S. Jérôme, Ep. 70, ad Magnum, n
8. S. Jérôme, de script. eccl. Lxv; Rufin, Zæpos. in 1. vi, c. 23, Eusebüi. Dans son Histoire ecclésiastique, Eusèbe se contente de dire que les affuires de l'Eglise appelèrent Origène en Achaïe.
4. $S. Jérôme nous apprend, en effet, qu’à une certaine époque Ambroise se trouvait à Athènes, d'où
il écrivit à son maître : Zn quadam epistola, quam ad eumdem de Athenis scripserat (Ep. 43 ad Marcellam).
5. Sub teslimonio ecclesiasticæ epistolæ, dit S. Jérôme, de script. eccl.
depuis longtemps à sa grande édition des livres saints, il fut bien aise de trouver à Nicopolis, près d’Actium, une version grecque, qu'il transporta plus tard dans ses Hexaples 1, C’est aussi pendant ce séjour à Athènes qu'il convient de placer l'aventure dont il parle dans une lettre adressée à ses amis d'Alexandrie. Un hérésiarque, avec lequel il avait discuté en public, s'était permis d’altérer le procès-verbal de la conférence, et de mettre sur le compte de son adversaire tout ce qu’il lui semblait bon. Une copie de ce factum arriva jusqu'aux chrétiens de la Palestine, qui se hätèrent de députer un des leurs vers Origène pour lui demander un exemplaire authentique, ce qu’il eut soin de leur envoyer. Quant au sectaire, interpellé sur une licence aussi coupable, il se contenta de répondre : « J'ai voulu orner davantage la discussion et l’expurger. — Jugez, d’après cela, conclut Origène, ce qu’elle était devenue grâce à cette expurgation ? ».
« C’est à la suite de ces combats soutenus pour la cause de la foi, qu'Origène avait regagné la ville d'Alexandrie. Mais la situation était bien changée. En quittant, il avait laissé Démétrius dans des dispositions plus ou moins bienveillantes ; il le retrouva profondément aigri. L’ordination d'un de ses diocésains par des évêques étrangers semblait au patriarche un empiétement sur ses droits; et, à vrai dire, les apparences étaient pour lui.
« L’ordinand était né à Alexandrie, où il remplissait des fonctions publiques ; il ne se trouvait à Césarée qu’en passant, et rien n'indique qu’il ait eu l'intention d’y établir sa demeure, puisque nous le voyons rentrer deux ans après dans son diocèse natal, pour y reprendre la direction du Didascalée. Mais est-il vraisemblable que, déjà au rx1e siècle, les juridictions aient été délimitées avec une précision aussi rigoureuse ? Les lettres testimoniales 3 qu'Origène avaient reçues de la part de son évêque ne lui créaient-elles pas un titre suffisant pour recevoir l'imposition des mains dans un diocèse étranger ? Nous pensons que la coutume du temps justifiait sa conduite et celle de ses amis. C’est, en effet, sur le témoignage de cette lettre ecclésiastique, comme l'appelle saint Jérôme, qu’Alexandre, évêque de Jérusalem, s'appuie dans sa réponse à Démétrius, pour montrer qu’il avait agi conformément au droit; et dans une lettre synodale citée par Justinien, les évêques d'Egypte, y compris le patriarche d'Alexandrie, reconnaissent que l’ordination avait été « véritable et canonique ». Encore aujourd'hui, et sous l'empire d’une législation devenue plus sévère, tout évêque a le droit d’ordonner un sujet qui aura été pendant trois ans son familier ou son commensal, encore que ce dernier ne soit pas son diocésain. Cette concession est fondée sur le lien moral qui se forme par suite d’une si longue cohabitation, et sur la facilité qu'a l’évêque d'apprécier par lui-même le mérite de l’ordinand. Et certes, Origène avait trop vécu dans l'intimité des évêques de Césarée et de Jérusalem, il avait travaillé avec trop de succès dans leurs diocèses, pour que Théoctiste et Alexandre ne fussent pas en état de juger si un tel homme était digne d’exercer les fonctions du sacerdoce.
« Mais l'évêque d'Alexandrie ne se rendit pas aux raisons de ses collègues ; et, pour colorer son opposition d’un prétexte spécieux, il se mit à divulguer un fait connu d’un petit nombre de personnes, et qui remontait à plus de vingt ans. Nous avons vu que, dans un moment d’exaltation juvénile, Origène avait pris à la lettre cette parole du Sauveur : « Il y a des eunuques qui se sont rendus tels pour le royaume des cieux ». S’il fallait s’en tenir au témoignage d’Eusèbe, Démétrius, qui d’abord avait admiré la hardiesse du jeune homme, n’en serait venu plus tard à un blâme public que pour satisfaire sa rancune ; mais tout porte à croire qu’il avait encore une autre intention, celle de montrer que, par cette mutilation volontaire, Origène s'était rendu indigne de recevoir les ordres. Telle serait, en effet, d’après le droit moderne, la conséquence d’un acte semblable ; et il n’est pas douteux que, dans le but d’assurer le respect dû au caractère sacerdotal, l’Eglise n’ait établi dès les premiers siècles une partie des empêchements canoniques, connus sous le nom d’érrégularités. Mais, supposons même, ce qui me parait assez probable, qu’à cette époque-là déjà une pareille faute rendit un homme inhabile à recevoir les ordres, il est clair qu’alors comme aujourd’hui la voie restait ouverte à une réhabilitation. L’obstacle est du nombre de ceux qui peuvent se lever par une dispense légitime ; et si, comme nous le pensons, l’évêque de Césarée avait le droit d'imposer les mains à Origène, rien ne l’empêchait de faire cesser cette irrégularité, soit avant l’ordination, soit après, dans le cas où il eût ignoré le fait auparavant, Démétrius dépassait donc toute mesure, en dénonçant l’action d’Origène « par des lettres adressées aux évêques du monde entier », selon l’expression d'Eusèbe ; et saint Jérôme n’a pas tort de qualifier cette conduite de folie : Tanta in eum debacchatus est insania, ut per totum mundum super nomine ejus scriberet ».
1. Eusèbe, H. E., 1. vi, n. 16; S. Epiphane, de pond. el mens., c. 18,
2. Lettre aux amis d'Alexandrie, citée par Rufin (De adulter. librorum Origenis).
8. Il ne faut pas confondre ces lcttres leslimoniales avec ce que nous appelons aujourd'hui les eftres dimissoriales. Les unes attestent simplement la foi et les bonnes mœurs du candidat, ainsi que l'absence de toute censure ecclésiastique; les autres confèrent à un évêque étranger le droit de l'ordonner. Il est évident que la lettre de Démétrius n'avait par le caractère d'un dimissoire : autrement il n'y aurait eu aucune matière à débat. Les évêques de Palestine eussent agi, dans ce cas, en vertu d'une délégation formelle de leur collègue d'Alexandrie.
4. De script. eccles., e. 54. Saint Jérôme parlait ainsi en 392; mais quelques années plus tard il tiendra un langage tout différent, par suite de ses démêlés avec Rufin,
606 x 22 AVRIL.
« Pour résumer cette première phase du débat, nous devons avouer que les évêques de Palestine avaient agi avec précipitation, et non sans quelque désir de donner une leçon, d’ailleurs bien méritée, à leur collègue d'Alexandrie. Quant à ce dernier, il faut reconnaitre que la passion lui avait fait oublier les devoirs de la justice et de la charité. Vous comprenez dès lors dans quelle situation Origène allait se trouver après son retour en Egypte. Toutefois, tel était l’ascendant de cet homme extraordinaire, que sa présence suffit pour calmer lirritation de l’évêque, du moins pendant quelque temps. Soutenu par l'admiration que lui valaient son talent et la sainteté de sa vie, il put reprendre ses occupations habituelles, et continuer ses travaux sur l'Ecriture sainte, tout en se livrant à l'instruction des catéchumènes. On pourrait même conclure du fait de sa déposition que Démétrius avait fini par l’admettre parmi les prêtres de l’église d'Alexandrie. Mais il est rare que les hommes aient assez d'empire sur eux-mêmes pour oublier désormais ce qui leur avait semblé une atteinte à leur dignité. Rappelons-nous d’ailleurs que les spéculations de l’audacieux écrivain restaient toujours là comme un prétexte pour raviver la querelle et agiter les esprits. Nous ignorons ce qui se passa dans l'intervalle, et comment l'orage, un instant apaisé, se déchaîna de nouveau contre lui et avec plus de fureur que jamais. Ce qu’il y a de certain, c’est qu'Origène, lassé d’une opposition sans cesse renaissante, résolut de s'éloigner pour toujours, laissant à Iléraclas, son disciple, la direction du Didascalée. Il quitta donc Alexandrie en 231, pour ne plus jamais y revenir. Il était alors âgé de quarante-six ans, et en avait passé vingt-huit à Ja tête de l’école catéchétique.
«Le lieu de sa retraite était tout indiqué. L'évèque de Césarée, qui l'avait ordonné prêtre, de concert avec saint Alexandre, évêque de Jérusalem, accueillit sans hésitation l'illustre fugitif, auquel il confia le soin d'enseigner la théologie et d'expliquer l'Ecriture sainte dans l'assemblée des fidèles. Ce fut l'origine de l’école de Césarée, d’où sortirent tant d'hommes éminents, parmi lesquels il suffit de citer saint Grégoire le thaumaturge et son frère Athénodore, saint Pamphile et Eusèbe. Mais l’animosité de l’évêque d'Alexandrie devait poursuivre Origène jusque dans cet asile. Aussitôt après le départ du mailre des catéchèses, Démétrius réunit un synode, composé d’évêques et de prêtres, où il lui ôta le droit d'enseigner et l’exila d'Alexandrie. Non content de cette première mesure, il assembla quelque temps après un nouveau synode, où il prononça contre lui une sentence de déposition, ce qui équivalait à lui interdire toute fonction sacerdotale ; et s’il faut en croire saint Jérôme, il aurait poussé la violence jusqu’à l'excommunier 1. Le même docteur ajoute qu’à l'exception des évêques de Palestine, d'Arabie, de Phénicie et d’Achaïe, le monde entier consentit à la condamnation d'Origène ?. Ce résumé porte des traces évidentes d’exagération, comme tout le passage d'où il est tiré, et dans lequel saint Jérôme, entrainé par sa verve, appelle les adversaires du grand Alexandrin « des chiens enragés qui abojent contre lui ». Dans son langage hyperbolique, le véhément écrivain aime assez à prendre une partie du monde pour le tout, comme, par exemple, lorsqu'il dit dans un endroit que tout l'univers, éofus orbis, gémit et s’étonna d’être devenu arien. Certes les évêques de ces quatre contrées n'étaient pas les seuls qui eussent embrassé la cause d'Origène. Ainsi nous trouvons parmi ses adhérents les plus fidèles le métropolitain de la Cappadoce, saint Firmilien, qui n’hésitait pas à utiliser son ministère pour les églises de l'Asie Mineure 3, Un fait assurément très-grave serait la condamnation d'Origène par le pape Pontien. Saint Jérôme affirme en effet « que Rome elle-même assembla contre lui son sénat ». Mais quel fut le résultat de cette assemblée? Y eut-il une sentence confirmant celle de Démétrius ? Voilà ce que nous ignorons absolument. Un renseignement précieux nous permet de conclure que Rome, toujours attentive à surveiller le mouvement des doctrines dans l’Eglise universelle, se préoccupa des erreurs d'Origène plus que de ses démèêlés personnels avec Démétrius. Voici les paroles de saint Jérôme : « Origène lui-même, dans une lettre adressée à Fabien, évêque de Rome, témoigne son repentir d'avoir écrit de telles choses, et reporte la cause de ses témérités sur Ambroise, qui avait rendu publics des écrits destinés à ne jamais voir le jour # ». Tout s’éclaircit par là : les pontifes romains s'étaient émus des opinions singulières du théologien oriental, et celui-ci avait compris la nécessité de se justifier auprès de l'Eglise qu’il appelle « la plus ancienne de toutes ». Il est bien regrettable que nous ne possédions plus cette lettre au pape Fabien, dont parlent également Eusèbe et Rufn, et qui honore la modestie de l’auteur, en même temps qu’elle rend hommage à l’autorité suprème des évèques de Rome. Vous remarquerez aussi, que l’explication d’Origène équivaut à un aveu formel des erreurs répandues dans ses écrits.
« Peu de temps après son arrivée en Palestine, Origène se remit au travail avec plus d’ardeur que jamais. Une âme moins fortement trempée que la sienne eüût peut-être cédé au découragement en présence de si rudes épreuves ; mais l’homme aux entrailles d’airain, comme on l’appelait de son temps, ne se laissa point abattre par les persécutions auxquelles il était en butte. Il chercha ses consolations dans l'étude, dans la prédication, dans la défense de Jésus-Christ et de l'Eglise ; et les vingt-trois années qui suivirent son exil d'Alexandrie devinrent les plus fécondes
1. Photius, biblioth., Cod. 118. — 2. Ep. 33 à Paula, citée par Rufin, Apol. contre saint Jérôme, 1. x, €. 20. — 3. Lusèbe, H. E., vi, 27.
4. S. Jérôme, ép. 84, ad Pammachium et Oceanum, n. 10; Eusèbe, H. E., vi, 86; Rufin, Apol. contre saint Jérôme, 1. pe
de sa vie. Il les passa tour à tour à Césarée de Palestine, à Césarée de Cappadoce, à Athènes et à Tyr, sans parler des séjours moins prolongés qu'il fit à Jérusalem, à Nicomédie et en Arabie, où il fut appelé à deux reprises pour y combattre des hérésies naissantes. C’est pendant cette période, et malgré les hasards d’une existence si agitée, qu'il acheva le vaste monument dont il avait jeté les bases à Alexandrie, je veux dire ses Heæaples, la plus grande œuvre de patience qui ait jamais été accomplie par un homme. À côté de ce travail purement grammatical et philologique, il reprit la suite de ses commentaires sur les différentes parties de l'Ancien et du Nouveau Testament ; et enfin ses prédications continuelles dans les églises l’obligèrent à composer plus de mille homélies prononcées devant le peuple, C’est sous ce nouvel aspect que l’ordre des temps et la liaison des matières nous amènent à étudier l’activité théologique et littéraire d'Origène.
« Comme nous venons de le dire, les travaux d’Origène sur lEcriture sainte sont, ou critiques, ou exégétiques, ou panérétiques, suivant qu'ils ont pour objet de préciser la lettre même du texte sacré, ou d'en déterminer le véritable sens, ou bien d'en tirer des instructions pour les fidèles. Plusieurs raisons avaient porté l’infatigable érudit à entreprendre sa fameuse édition des livres saints. Depuis des siècles, la version des Septante existait à côté du texte original, qu’elle remplaçait auprès de ceux qui ne savaient pas l’hébreu. Juifs hellénistes et chrétiens s’en servaient également dans les assemblées du culte et pour l’enseignement des écoles : émanant d'auteurs juifs antérieurs au christianisme, elle ne devait inspirer aucune défiance aux descendants d'Israël, Aussi Aristobule, Philon et Josèphe en avaient-ils fait usage non moins que les écrivains du Nouveau Testament. Elle passait même pour inspirée aux yeux d’un grand nombre de juifs ; et cette opinion, rejetée à bon droit par saint Jérôme, avait trouvé de l'écho chez quelques auteurs chrétiens 1. Bref, la version des soixante-dix interprètes jouissait de part et d'autre d’une égale autorité, et la controverse gagnait en clarté par la diffusion d’un texte accessible à tout le monde et dont l’origine ne pouvait être suspecte à personne. Mais quand les juifs s’aperçurent qu’on les battait par leurs propres armes, et qu’on se servait contre eux d’une traduction provenant de leurs ancêtres, ils se mirent à en contester la fidélité, et à faire valoir les différences insignifiantes qu'on remarque entre elle et l’original hébreu. De là les anathèmes dont ils accablèrent la version des Septante, jusqu’à ordonner un jour de jeûne annuel en expiation d’un tel crime 2. Il s'agissait donc de confronter, ligne par ligne, cette version avec le texte hébreu, pour montrer en quoi ils s'accordent et par où ils diffèrent, de manière à enlever aux juifs tout prétexte de calomnier les chrétiens 3. D’aulre part, comme nous l’apprend Origène, les exemplaires grecs de VAncien Testament présentaient d'assez nombreuses variantes, soit par la négligence des copistes, soit par la prétention qu'affichaient certains interprètes de vouloir corriger le texte, en ajoutant ou en retranchant à leur gré #, Un travail de révision critique devenait nécessaire afin de démèler la leçon primitive au milieu de ces remaniements postérieurs. Enfin, dans la seconde moitié du r1e siècle, il s'était produit trois versions grecques de la Bible, dont la première avait pour auteur le juif Aquila, et les deux dernières, Théodotion et Symmaque, appartenant l’un et l’autre à la secte des ébionites. Versés tous les trois dans la connaissance de la langue hébraïque, de pareils traducteurs s’éloignaient trop de l’orthodoxie pour qu’on püt les accuser d’avoir voulu favoriser la cause de l'Eglise par les aveux que leur arrachait la cause de la vérité. Dès lors quelle utilité n’y avait-il pas à réunir, dans un seul et même ouvrage, le texte original avec les différentes traductions, et à présenter au lecteur, pour chaque verset de l’Ecriture, les leçons les plus autorisées ? Toute contestation disparaissait devant l'accord des interprètes ; et en cas de divergence, il devenait facile de se prononcer pour l'un ou pour l’autre. Un travail de ce genre ne pouvait manquer d'ouvrir une mine féconde à la controverse comme à l’enseignement,
« Mais aussi quel travail ! Pour le mener à bonne fin, il ne fallait rien moins que transcrire la Bible sept ou huit fois, depuis le premier mot jusqu’au dernier, en ayant soin de noter les moindres différences qui pouvaient exister entre le texte des Septante et celui des autres interprètes. Origène ne se laissa point effrayer par la perspective d'une collection qu'on peut évaluer à plus de cinquante volumes. Il fit d’abord un recueil en quatre colonnes. Dans la première, il plaça la version d’Aquila, comme étant celle qui se rapproche davantage du texte hébreu par sa scrupuleuse exactitude ; venait ensuite la traduction de Symmaque, moins fidèle que la précédente, mais plus polie et plus claire ; la troisième colonne contenait la version des Septante, point central auquel se rapportait tout le reste; suivait enfin le texte de Théodotion, qui s'éloigne le moins des soixante-dix interprètes, sur les pas desquels il marche presque toujours. Ce tableau synoptique ea quatre colonnes prit le nom de Tétraples. Les quatre principales traductions grecques marchaient ainsi de front, offrant au lecteur autant de leçons diverses qu'il lui était aisé de
1. S. Jérôme, Præf.in Pent.; Apol. adv. Rufinum, x, 2 : Aliud est enim vatem, aliud interpretem esse. Ibi spiritus ventura prædicit; hic eruditio et verborum copia ea quæ intelligit, transfert.