‹ Les petits Bollandistes (volume 5)Chapitre 106 sur 220 · SAINT GAUZLIN, TRENTE-QUATRIÈME ÉVÊQUE DE TOUL ET CONFESSEUR · texte numérisé non relu

SAINT GAUZLIN, TRENTE-QUATRIÈME ÉVÊQUE DE TOUL ET CONFESSEUR

torrents de pluie tombassent sur toutes les terres qui environnaient les champs où ils étaient.

Tant de merveilles et une si grande sainteté, attirèrent un grand no'nbre de personnes nobles, de la cour et des autres endroits du pays, qui embrassèrent l’état religieux, sous la sage conduite de l’abbé de Rebais. Saint Philibert, premier abbé de Jumiéges, en Normandie, fut un des plus célèbres disciples de saint Aile. Enfin, après avoir ainsi travaillé pour la gloire de son Dieu, et avoir formé à son service un grand nombre de saints personnages qui ont depuis soutenu la gloire de l’état monastique, étant fort âgé, et n'ayant plus de désirs que pour le ciel, il pria Dieu de le retirer de ce monde ; sa prière ne fut pas longtemps sans être exaucée, car, peu de temps après, ce vénérable abbé mourut le 30 du mois d'août, vers l’an 650, âgé d'environ soixante-sept ans. Plusieurs malades, qui implorèrent son assistance, reçurent subitement la santé dans le temps qu’on se disposait à le mettre en terre. Un religieux du monastère, qui était travaillé d’une fièvre très-violente, reçut une parfaite guérison en touchant un linge qui était sur son cercueil. Un autre religieux, qui souffrait d'un mal de dents fort douloureux, fut aussi sur-le-champ délivré de cette incommodité, en faisant toucher sa tête au tombeau du Saint.

Saint Agile ou saint Aile est en grande vénération à Rebais et dans tous les environs. À un kilomètre de la ville existe une chapelle, où les pèlerins se rendent le vendredi de chaque semaine. Cette chapelle vient d’être reconstruite par les soins de M. l’abbé Remy, fondateur de l’Orphelinat agricole de Saint-Aile. Le chœur de l’église paroissiale de Rebais servait d’oratoire à saint Aile ; c’est là qu'il a été inhumé, et on possède encore la pierre qui recouvrait son tombeau. Il ne reste des reliques de saint Aile qu'un os du bras ; elles ont été détruites pendant la Révolution. Une procession s0lennelle, où l’on porte les châsses, a lieu le lundi de la Pentecôte.

Il ne reste plus rien de l’ancien monastère de Rebais : le marteau révolutionnaire a tout détruit. On voit cependant encore quelque ruines insignifiantes sur l’emplacement de l’abbaye.

Mabillon; Légendaire de Morinie; Notes locales fournies par M. Cottin, curé-doyen de Rebais.

SAINT GAUZLIN ,

TRENTE-QUATRIÈME ÉVÊQUE DE TOUL ET CONFESSEUR. 962. — Pape : Jean XII. — Roi de France : Lothaire.

Non magnum est te episcopum fieri; sed episcopum pauperem vivere, id plane magnificum.

Que vous soyez devenu évêque, ce n'est pas une chose surprenante; mais que vous viviez en évêque pauvre, c'est une chose admirable.

Saint Bernard, Lettres.

A Dreux ou Drogon, trente troisième évêque de Toul, succéda Gauzlin, français d’origine et de l’une des plus illustres maisons du royaume. Il 1, Nous rétablissons le nom vénérable de ce prélat suivant l'orthographe primitive et d'après des titres authentiques.

avait été élevé à la cour, où il s'était acquis l’estime des grands. Charles le Simple, qui le connaissait, ménagea son élection dans le chapitre de Toul. Ïl fut sacré le 16 des calendes d’ avril (17 mars) 922 par Rotger, archevêque de Trèves, Wigeric de Metz el Barnoin de Verdun qui vint l'installer à Toul à la prière des deux autres prélats.

Les commencements de son administration pastorale furent agités. Henri l’Oiseleur ayant prétendu que Charles le Simple lui avait fait absolue cession du royaume de Lorraine, en avait pris possession et avait exigé le serment des seigneurs. Gauzlin de Toul, de même que Wigeric de Metz, ne reconnaissant point d'autre souverain que Charles, le seul descendant de la maison de Charlemagne, refusa de prêter serment à Henri et ne céda qu’à la force. Cependant l’empereur s'étant insensiblement rendu maître du royaume, Gauzlin accepta le nouveau gouvernement et s’atlacha à ce monarque, avec autant de fidélité qu'il avait fait au fils de Louis If, dit le Bègue. Aussi Ilenri ne laissa échapper aucune occasion de lui en témoigner sa gratitude. Par une charte de 928, il lui donna la ville et le comié de Toul, pour en jouir, lui et ses successeurs, avec tous les droits régaliens. Ce litre devint le principe et le solide fondement des droits de souveraineté que les évêques de Toul ont ensuite exercés dans toute l'étendue du comté de ce nom. Notre vénérable prélat prit part à plusieurs conciles dans lesquels fut traitée l'affaire d’Artaut et de Hugues quise disputaient l’archevêché de Reims, savoir : celui de Verdun en décembre 947, celui de Mouzon en janvier 948, et celui d'Ingelheim en juin de la même année.

L'abbaye de Saint-Epvre avait perdu son ancien éclat, et par suite des malheurs dont la guerre avait affligé le pays, le relâchement s’y était introduit. Saint Gauzlin rendit à cette abbaye des bâtiments et des revenus suffisants pour y loger et nourrir quarante religieux. Il les plaça sous la conduite d'Archembaud, très-versé dans la discipline monastique et très-propre à l'exécution de son dessein. Ce qu’il avait fait pour le monastère de Saint- Epvre, il l'entreprit, avec un succès égal, pour les autres établissements du même genre, de son diocèse et de celui de Châions. Il communiqua le zèle d’une salutaire réforme aux prélats de son voisinage. A son exemple, Adalbéron I*, évêque de Metz, introduisit la réforme dans les abbayes de Saint-Arnoul et de Gorze; et Bérenger, évêque de Verdun, prii Gauzlin de lui envoyer des moines de Saint-Epvre dans le but de réformer ceux de Saint-Vanne.

Pour maintenir et fortifier chez les religieux cette heureuse transformation, notre zélé prélat remit les sciences en honneur dans sa ville épiscopale, Il y fit venir Adson, religieux de l’abbaye de Luxeuil, Franc-Comtois d’origine, alors dans la fleur de l’âge et réputé l’un des plus savants et des plus saints personnages de son temps. Il le chargea des écoles de l’abbaye de Saint-Epvre, où les clercs de l'évêché allaient étudier, avec les religieux de ce monastère et d’autres encore que l’on s'empressait d’y envoyer.

Saint Gauzlin sut obtenir, pour son église, l’abbaye de Montierender, celles de Moyenmoutier, d'Offonville et de Poulangy, au diocèse de Langres. La plupart de ces maisons lui avaient déjà auparavant appartenu ; des seigneurs méchants ou ambitieux les lui avaient enlevées. Il échangea celle de Varennes, à l’évêque de Langres, contre le village de Bauzemont.Il revendiqua celle de Bonmoutier à l’abbesse d’Andelau (Alsace), qui prétendait en avoir la propriété, mais que Gauzlin prouva, devant l’empereur Othon, dépendre de sa cathédrale. Il acquit d’autres biens considérables

dont il gratilia la mense capitulaire. Il acheta, pour une part, et pour

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