‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 278 sur 339 · SAINT TRYPHON, ÉVÊQUE DE CONSTANTINOPLE · texte numérisé non relu

SAINT TRYPHON, ÉVÊQUE DE CONSTANTINOPLE

D n’est pas de siége épiscopal au monde qui ait eu de plus mauvais évêques que Constantis nople. Est-il besoin de rappeler Nestorius, Eutychès, Macédonius, — autant d’hérésiarques : Eusèbe de Nicomédie, Photius, Cerulaire, etc. ? Ceux qui ont été Saints, Chrysostome, Flavien, etc., ont été inévitablement persécutés. Saint Tryphon, dont nous célébrons aujourd'hui la mémoire, était un humble moine que l’on arracha de son monastère pour l’élever sur ce cap des tempétes. Etant vertueux il devait déplaire à la cour. Mais on n'avait rien de sérieux à mettre en avant contre lui. Voici la manière tout à fait digne des Grecs dont on s’y prit pour l’écarter. Un évèque courtisan, Théophane de Césarée, s’en vint le trouver et lui tint ce propos : « L'empereur cherche votre ruine, mais ne sait de quoi vous accuser. On lui a fait entendre que vous étiez d’une ignorance à ne pas même savoir écrire. Venez demain au conseil et prouvez le contraire à tous vos détracteurs ». Tryphon, qui avait la simplicité de la colombe et non la prudence du serpent, se rendit le lendemain au palais. — « Tracez-nous », lui dit-on, « vos noms et qualités sur cette feuille de papier ». — Il le fit de sa plus belle main, et le blanc-seing fut immédiatement remis à l'empereur, qui écrivit à son tour : « Moi, soussigné, me reconnais indigne d'occuper le siége de Constantinople ». Le tour était joué. Ceci se passait en 945. On présenta un successeur; mais Rome refusa de le reconnaître tant que saint Tryphon serait vivant. Le siége fut donc vacant plus de deux ans, après lesquels le Pape admit à sa communion le nouvel élu. — Saint Tryphon termina ses jours dans un monastère.

AA. SS., 19 av. p. 624.

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