Pape : Jean VII. — Roi de France : Childebert III
Vitæ cœlestis cupidus cuncta terrena facile derelinquit. * Celui qui désire la vie céleste abandonne facilement tous les biens de la terre.
S. Grégoire le Grand, kom. x1 sup. Evang.
S'il y eut un grand nombre de saints religieux tirés de leur solitude ou de leur cloître, pour être élevés sur le trône épiscopal, il y eut aussi beaucoup d’évêques qui sont descendus de leurs trônes pour se faire religieux et se retirer dans le cloître et dans la solitude. Nous en avons deux exemples très-éclatants dans la personne de saint Hidulphe et de saint Dié, dont l’un laissa l’archevêché de Trèves, en Basse-Allemagne, et l’autre l’évêché de Nevers, en France, pour s’aller cacher dans les déserts des montagnes des Vosges, qui séparent la Lorraine de l’Alsace et de la Bourgogne, et donnent naissance à la Moselle du côté du septentrion, et à la Saône du côté du midi.
Saint Hidulphe était d’une très-noble famille de Bavière : il naquit à Ratisbonne. Il conserva dans son enfance, dans sa jeunesse, pendant ses études, l'innocence et la pureté de son baptème, et se préserva des vices auxquels cet âge est sujet. Il faisait ses délices de soulager les pauvres et de venir en aide à tous les malheureux. Préparé dès son enfance aux vertus ecclésiastiques, il renonça aux espérances flatteuses que lui offrait le monde, embrassa l’état ecclésiastique et se fit recevoir au nombre des clercs dans la ville de Ratisbonne. Son exemple fut suivi par Erard, son frère, qui devint depuis évêque régionnaire à Ratisbonne et dans la Bavière. Ce fut
ïrard qui baptisa sainte Odile, et notre saint Hidulphe assistait à ce baptême, qui produisit un effet si miraculeux.
Hidulphe, entendant un jour cette parole du Sauveur : « Celui qui délaissera sa maison, quittera son père, sa mère, ses frères ou ses sœurs, par respect pour mon nom, recevra le centuple et jouira de la vie éternelle », quitta aussitôt sa famille et son pays, prit le chemin de la Sicambrie ou Gueldres, et arriva dans la ville de Trèves, illustrée alors par des religieux qui répandaient partout la bonne odeur de leurs vertus. Sans craindre les rigueurs de la pénitence, l’intrépide soldat de Jésus-Christ se mêla dans leurs rangs. Sous la discipline monastique, sa vie fut tellement fervente, que les moins vertueux envièrent sa piété, et qu’il fut chéri de ses égaux et de ses supérieurs.
Le saint archevêque de Trèves, Numérien, considérant la science, la maturité, la vie angélique d’Hidulphe qui, sur l’aile de toutes les vertus, volait à la perfection, l’arracha de son monastère, et le retint près de lui, afin qu’il lui succédt après sa mort. Il l’associa dès lors à sa vie pastorale, et Hidulphe s’en acquitta avec autant de piété que de courage. Numérien