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MARTYROLOGES. Gil
au cinquième ? La chose n’est pas douteuse. Mais l'essentiel est de bien fixet le sens des jugements rendus contre Origène par les pouvoirs de l'Eglise. Sur ce point, la maxime de Huet restera comme le vrai mot de la question : « Si l’on entend par hérétique un ‘homme qui erre sur un dogme de la foi, il est impossible de ne pas apptiquer à Origène cette qualification; mais si l’on veut désigner par là celui qui manifeste l’intention de persévérer dans son erreur, lors même qu’elle aurait été réprouvée par l'Eglise, qui oserait dire pareille chose d’Origène? »
:« C’est dans le premier sens, et nullement dans le second, que les conciles ont condamné l’auteur du Periarchon. Car il est évident qu’un homme ne peut pas devenir plus hérétique après sa mort qu'il ne l'était pendant sa vie. Or, de son vivant, Origène n'avait pas songé un instant à rompre la communion avec l'Eglise. Les évèques de l'Egypte l'avaient proscrit, mais beaucoup d’autres s'étaient prononcés en sa faveur; et d’ailleurs, en écrivant une lettre au pape Fabien pour désavouer ses erreurs, il montrait assez combien son esprit était éloigné de cette opiniätreté orgueilleuse qui fait l’hérétique proprement dit. Rappelons-nous ses déclarations si fermes et si explicites sur la nécessité de se conformer en tout point à l’enseignement de l'Eglise ; aussi des évèques dont l’orthodoxie n’est pas suspecte, l’avaient-ils appelé à prècher dans leurs diocèses, et à combattre l’hérésie sous toutes les formes. Après avoir vécu constamment dans la communion de l'Eglise, Origène y était mort, réconcilié même avec l’église d'Alexandrie, comme latteste la marque de déférence que lui donnait saint Denis, patriarche de cette ville, en lui adressant son livre du Martyre peu de temps auparavant. Il résulte de tout cela que les conciles n’ont pu lui appliquer la qualification d’hérétique dans le sens où ils l'infligeaient à Arius, à Nestorius et à tous ces réfractaires qui s'étaient mis en révolte ouverte contre l'autorité de l'Eglise. Leurs décisions ne signifient pas autre chose, sinon qu’il y a dans les écrits d’Origène des erreurs qui contredisent les dogmes de la foi, et qui, par suite, constituent en elles-mêmes de véritables hérésies, Bref, ce qu'ils ont voulu frapper, c’est l’origénisme, c’est-à-dire ce système qui commence par l'hypothèse de la préexistence des âmes et qui finit par la théorie des épreuves successives. Or, l’on m’accordera, sans doute, que ce sont là des erreurs capitales, dont les conséquences ne tendent à rien moins qu’à ruiner la foi chrétienne. Si elles avaient conservé la forme vague, indécise, hypothétique, qu’elles revêtaient sous la plume de l’auteur, il est à croire qu'aucune condamnation solennelle ne serait venue les atteindre. Voilà ce qui explique l’indulgence avec laquelle les pouvoirs de l’Eglise avaient traité ces rêveries, pendant près de cent cinquante ans. Mais du moment que les hérétiques s’en faisaient une arme, et que des disciples maladroits, renchérissant sur les témérités du maitre, les réduisaient en corps de doctrines pour les opposer à l’orthodoxie, il fallait bien que les conciles sortissent de leur réserve pour frapper le mal dans la personne de celui qui en était la source. Et la preuve qu’ils ont frappé juste, c’est que l’origénisme n’a plus marqué depuis lors dans l’histoire de l'Eglise ».
Origène, Cours d’éloquence sacrée fait à la Sorbonne pendant les années 1866 et 1867, par M. l'abbé Freppel, doyen de Sainte-Geneviève, professeur à la Faculté de théologie de Paris (aujourd’hui évêque d'Angers). — M. Migne a donné les œuvres complètes d'Origène, texte grec et latin, dans les tomes xr à xvur de sa Patrologie grecque : il y a joint les écrits qui regardent Origène.
XXIIF JOUR D'AVRIL
MARTYROLOGE ROMAIN
La naissance au ciel de saint GEORGES, martyr, dont l’Eglise de Dieu honore le triomphe, glorieux entre ceux des autres Saints qui ont souffert la mort pour la foi. 303. — A Valence, en France, le supplice des saints martyrs FÉLix, prêtre, FORTUNAT et ACHILLÉE, diacres, qui, ayant été envoyés par saint lrénée, évêque de Lyon, pour prêcher la parole de Dieu, et, ayant converti la plus grande partie de cette cité à la foi de Jésus-Christ, furent arrêtés par le général Cornélius et jetés en prison; puis, après avoir été longtemps battus, ils eurent les jambes brisées, furent attachés à des roues tournant avec rapidilé, suspendus au chevalet pour y endurer le tourment de la fumée, et enfin furent achevés par le tranchant de l'épée. 212. — En Prusse, la naissance au ciel de saint ADALBERT, évêque de Prague, qui prècha l'Evangile dans la Pologne et dans la Hongrie. 997. — À Milan, saint Marole, évêque et confesseur. 423. — A Toul, en France, saint GÉRARD, évêque de ce siége. 994.
612 93 AVRIL MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ
À Corbie, sainte Pusine, vierge champenoise, sœur de sainte Lindrue, consacrée par saint Alpin, évêque de Chälons- sur-Marne. Son corps fut porté en l’abbaye d'Herford, en Allemagne, du temps de Charles le Chauve. ve s. — A Saumur, le vénérable GILLES DE TYR, archevêque de Tyr, en Phéuicie, légat de la croisade publiée par l’ordre d’Urbain IV, du temps de saint Louis. 1266. — À Ajaccio, %e bienheureux ALEXANDRE SAULI, évêque et confesseur. 1592. Il fut béatifié en 1742.
MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX
Martyrologe de l'Ordre des Franciscains. — À Pérouse, le bienheureux GILLES, confesseur, compagnon de notre séraphique Père saint François, qui brilla d'un grand éclat par sa pauvreté, sa chasteté et ses autres vertus, et célèbre par les grâces qu'il reçut du ciel aussi bien que par ses miracles avant et après sa mort. 1272.
ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES
Chez les Grecs, les saints Protoléon, Athanase, Valère, Anatole, Glycère, Donat, Thérin, mar- Lyrs. Les cinq derniers furent convertis par saint Georges. 803. — En Irlande, saint Ibar, évêque, qui dirigea le célèbre monastère de Beg-Erin, où il fut enseveli, et qui avait sous son autorité un nombre considérable de maisons religieuses en Irlande, vie s. — À Suelli, en Sardaigne, saint Georges, évêque. 1117. — A Udine, en Vénétie, la bienheureuse Hélène, veuve, du Tiers Ordre des Ermites de Saint-Augustin, qui, le même jour des funérailles de son mari, coupa ses cheveux qu'elle avait fort beaux et les déposa sur la bière du défunt en disant : « Je ne les conservais que par affection pour toi : emporte-les dans la tombe ». 1459,
LES SAINTS FELIX, FORTUNAT ET ACHILLÉE MARTYRS ET FONDATEURS DE L'ÉGLISE DE VALENCE 212. — Pape: Saint Zéphirin, — Empereur romain : Caracalla.
Soyez vigilants, demeurez fermes dans la foi: agissez courageusement et chassez toute crainte. Z Cor.;xvr, 13.
Le bienheureux Irénée, évêque de Lyon, et qui plus tard fut martyr, avait été choisi, par une disposition spéciale de la Providence, pour établir, avec une admirable solidité, les fondements de la foi dans une partie des Gaules. Il avait envoyé le prêtre Félix, qui devait réaliser dans sa vie le bonheur que promettait son nom, Fortunat, dont le nom présageait de même les richesses d’une heureuse fin, et avec eux le diacre Achillée, dans la province de Valence, afin d'y répandre les semences de la parole divine. La foule des gentils avait accueilli ces missionnaires avec un sympathique empressement ; on les avait entourés des plus grands honneurs, et tous les aimaient d’une tendre affection mêlée de respect. Pour eux, soldats de la milice du ciel, ils n'avaient qu’un désir, celui d'accomplir ici-bas, dans les travaux et les sacrifices, les fonctions de la charge dont ils portaient le glorieux titre. Bientôt Dieu fit éclater en eux la puissance des miracles d’une . manière merveilleuse ; ils guérissaient les possédés que tourmentait l’esprit de malice, et les malheureux affligés de quelques difformités monstrueuses, et céux que les maladies de tout genre condamnaient à une mort prématurée; armés du secours d’en haut, ils rendaient aux âmes leur ancienne vigueur, aux corps leurs forces premières. Tous ces miracles répandus au loin, et par l'éclat qui les accompagnait et par la reconnaissance et les éloges qu'ils excitaient, ne pourraient être suffisamment racontés dans un récit aussi abrégé que celui dans lequel nous nous renfermons. D'ailleurs,