‹ Les petits Bollandistes (volume 4)Chapitre 73 sur 229 · SAINTE VÉRONIQUE GIULIANI, VIERGE · texte numérisé non relu

SAINTE VÉRONIQUE GIULIANI, VIERGE

ABBESSE DU MONASTÈRE DES CLARISSES DE CITTA DI CASTELLO, EN ITALIE 1660-1727. — Papes : Alexandre VII; Benoît XIII. — Rois de France : Louis XIV; Louis XV.

« Formositas lucis corporez index animæ fuit : vultus vitæ similis.

La beauté éclatante de son corps était le reflet de celle de son âme : son visage était le miroir de sa vie. Acta Sanctorum.

Cette Sainte naquit le 27 décembre 1660, à Mercatello, petite ville du duché d’Urbin, dans les Etats de l'Eglise. Elle eut pour père François Giuliani, et pour mère Bénédicte Mancini, tous deux de familles honorables et aisées. Elle était la dernière de sept filles qui furent les fruits de leur union. Elle reçut au Baptème le nom d’Ursule. On ne l’entendit pousser aucun des cris ordinaires aux enfants. Le mercredi, le vendredi et le samedi, jours consacrés à honorer la Passion de Jésus-Christ et la sainte Vierge, elle n’acceptait le lait de sa mère, ou toute autre nourriture, que deux fois et en petite quantité, commençant dès lors ses jeûnes. Le 12 du mois de juin, jour de la sainte Trinité, l’an 1661, elle s’échappa des bras de sa mère et alla d’un pas ferme, toute seule, vénérer un tableau attaché à la muraille, et représentant le mystère du jour. A partir de ce moment elle marcha sans le secours de personne. Une année après, se trouvant dans une boutique, avec une servante de sa mère, elle dit, d’une voix claire, au marchand qui cherchait à tromper sur le poids : « Soyez juste, car Dieu vous voit ».

À peine âgée de trois ans, elle avait des communications familières avec Jésus et Marie. Elle avait fait devant une image de la sainte Vierge tenant l'enfant Jésus un autel qu’elle ornait avec un goût merveilleux. Dans sa simplicité, elle s’adressait à Notre-Dame et au divin Enfant, comme si l'image eût été vivante. Souvent elle plaçait son déjeûner sur l’autel en priant Jésus d'en prendre sa part. La très-sainte Vierge se plaisait à tant d’innocence et à tant de simplicité. Quelquefois l’image devenait vivante, et Jésus, se détachant du cadre, descendait dans les bras d’Ursule et se laissait embrasser. D’autres fois, le divin Enfant partageait avec sa petite servante les fruits placés sur l’autel.

Un matin qu'Ursule cueillait des fleurs pour en orner son autel, l’enfant Jésus lui dit : « Je suis la fleur des champs ».

Sa mère mourut lorsque la Sainte avait environ quatre ans; avant d’expirer, elle fit venir près d'elle les cinq filles qui lui restaient, car elle en avait perdu deux; après leur avoir donné de salutaires avis, elle les mit sous la protection des cinq plaies de Notre-Seigneur ; elle en assigna une à chacune d'elles. La plaie du côté fut celle qui échut à Ursule. Cette plaie, qui devint l’objet particulier de sa dévotion, fut aussi pour elle la source de toutes les grâces et de toutes les vertus.

Elle eut de bonne heure une tendre charité pour les pauvres. Un jour

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