XIE JOUR DE JUILLET
MARTYROLOGE ROMAIN
À Rome, saint ANACLET, pape et martyr, qui gouverna l'Eglise après saint Clément, et l’honora par un glorieux martyre. 96. — Le même jour, les saints JoL et Espras, prophètes. vie et ves. av. J.-C, — En Macédoine, le bienheureux Silas, qui, étant un des premiers entre les Frères, fut destiné par les Apôtres pour aller avec saint Paul et saint Barnabé, vers les Eglises des Gentils. Il s’acquitta de cette mission avec tout le zèle d’un homme rempli de la grâce de Dieu; enfin, après avoir glorifié Jésus-Christ par ses souffrances, il mourut en paix. 1er s. — De plus, saint Sérapion, martyr, qui, sous l’empereur Sévère et le président Aquila, parvint par le feu à la couronne du martyre. 1112 s. — Dans l'ile de Chio t, sainte Myrope, martyre, qui, sous l'empereur Dèce et le président Numérien, ayant été assommée à coups de leviers, passa de la terre au ciel. Vers 250. — En Afrique, les saints confesseurs EUGÈNE, évêque de Carthage, recommandable par sa foi et ses vertus, et tous les membres du clergé de la même église, au nombre d’environ cinq cents, ou mème davantage, qui, durant la persécution des Vandales, sous Hunéric, roi arien, endurèrent les fouets et la faim ; et, parmi eux, plusieurs enfants qui servaent de lecteurs ; tous souffrirent avec joie les rigueurs d’un cruel exil. Les plus considérables d’entre eux étaient l’archidiacre nommé Salutaire, et Muritte, le second des officiers de cette Eglise, qui, étant pour la troisième fois confesseurs de Jésus-Christ, eurent la gloire d’avoir persévéré constamment dans son service. — En Bretagne, saint TURIAF, évêque et confesseur, homme d'une simplicité et. d’une innocence admirables. 749.
MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ
Au diocèse de Beauvais, sainte MAURE et sainte BRIGIDE, vierges et martyres; elles furent massacrées à Balagny, près de Creil (Oise), avec saint Hyspade, leur frère, et deux autres de leur compagnie, pour la défense de leur virginité. ve s. — A Paris, sainte Sponse, vierge et martyre. Elle était l’une des compagnes de sainte Ursule et fut massacrée avec elle, près de Cologne, par les Huns. Son corps se gardait anciennement à Paris, dans l’église de l’Abbaye-aux-Bois, et l’on y célébrait sa fête à pareil jour. Ce monastère de Paris, appelé aussi Bois-aux-Nonnains et Notre- Dame aux Bois {Abbatia libera, Roseum Nonnarum), était une maison de femmes, de l'Ordre de Citeaux, fondée l’an 1202 par Jean, seigneur de Nesles, châtelain de Bauges, et Eustachie de Saint-Paul, sa femme. Vers 453. — À Liége, en Belgique, le bienheureux Albert, abbé du monastère de Saint-Jacques (Sanclus Jacobus Leodicensis, Insula Mosæ), de l'Ordre de Saint-Benoît, fondé à Liége sous l'invocation de saint Jacques le Mineur, l’an 4044, dans une île de la Meuse, par Baldéric le Jeune, évèque de Liége — A Deventer, ville de Hollande (Over-Yssel), sainte Mildrède, vierge et abbesse de Minstrey, en Angleterre Elle était fille de Merwald, prince des Merciens et d’Ermenburge. Son frère Mervin et ses sœurs Milburge et Milgithe, sont également nommés dans les calendriers des Saints d'Angleterre. On l’honore en Angleterre le 20 février. Si son culte s’est élabli à Deventer, c’est que ses reliques y ont été transférées, on ne sait à quelle époque 2. vrres. — En Auvergne, sainte Perronnelle ou Pétronille, première abbesse d'Aubeterre (A/ba Terra), ancien monastère de l'Ordre de Saint-Benoît, dans le diocèse de Périgueux. Elle fut d'abord mariée à saint Gilbert, premier abbé de Neuffontaines, en Auvergne, dont nous avons donné la vie au 1 juin. Elle en eut une fille nommée Ponce. Son mari, au retour de la croisade qui eut lieu en 1141, sous Louis le Jeune, résolut de quitter le monde pour embrasser la vie religieuse. Comme sainte Perronnelle partageait les goûts de son mari, il ne fut pas difficile à celui-ci d'obtenir le consentement dont il avait besoin pour exécuter sa pieuse résolution ; et comme leur fille entrait
1. Aujourd'hui Scio, île de l'archipel grec, au sud dé Lesbos, à 88 kilomètres ouest de Smyrne, près de la côte occidentale de l’Asie-Mineure dont elle n'est séparée que par un canal étroit, 2, Voir la note 4, tome 11, page 9598.
aussi dans leurs vués, ils donnèrent la moitié de leurs biens aux pauvres, et l’autre moitié fut employée à bâtir deux monastères, l’un d'hommes et l’autre de femmes. Ce dernier fut placé sous l'invocation des saints Gervais et Protais. Perronnelle, s’y étant retirée avec sa fille, en devint la première abbesse, et le gouverna jusqu’à sa mort avec tant de sagesse, que l'Eglise l’a placée au nombre des Saints. xI1e s.
MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX
Martyrologe des Frères Précheurs. — À Gênes, le bienheureux JACQUES DE VORAGINE, de 1Ordre des Frères Prêcheurs, archevèque de Gênes, qui brilla par sa doctrine, sa prédication, sa sainteté et ses miracles. 1298.
Martyrologe des Carmes. — À Albe, en Espagne, au monastère de la Sainte-Incarnation, translation du corps trouvé exempt de corruption de sainte Thérèse, carmélite.
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ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES
Au diocèse de Cologne, saint Anaclet, nommé au martyrologe romain de ce jour. — A Alexandrie, les saints Sérapion, Trophime, Mélée, Evangèle, Propose, Attale, Zénon, Ménée, prètre, Trophima, vierge, et Macrobe, martyrs, cités par saint Jérôme. — A Trieste, ville forte des Elais autrichiens (fllyrie), sainte Justine et saint Zénon, martyrs. Justine, condamnée à mort pour avoir refusé de sacrifier aux idoles, se rendait au lieu du supplice, quand le juge, nommé Zénon, lui dit par moquerie : « Epouse du Christ, ne manque pas au moins de nous envoyer de beaux fruits du jardin de ton Epoux ». La vierge fit à Dieu sa prière, et remit aussitôt à un enfant qui se trouvait près d'elle un linge rempli de fruits de toute beauté, en lui disant : « Va remettre à Zénon ces fruits qu’il m'a demandés ». L'enfant obéit, et un miracle aussi manifeste convertit le juge qui reçut le jour même la palme du martyre. fre s. — Au désert de Scété, dans l’Ecypte imférieure, sainte Sara, vierge et abbesse. Pendant treize années entières, elle eut à surmonter les plus violentes tentations, et par cette seule prière : « Seigneur accordez à votre servante le don de force », elle sortait toujours victorieuse des assauts du démon. Fin du 1vVe s. — A Eichstædt, en Bavière, saint Juvénien le Grand, confesseur. En 1623, on découvrit dans l’église abbatiale des Bénédictins de Hersfeld (Hesse-Cassel), les reliques de notre Saint, et on en transféra une portion dans l’église des Jésuites d’'Eichstædt. — A Hiérapolis, ville de Phrygie, sainte Cholinduche ou Golinduche, surnommée la martyre vivante. Sortie d’une illustre famille des Mages, elle fut élevée dans leurs superstitions. Elle épousa un des premiers personnages de la Perse dont elle eut deux fils. Trois ans après son mariage, elle apprit par un ange, dans une extase, les mystères de la religion chrétienne qu’elle se hâta d’embrasser. Sa conversion étant devenue publique, les Mages lui firent subir divers tourments pour la forcer à l’apostasie, mais elle triompha de leurs efforts. Dieu la favorisa du don des miracles et du don de prophétie, de manière qu’elle prédisait l'avenir et découvrait les choses sacrées. Après avoir converti sa famille et un grand nombre de Persans, elle s’endormit doucement dans le Seigneur. Commencement du vire s. — En Palestine, saint Elienne le Thaumaturge, moine de la laure de Saint-Sabas, près Jérusalem. Il était neveu de saint Jean Damascène. 794. — À Wurtzbourg, en Bavière, saint Arnton, évêque de ce siége, qu’il accepta sur les instances de Charles le Gros, roi de France et empereur. Il se distingua par ses vertus et se rendit célèbre par la reconstruction de sa cathédrale; il fut massacré par des scélérats, à l'autel même, pendant qu'il célébrait les divins mystères,
JOEL ET ESDRAS, DEUX DES DOUZE PETITS PROPHÈTES VIIe et ve siècles avant Jésus-Christ.
Sicut nubes bajulant pluviam et effundunt eam super terram, sic prophetæ, qui nubes dicuntur, accipiunt verba a Deo et effundunt super rationabilem terram.
De même que les nuées transportent la pluie et 1& versent sur la terre, de même les prophètes, appelés nuées par l'Ecriture, reçoivent de Dieu leurg oracles et vont les répandre sur le champ de 1& raison.
S. Joan. Chrys., om. xx sup. Matth.
L’'Ecriture ne nous apprend rien de la vie ni de la mort de Joël, ni du temps auquel il a vécu, ni de sa patrie. Elle n’en dit autre chose sinon qu'il était fils de Phatuel. Saint Jérôme, saint Augustin et Théodoret ont cru que ce Prophète était contemporain d’Osée, soit parce qu’ils prédisent tous deux les mêmes choses, soit parce que Joël suit immédiatement Osée dans le texte hébreu, suivant cette maxime reçue de plusieurs interprètes : « Quand l’époque des Prophètes n’est pas marquée à la tête de leurs livres, c’est une preuve qu’ils ont exercé leur ministère avec ceux qui les précèdent ». S'il était bien certain que la famine et le ravage des sauterelles, dont il parle au premier chapitre de sa prophétie, fut la même plaie que celle qu'Amos avait en vue lorsqu'il se plaignait qu’elle était arrivée sans avoir pu toucher les cœurs de ceux qui en avaient été affligés, on pourrait fixer le temps auquel Joël a commencé à prophétiser vers la vingt et unième année du règne d’Ozias, en laquelle ce fléau commença à se faire sentir. Mais ce point est fort contesté, et plusieurs habiles interprètes soutiennent que la stérilité et la sécheresse marquée dans Joël, sont celles qui arrivèrent du temps de Jérémie dont ils prétendent que Joël était contemporain.
Quoi qu’il en soit, ce Prophète ne parle pas des dix tribus : toute sa prophétie regarde celles de Juda et de Benjamin. En même temps qu’il annonce à ces tribus ce qui devait leur arriver, il prédit la venue du Messie, qu'il appelle le docteur de la justice, l’établissement de son Eglise, la descente du Saint-Esprit sur toute chair, la vertu du nom de Jésus-Christ, qu’il dit devoir être si grande que quiconque invoquera ce saint nom sera sauvé. Le style de Joël, dans les deux premiers chapitres, est simple et convient parfaitement à la matière qu’il y traite; mais, dans la suite, il s'élève et devient plus pompeux et plus figuré, ce qui rend la fin de ses prophéties beaucoup plus obscure que le commencement.
On le voit représenté : 4° entre deux lions qui le déchirent; cette caractéristique paraît assez bizarre, d'autant plus qu’elle semble accuser un martyre que n’a jamais enduré le Prophète; ce ne peut être qu’une allusion aux paroles qu’il adresse aux Juifs quand il leur prédit la dévastation de leur pays : « Une nation s’est jetée sur ma terre, elle est forte et innombrable; ses dents sont comme les dents du lion, et la mächoire comme
celle du lionceau » ; 2° debout, tenant le cartouche ou phylactère sur lequel se lisent les principaux textes de sa prophétie; 3° debout, voyant en vision le soleil et la lune : nous ne saisissons pas bien le sens de cette caractéristique. Peut-être a-t-on voulu dire par là que le Prophète reçoit les oracles cachés de Jéhovah, figurés par la lune, qui est l’astre de la nuit, et qu'il les répand sur la terre avec des paroles éblouissantes de clarté, symbolisées par le soleil, l’astre du grand jour; mais alors cette caractéristique serait générale et s’appliquerait indifféremment à tous les Prophètes.
Esdras, fils de Saraïas, grand sacrificateur, que Nabuchodonosor mit à - mort à Réblata, après la prise de Jérusalem, était de la race sacerdotale d’Aaron par la branche d’Eléazar. Emmené tout jeune à Babylone, il y fut élevé dans l’obscurité et les tribulations de la captivité. Mais il s’appliqua sérieusement à l'étude des livres saints, et l'Ecriture dit de lui qu’il « était Scribe et fort habile dans la loi de Moïse »; c’est-à-dire un homme trèsinstruit des affaires de police et de religion, suivant les lois de Moïse et les coutumes de la nation juive.
Les soixante-dix années de captivité prédites par Jérémie étaient presque écoulées, lorsque Cyrus, roi des Perses, ayant pris Babylone et s’étant rendu maître de l'empire des Mèdes, des Assyriens et des Chaldéens, publia un édit portant permission aux Juifs de retourner en leur pays, avec ordre de rebâtir le temple de Jérusalem. Ils partirent au nombre de près de cinquante mille personnes, sous la conduite de Zorobabel, prince de la famille royale de David et petit-fils de Jéchonias. Entre les noms des prêtres qui suivirent Zorobabel, on trouve celui d’'Esdras. Mais il s’en retourna ensuite à Babylone solliciter la permission de continuer le rétablissement du temple. I] était dans cette ville la septième année du règne d’Artaxerxès, surnommé Longue-Main. Cette année même i obtint de ce prince des lettres de retour pour lui et pour tous ceux qui voudraient le suivre à Jérusalem. C'étaient des lettres de recommandation, en forme d’édit, aux gouverneurs des provinces renfermées dans l'étendue du royaume d’Artaxerxès, pour les obliger à assister Esdras et tous ceux de sa nation en tout ce qui dépendrait d’eux, à l'effet de favoriser leur rétablissement. Le roi ordonnait aussi à ses trésoriers de fournir à Esdras tout ce qu'il leur demanderait tant en argent qu’en froment, en vin, en huile et en sel. Il accordait de plus l’immunité de tribut et de toutes charges publiques aux prêtres, aux lévites, aux chantres et autres ministres du temple du Seigneur. Enfin il donnait plein pouvoir à Esdras d’établir des magistrats pour juger le peuple, avec pouvoir de condamner et de punir d’amendes, et même de peines corporelles et de mort, le laissant au surplus le maître d'enseigner la loi à ceux qui auraient besoin d’en être instruits.
Esdras, muni de ces lettres de la part du roi et « soutenu de la main du Seigneur », assembla un assez grand nombre d’Israélites, et se mit en chemin pour retourner à Jérusalem. Etant arrivé sur le bord du fleuve Ahava, et ayant remarqué qu'il n’y avait parmi le peuple ni prêtres, ni lévites, il en envoya demander à Eddo, chef de ceux qui demeuraient à Chaspia; celui-ci lui envoya trente-huit lévites et deux cents Nathinéens, qui étaient les serviteurs du temple. Après avoir publié un jeûne et imploré le secours de Dieu par la prière, Esdras partit du bord du fleuve Ahava le douzième du premier mois de l’an du monde 3537, suivi de dix-sept cent soixantequinze hommes, et arriva heureusement à Jérusalem le cinquième mois de la même année,