‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 279 sur 339 · LE BIENHEUREUX CONRAD D’ASCOLI, CONFESSEUR · texte numérisé non relu

LE BIENHEUREUX CONRAD D’ASCOLI, CONFESSEUR

Conrad était de la Marche d'Ancône, il vit le jour dans la ville d’Ascoli en 1234. Il annonça de bonne heure, par ses heureuses dispositions, quelle serait sa sainteté future. Il parut même doué dès son enfance du don de prophétie ; car il était dans l'habitude de se prosterner aux pieds d’un

jeune homme de son âge et de son pays, nommé Jérôme, qui, entré depuis chez les Franciscains, gouverna cet Ordre en qualité de général et devint ensuite pape sous le nom de Nicolas IV.

Dieu lui inspira, à lui aussi, le désir d’entrer dans l'Ordre de Saint-François. Quand il eut réalisé ses vœux, ses supérieurs l’envoyèrent en Afrique. Il y fit des miracles de conversion et des milliers d’infidèles lui durent de devenir chrétiens. Il se dépensa tellement à cette œuvre du salut des âmes, que sa santé, bientôt épuisée, trahit son zèle et ne lui permit plus de continuer ses travaux apostoliques. Il revint en Italie. Le climat le rétablit un peu, et après avoir fait un voyage en France avec le général de son Ordre, le P. Jérôme, il put à Rome, où il se rendit, travailler de nouveau à la sanctification des âmes. Sa Sainteté aida puissamment son éloquence et là encore il fit des merveilles. En quittant Rome pour obéir à l’ordre de ses supérieurs, il alla professer la théologie à Paris. Il s’acquitta de cet emploi de manière à mériter les applaudissements publics ; mais il ne se bornait pas à enseigner dans les écoles ; il annonçait souvent la parole de Dieu au peuple, et visitait assidûment les hôpitaux, dans lesquels il produisit de grands fruits. Son genre de vie était très-austère, et son attention continuelle était de travailler à parvenir, par la pratique des vertus, à la perfection du christianisme. Il avait pour Jésus souffrant une dévotion si tendre qu'il éprouvait quelquefois les douleurs de sa passion ; et sa foi au mystère de la Trinité était si vive, qu’il s’en servait pour combattre le démon et pour guérir les maladies. Mais son ancien général, devenu pape sous le nom de Nicolas IV, le rappela près de lui ; il retournait donc à Rome lorsque la mort l’atteignit à Ascoli en 1289. Un tombeau lui fut élevé par les soins du peuple, et Dieu y opéra de nombreux miracles, Pie IV a autorisé son culte.

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