DR SR I SAINT AGILE OÙ AILE, PREMIER ABBÉ DE REBAIS
AU DIOCÈSE DE MEAUX 650. — Pape : Saint Martin Ier, — Roi de France : Clovis IN.
Ce n'est pas un grand mérite d'être humble dans une position infime, mais c'est une grande et rare vertu d'être humble au milieu des honneurs.
! Saint Bernard.
Saint Agile, que nous appelons vulgairement saint Aïle, eut pour père Agnoald, un des principaux seigneurs de la cour de Childebert I, roi d’Austrasie et de Bourgogne ; sa mère s'appelait Deutérie, et était aussi d’une naissance distinguée et de la première noblesse de Bourgogne : l’un et l’autre étaient d’accord pour mener une vie très-chrétienne, qui servait de modèle de perfection à tous ceux qui les connaissaient. Ils s’exerçaient avec une grande exactitude à la pratique de toutes les œuvres de piété et de charité envers le prochain, soutenant de leurs biens et de leur autorité les pauvres veuves et les orphelins, faisant de grandes aumônes, recevant chez eux les pèlerins et les voyageurs, et se rendant les protecteurs des affligés ; ces exemples contribuèrent merveilleusement à inspirer de bons désirs et à donner une sainte éducation au petit Agile. Ses parents eussent bien souhaité le conserver dans leur famille pour leur propre satisfaction ; mais saint Colomban, qui était venu d'Irlande en France, étant venu loger chez Agnoald, père de notre Saint, et ayant reconnu les rares qualités et les saintes inclinations de son fils, alors âgé de sept ans, fit connaître à son père qu'il devait consacrer son fils au service de Dieu. Les pieux parents, obéissant à ces conseils, prièrent saint Colomban de donner sa bénédiction à leur enfant, et ils le conduisirent bientôt au monastère de ce saint abhé, à Luxeuil, en Bourgogne.
Agnoald, faisant ainsi un sacrifice à Dieu de son fils, voulut aussi faire des présents dignes de sa libéralité au monastère de saint Colomban. Il donna des livres, des meubles et d’autres biens convenables pour augmenter la facilité de recevoir un plus grand nombre de religieux. Le jeune Aile fut