SAINT ÉTIENNE
PREMIER ROI ET APOTRE DES HONGROIS 4038. — Pape : Benoit IX. — Roi de France : Henri Ier.
Noli aviditate imperandi ponere tibi ante oculos pro vincias latissimas, qua tua regna diffundas ; terram quam portas, rege.
Dans votre ambition de commander, ne jetez pas les yeux sur d'immenses provinces pour les fondre dans votre empire; gouvernez la terre que vous portez.
Saint Augustin.
La Hongrie, appelée autrefois Pannonie, à cause de l'abondance des blés et de toutes sortes d’autres biens qui y naissent, a pris son nom des Huns, qui la conquirent sur les Romains et s’y établirent. Geysa, le quatrième duc des Huns, ou Hongrois, conçut une grande estime pour notre sainte religion, par les conversations qu’il en eut avec quelques prisonniers chrétiens. Des missionnaires qui vinrent dans le pays firent fructifier ces premières impressions et le convainquirent de la divinité de cette même religion, dont les maximes lui paraissaient si belles et si raisonnables. Il résolut donc de l’'embrasser. L’éclat que devait faire cette démarche, la férocité d’un peuple attaché à ses anciennes superstitions, ne purent ralentir son zèle pour la vérité. Il reçut le baptême avec Sarloth, sa femme, et plusieurs des principaux seigneurs de sa cour.
La princesse Sarloth fut si frappée des mystères et des grandes vérités du christianisme, qu’elle tendit à la perfection avec une ferveur digne des Saints. Quelque temps après, elle devint enceinte. Pendant sa grossesse, elle eut une vision dans laquelle saint Etienne lui assura que l’enfant qu’elle portait dans son sein achèverait l’œuvre qu’elle et son mari avaient commencée, et qu’il exterminerait le paganisme du milieu de son peuple.
Cet enfant naquit en 977, à Gran ou Strigonium, qui était alors la méiropole du pays. Il reçut au baptême le nom d’Etienne, à cause de la vision qu'avait eue sa mère. Les historiens d'Allemagne et le Père Stilting prétendent que ce sacrement lui fut administré par saint Adalbert, évêque de Prague, qui prêcha quelque temps l'Evangile aux Hongrois. On lui donna pour gouverneur le pieux Théodat, comte d'Italie, qui, de concert avec saint Adalbert, lui inspira de bonne heure de vifs sentiments de religion.
Etienne sut prononcer le nom admirable du Sauveur avant de savoir demander du pain, ni saluer son père et sa mère. On vit en lui, dès l’enfance, de si belles inclinations pour la piété, qu’on ne douta point qu’il n’accomplit fidèlement ce que le ciel avait promis et prédit. Il fit les plus rapides progrès dans ses études. On le voyait presque toujours aux côtés de