ÉCRITS DE SAINT EUSTATHE
Les ouvrages que saint Eustathe avait composés contre les Ariens, et qui étaient fort célèbres dans le ve siècle, ne sont point parvenus jusqu’à nous. Il nous reste de lui un Traité sur la Pythonisse ou magicienne d'Endor, que Léon Allatius a publié avec une savante dissertation, et qui a été réimprimé dans le huitième tome des Critici sacri. L'auteur veut y prouver, contre Origène, que la magicienne n’évoqua point et ne put évoquer l’âme de Samuël, mais qu’elle fit seulement paraître un spectre représentant le Prophète, dans le dessein de tromper Saül. Il y enseigna expressément que, sous la loi mosaïque, les âmes des justes reposaient dans le sein d’Abraham, qu'aucune ne pouvait entrer dans le ciel avant que Jésus-Christ n’en eût ouvert les portes ; mais que les chrétiens, en cela plus heureux que les Patriarches et les Prophètes, ont l'avantage d'être unis au Sauveur dans la gloire immédiatement après leur mort, s'ils ont mené une vie sainte. Ce traité est bien écrit, et il justifie les louanges que les anciens ont données au saint patriarche d’Antioche. Sozomène dit, en parlant des ouvrages de saint Eustathe, qu’on les admire. pour la pureté du style, la sublimité des pensées, la beauté de l'expression ; mais rien n'a plus contribué à sa gloire que cette patience héroïque avec laquelle il supporta les horreurs de la calomnie, son injuste déposition, la disgrâce de son prince, qu'il n'avait point méritée, et l'exil qui en fut la suite.
Nous avons encore divers fragments du livre que saint Eustathe avait composé sur l’Arie ; de son discours sur ces paroles des Proverbes : Le Seigneur m'a créé dès le commencement de ses votes ; de ses explications sur le psaume xve et xcrie; de son écrit sur les Inscriptions et les Titres des Psaumes.