de personnes qui voulurent lui former un cortége d'honneur. Il passa par l’abbaye de Moyenmoutier et y dédia l’église de Saint-Jean-Baptiste qui était alors à l'entrée du monastère. Il prit en sa compagnie, Humbert, religieux de ce couvent dont il se servit avec avantage, en plusieurs circonstances. Il le fit archevêque de toute la Sicile, puis cardinal-vicaire de Rome où il le retint.

Au lieu de voyager avec la pompe de sa dignité nouvelle, il marchait en habit de pèlerin, s’occupant continuellement de prières pour le salut de tant d’âmes, dont il était chargé. À Augsbourg, étant en oraison, il entendit une voix d'ange, chantant avec une merveilleuse harmonie : « Voici ce que dit le Seigneur : Je pense des pensées de paix, et non d’affliction; vous

1. Ce fut très-probablement aussi dans cette assemblée ou diète de la fin de l’année 1048, que fut élu | duc héréditaire de Lorraine, Gérard d'Alsace, tige des ducs ses successeurs jusqu'en l’année 1726. 2. Longuerval, t. vi, p. 250.

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