SAINT GENNEBAUD OU GÉNEBAUD, PREMIER ÉVÈQUE DE LAON
copal, et réconcilie au Seigneur ceux qui font pénitence de leurs iniquités ».
« Gennebaud, frappé d’une trop grande terreur, ne pouvait répondre, Alors l’ange du Seigneur le rassure et l’exhorte à se réjouir de la miséricorde de Dieu envers lui. Enfin, réconforté, l’évêque répond qu’il ne peut sortir, parce que son seigneur et père saint Remi a emporté la clef et scellé la porte de son sceau. Alors l’ange : « Pour que tu ne doutes pas », dit-il, « que j'ai été envoyé par le Seigneur, comme le ciel t'est ouvert, qu’ainsi cette porte soit ouverte ». Et aussitôt, sans briser le cachet, la porte s’ouvrit. Gennebaud, alors, se prosternant en croix sur le seuil, s’écria : « Quoique le Seigneur Jésus-Christ lui-même ait daigné venir à moi, indigne pécheur, je ne sortirai point d’ici que celui qui m’y a enfermé en son nom ne vienne m'en tirer ». À cette réponse l’ange se retire.
« Cependant saint Remi passait cette même nuit en prières dans le caveau situé sous l’église de Notre-Dame de Reims. Le saint homme, fatigué de veiiler, est ravi en extase et voit un ange à ses côtés qui lui raconte ce qui vient de se passer, et lui ordonne d'aller en toute hâte à Laon, de rétablir Gennebaud sur son siége et de lui persuader de remplir son ministère pastoral. Le bienheureux se lève sans hésiter et se rend à Laon. Là il trouve Gennebaud prosterné sur le seuil de sa cellule et la porte ouverte sans que le sceau en ait souffert. Alors, lui ouvrant ses bras en versant des larmes de joie, et louant la miséricorde du Seigneur, il le relève, le rend à son siége et au ministère épiscopal, et retourne à Reims plein d’allégresse.
« Quant à Gennebaud, soutenu par la grâce de Dieu, il passa ensuite tout le reste de sa vie dans l’exercice de l'humilité, publiant hautement ce que le Seigneur avait fait pour lui. Aussi mourut-il dans la paix, compté au nombre des Saints du Seigneur, après avoir longtemps (cinquante ans) occupé le siége de Laon ».
En 549, étant fort âgé, il députa son archidiacre, Médulphe, au cinquième concile d'Orléans, assemblé contre les erreurs de Nesiorius et d'Eutychès. Il mourut le 5 septembre, jour où il est mentionné au martyrologe romain. Depuis l’année 1852, sa fête se célèbre le 4 septembre dans le diocèse de Soissons et Laon. Longtemps on a conservé à la cathédrale de Laon les reliques de saint Gennebaud, et plusieurs chapelles y ont été érigées en son honneur.
La chute de saint Gennebaud doit nous inspirer une grande défiance de nous-mêmes. Souvenons-nous qu’il n’est pas de péché si énorme commis par un homme, qui ne puisse être commis par tout autre homme. Et si nous avons eu le malheur de commettre de grandes fautes, ne désespérons jamais de la miséricorde de Dieu, pourvu que. nous lui demandions la grâce d’une sincère pénitence et d’un ferme propos de ne plus nous exposer à tomber dans les mêmes fautes.
Tlodoard; Hinemar; les Bollandistes; Arnaud d'Andilly ; Dom Lelong; Carlier; Colliete