CHANOINE RÉGULIER DE L'ÉGLISE SAINT-SERNIN DE CETTE VILLE
Vers 4074. — Pape : Grégoire VII. — Roi de France : Philippe Ier,
Solutus es ab uxore? noli quærere uxorem.
Etes-vous dégagé des liens du mariage, ne cherchez point à les renouer, mais demeurez dans la conti= nence.
Z Cor., vir, 27.
Cet excellent homme, que nous pouvons appeler, selon le style de lEcriture sainte, un homme de miséricorde, dont les actions de piété ont été continuelles et n’ont pu finir qu'avec sa vie, naquit à Toulouse, capitale du Languedoc, sous le règne de Henri I, Pons III étant comte de Toulouse, et Roger occupant le siége de cette ville. Ses parents, illustres par leur naissance, eurent un soin particulier de son éducation, et lui imprimèrent de bonne heure l'estime et la crainte de Dieu, autant que son âge en était capable. Il donna, dès ce temps-là, des marques de l’éminente sainteté à laquelle il arriverait un jour ; car, au lieu de se plaire aux jeux et aux divertissements qui sont presque toute l’occupation de l’enfance, il se donna au culte de Dieu ; sa plus grande joie était de le prier et de le visiter dans les églises. Après de brillantes études, comme il témoignait être enclin aux fonctions ecclésiastiques, on le plaça dans une communauté de jeunes clercs attachés au chapitre de la basilique de Saint-Sernin ou Saint-Saturnin, qui appartenait alors aux chanoines réguliers de Saint-Augustin. Il y fit quelque temps l'office de chantre, non pas comme religieux, mais comme clerc séculier. Cependant, se défiant trop de lui-même et craignant de ne pouvoir pas résister aux tentations contre la chasteté, il quitta cet emploi et se maria dans la crainte de Dieu. Il ne fit pas paraître moins de vertu et de dévotion dans ce nouvel état, que dans les précédents. Il s’y acquitta de tous les devoirs d’un véritable chrétien, rendant à Dieu et à son prochain ce que la loi de l'Evangile ordonne de leur rendre, en évitant tous les vices qui corrompent les saintes mœurs.
Son épouse étant morte par une conduite particulière de la divine Providence, qui le destinait à une vie plus parfaite, il suivit ce conseil de V’Apôtre : « Etes-vous dégagé d’une femme, n’en cherchez point d’autre, mais demeurez dans la continence ». En effet, il fit dès lors profession d’une chasteté très-parfaite ; et, pour en empêcher la perte, il commença à châtier son corps par des jeûnes, des veilles et d’autres macérations trèsrigoureuses, le regardant comme un rebelle qu’il fallait dompter, et comme un ennemi auquel il fallait ôter Le pouvoir de le combattre et de lui nuire,