LE BIENHEUREUX CONRAD D’ASCOLI, CONFESSEUR
afin qu’elles fussent ainsi à l'abri de toute profanation. Or, après l'évacuation du château de Collioure, par la garnison espagüole, les consuls de la ville, s'étant transportés au dit château pour en rapporter les précieuses reliques, ne les y trouvèrent plus. Les traditions locales semblent insinuer qu’elles durent être enlevées par un militaire espagnol de Cancavella (ou Concabuena}, petite ville de Catalogne, où un religieux capucin, se trouvant en Roussillon vers 1695 ou 1700, affirmait avoir célébré la sainte messe à l'autel qui possédait les reliques de saint Vincent de Collioure. Il paraît bien que ce bourg est toujours en possession de ce trésor. Quant à la ville de Collioure, elle a actuellement deux reliques partielles de son saint protecteur : 4° un os de petite dimension, envoyé de Rome en 1700 ; 2° un tibia envoyé peu de temps après. La réception de ces reliques fut pour la ville de Collioure l’occasion de solennités touchantes, présidées par Mgr Basan Flamenville, évêque d’Elne. La paroisse de Collioure reçut en même temps des reliques de sainte Libérate et de saint Maxime.
C’est depuis lors (1702) qu’a lieu tous les ans la belle et pittoresque cérémonie du 16 août, Ce jour-là, à sept heures du soir, le clergé de la paroisse, suivi d’un grand nombre de marins, monte sur une barque qui les conduit à un ilot distant du rivage de cent mètres environ. Dans la chapelle de l’île on prend les statues de saint Vincent, de sainte Maxime et de sainte Libérate, qui avaient été portées le matin, aux flambeaux ; on les place sur la poupe, et la procession nocturne commence, la barque étant trainée jusqu’à la plage par six autres barques montées par des rameurs. Elle fait d’abord le tour de l’île. Après avoir cotoyé le faubourg, brillamment illuminé, elle est enlevée et traînée, au moyen de câbles, jusqu’au centre de la ville. Puis enfin, quatre marins portent les statues dans l’église, musique en tête. Il est difficile de s’imaginer un spectacle plus pittoresque que celui des nombreuses barques qui vont et viennent, dans le cours de la journée, pour aller vénérer les saintes reliques et assister aux offices à la chapelle de l’ile Saint-Vincent.
Propre de Perpignan, notes locales, ete.