‹ Les petits Bollandistes (volume 4)Chapitre 163 sur 229 · SAINT ENNODE, ÉVÊQUE DE PAVIE · texte numérisé non relu

SAINT ENNODE, ÉVÊQUE DE PAVIE

ciple de saint Epiphane. Il gouverna son Eglise avec un zèle et une autorité apostoliques.

Le pape Hormisdas jeta les yeux sur lui pour travailler à la réunion des églises d'Orient et d'Occident. L’empereur qui régnait alors était Anastase, Il fomentait la division en favorisant l’hérésie d'Eutychès. Il employait encore contre l’Eglise la dissimulation, vice détestable, surtout dans les personnes qui commandent.

L’évêque de Pavie fit deux voyages à Constantinople, l’un en 515, avec Fortunat, évêque de Catane, et l’autre en 517, avec Pérégrin, évêque de Misène. Les instructions données par le Pape portaient qu’on travaillât à faire recevoir les décrets du concile de Chalcédoine, et les lettres de saint Léon contre Nestorius, Eutychès, Dioscore et leurs sectateurs; à faire souscrire l’anathème prononcé contre Acace de Constantinople et Pierre d’Antioche ; à demander à l’empereur le retour des évêques qui avaient été exilés pour leur attachement à la foi. Anastase témoigna à l’extérieur un grand désir de la paix. En congédiant les légats, il leur donna une lettre pour le Pape, dans laquelle il déclarait qu’il condamnait Nestorius et Eutychès, et qu’il recevait le concile de Chalcédoine. Il promit d'envoyer des ambassadeurs à Rome pour terminer les autres articles; mais son unique but était de gagner du temps. Il bannit même quatre évêques d’Illyrie pendant qu'Ennode était à Constantinople. I1 différa d’envoyer ses ambassadeurs jusqu’au milieu de l’année suivante; encore n’envoya-t-il point d’évêques, comme il l’avait promis, mais deux laïques, dont l’un se nommaït Théopompe, et l’autre Sévérien. Cette ambassade n’aboutit, du côté des Orientaux, qu’à faire des protestations vagues pour le bien et la paix de l'Eglise. Hormisdas répondit qu’il n’avait rien plus à cœur; qu’il se jetait même aux pieds de l’empereur afin d’implorer sa protection pour que le bon ordre fût rétabli partout.

Le second voyage qu’Ennode fit à Constantinople ne produisit pas plus d'effet que le premier. Anastase ne voulut point admettre le formulaire que le Pape avait dressé pour l’union des deux Eglises; il essaya mème de corrompre les légats par argent : mais voyant qu’ils étaient à l'épreuve d’une pareille tentation, 1l les fit embarquer secrètement sous la garde de deux préfets et de quelques autres officiers qui avaient ordre de ne les laisser entrer dans aucune ville. Les légats trouvèrent cependant le moyen de distribuer partout leurs protestations contre ce qui s’était fait. Les évêques qui en reçurent des exemplaires, les envoyèrent à Constantinople, de crainte de se voir accusés, ce qui aigrit encore davantage l’empereur. Le premier effet de son ressentiment fut de renvoyer chez eux près de deux cents évêques qui étaient sur le point de s’assembler à Héraclée pour pacifier les troubles de l'Orient. Voilà où aboutit la parole qu’il avait donnée de concourir au rétablissement de la paix entre les deux Eglises. Le sénat et le peuple lui ayant reproché la violation du serment qu’il avait fait, il répondit froidement qu’il y a des circonstances où il est permis à un prince de se parjurer. Une telle réponse confirma dans tous les esprits les soupçons que l’on avait de l’attachement secret d’Anastase aux opinions impies des Manichéens.

Cependant Ennode, à qui tous les ports de l'Orient étaient fermés par l’ordre de l’empereur, courait un danger imminent de périr. Le vaisseau sur lequel il avait été forcé de s’embarquer était vieux et vermoulu; on ne pouvait guère espérer qu’il suffit pour faire le trajet. Il le fit pourtant, et le saint évêque aborda sain et sauf en Italie.

De retour dans son diocèse, il s’'appliqua plus que jamais à la sanctification de son troupeau. On eût dit que ce qu’il avait souffert pour la foi avait donné plus d’activité à son zèle en donnant un nouveau lustre à ses vertus, La conversion des pécheurs, le soin des pauvres, l’ornement des églises, la composition de quelques poëmes sur des sujets de piété, partagèrent tout son temps jusqu’à sa mort, qui arriva le 1% août 521. Il était âgé de quarante-huit ans. Les papes Nicolas I* et Jean VIII lui donnent le titre de grand et de glorieux confesseur. Il est nommé dans le martyrologe romain sous le 47 juillet.

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