SAINTE MACRINE DE CÉSARÉE, VIERGE
ils forcent les portes de la maison, s'emparent des deux vierges, les enchaînent et les conduisent au juge de la ville nommé Diogénien. Celui-ci, après les avoir interrogées, voyant leur constance dans la foi, ordonne de les soumettre à la question. Il Les fait étendre sur le chevalet et déchirer avec des ongles de fer; puis, ne pouvant vaincre leur courage, il les fait traîner en prison et jeter dans un cachot. :
Quelque temps après, le cruel tyran les fit comparaître à son tribunal, et pensant que leur cœur avait été changé par les souffrances, il leur parla doucement, cherchant à les gagner par ses promesses ; mais les deux saintes martyres restèrent sourdes à ses flatteries. Il ordonna alors qu’on les trainât, nu-pieds, au milieu des ronces, des épines et des rochers, puis quand leurs corps eurent été déchirés et à moitié brisés, il commanda qu’on les renfermât de nouveau dans leur prison infecte. Sainte Juste y mourut peu après, recevant la première la couronne du martyre. Son corps fut jeté dans un puits très-profond, d’où l’évêque de Séville le fit retirer, pour lui donner une honorable sépulture.
Le président espéra tirer meilleur parti de sainte Rufine. Il se la fit amener, et tâcha encore de la séduire ; mais la trouvant invincible dans la foi, il lui fit écraser la tête. Saint Sabin, ému de pitié, réunit ses restes précieux à ceux de sa compagne. Comme elles vécurent et souffrirent ensemble, leurs âmes vivent à jamais ensemble dans la joie des cieux, en attendant la glorieuse résurrection de leurs corps.
Sainte Rufine est encore invoquée par les potiers dans le diocèse de Montauban ; à la paroisse de Montgaillard, canton de Lawvit, il y a sa statue. Autrefois on y venait en procession d’Auvillars. Son culte a un peu diminué parce que l’industrie des potiers a presque disparu.
Ribadeneira, et IVotes locales fournies par le R. P. Carles, de Toulouse.