Eusèbe, H. E., vi
2. Voyez les Pères apostoliques et leur époque, leçons 17 et18; S, Zrénée et l’éloquence chrétienne dans la Gaule, leçon 20; Tertullien, leçon 28.
3. Eusèbe, H. E., vi, 25, 86. — 4. Plhilosoph., 1v, 12. — 5. Juid , x, 1.
losophumena a vécu à Rome sous les pontificats de Zéphyrin et de Calliste ; il a joué, durant tont cet espace de temps, un rôle actif, et opposé successivement à l’un et à l’autre Pape une résistance longue et opiniâtre 1. Or, je le demande, ces détails permettent-ils de songer un seul instant à Origène, qui, venu à Rome, sous le pape Zéphyrin, pour voir l’église de cette ville, y resta peu de temps, où rolù, et retourna immédiatement après à Alexandrie, comme nous l'apprend son historien Eusèbe ? ? Aussi l’opinion que je combats est-elle généralement abandonnée ; et, chose assez singulière, de tous les noms d’auteur entre lesquels s'était partagée la critique, celui que les manuscrits portent en tête est le seul qui ne trouve plus de partisans.
Ajoutons que, malgré certaines exagérations, dues aux entrainements de la polémique, et sauf les vices d'une terminologie encore indécise et flottante, la doctrine d'Origène sur la Trinité est conforme à l’orthodoxie,.
De retour à Alexandrie, Origène reprit ses fonctions de catéchiste qu'il devait remplir seize ans encore dans cette ville. « Accablé de travail, il sentit la nécessilé de partager ses auditeurs en deux classes, se réservant à lui-même l'instruction des plus avancés, pour abandonner à Héraclas le soin de former les catéchumènes 5. De grand matin on venait à lui pour écouter ses lecons, et ce concours de chrétiens ou d'infidèles ne s’arrêtait qu'avec le jour. A côté de cet enseigne ment oral, qui semblait devoir absorber tous ses moments, Origène songeait à entreprendre ses travaux sur l'Ecriture sainte ; or, une pareille tâche aurait suffi à elle seule pour remplir la vie d'un homme.
«lei vient se placer un événement qui devait exercer une grande influence sur la carrière du célèbre écrivain. Vers la fin du rre siècle et au commencement du zrre, le christianisme avait fait des progrès considérables parmi les familles riches d'Alexandrie. Malheureusement, les âmes, désabusées des superstitions paiennes, se trompaient quelquefois de route, et, au lieu de se diriger tout droit vers la véritable Eglise, elles allaient se perdre auparavant dans les sentiers de l’hérésie. Tel avait été le sort d’Ambroise qui, par ses connaissances non moins que par ses richesses, marquait parmi les personnages les plus distingués de la ville d'Alexandrie. La secte des Valentiniens l'avait attiré dans son sein par le faux air de grandeur qu’elle savait prêter à ses théories. Il ne fallut rien moins qu'un commerce assidu avec Origène pour dissiper les illusions du gnostique en le ramenant aux vraies sources de la doctrine. À partir de ce moment, Ambroise devint l'ami fidèle et le protecteur de celui qui l’avait converti. Non content de stimuler par ses paroles l’ardeur de son maitre, il lui procura les ressources nécessaires pour mener à bonne fin une entreprise aussi vaste que la révision intégrale du texte des livres saints. Grâce à la sollicitude généreuse de ce nouveau Mécène, Origène eut, dès lors, à sa disposition, sept secrétaires qui se relevaient tour à tour pour écrire sous sa dictée, autant de copistes qui mettaient au net ce qu’avaient recueilli Les sténographes ; et, de plus, quelques jeunes filles exercées dans l’art de la calligraphie transcrivaient le tout en beaux caractères #. Ambroise fournissait largement aux dépenses occasionnées par cette organisation sans laquelle on ne s’expliquerait pas les immenses travaux d’Origène. L'histoire ne saurait décerner assez d’éloges au noble chrétien qui, par sa munificence, a rendu de si grands services à la littérature ecclésiastique. Le docteur alexandrin, de son côté, s'est montré reconnaissant envers son ami : il l’a immortalisé en lui dédiant la plupart de ses ouvrages.
La science et la vertu d’Ambroise lui méritèrent l'honneur d’être élevé au diaconat. La fureur des païens lui fournit plusieurs fois l'occasion de souffrir pour le nom de Jésus-Christ. Ayant été arrêté durant la persécution de Maximin, il fut traité avec ignominie et dépouillé de ses biens. On le conduisit en Germanie, où l’empereur faisait la guerre : mais la Providence lui sauva la vie ainsi qu'à Prototecte, qui avait été arrêté avec lui. De retour à Alexandrie, il engagea Origène à réfuter Celse, philosophe épicurien, qui avait attaqué la religion chrétienne. Saint Ambroise mourut vers l’an 251. L'Eglise l’honore le 17 de mars avec le titre de confesseur 5. Mais il est temps de revenir à Origène.
Après le Commentaire sur saint Jean, vient se placer, dans l’ordre logique, sinon chronologique, le Livre des Principes ou Periarchon. Cet ouvrage renferme le système philosophique d’Origène : c’est là qu’il enseigne l’éternité du monde en ce sens que Dieu, pour exercer son activité, crée des mondes de rien de toute éternité ; l'égalité primitive de tous les esprits, la préexistence des âmes ou leur création en masse, le salut du démon ; qu'il soutient la théorie des épreuves successives, qu’il s'efforce de concilier la philosophie de Platon avec les dogmes chrétiens : mais il faut bien noter ceci : dans les questions non définies par l'Eglise, il ne prend jamais le ton affirmatif et abandonne ses opinions au jugement des lecteurs ; il déclare, en mains endroits de ses écrits, « qu’il ne faut admettre comme vrai que ce qui ne s'éloigne en rien de la tradition ecclésiastique et apostolique 6 ».
« Nous sommes donc autorisés à conclure de là qu’il n’est jamais venu en idée à Origène de vouloir contester un point quelconque de la doctrine enseignée par l'Eglise. Il a pu se tromper