LE BIENHEUREUX GENTIL DE MATELICA, MARTYR A TORINGIE
même à une reine. Soutenue par les deux évêques, elle s’approcha avec crainte des reliques vénérées, y pria avec ferveur et fut incontinent guérie.
En 1050 ou 1052, le corps de saint Bertin fut retrouvé dans une crypte, sous la vieille chapelle de Saint-Martin, où on l’avait caché pour le soustraire à la fureur des Normands. En 1237, Pierre, évêque de Thérouanne et de Cambrai, enferma les précieuses reliques dans une châsse d'or et d'argent, enrichie de pierres précieuses, et en fit la translation avec une grande solennité.
Le monastère fondé par saint Bertin a jeté un grand éclat sur l'Eglise de France. Ses annales ne comptent pas moins de vingt-deux Saints, outre un grand nombre de prélats sortis de son sein. T1 eut encore la gloire d’abriter dans ses murs saint Anselme et saint Thomas de Cantorbéry, persécutés, l’un par Henri Ier, et l’autre par Henri Il, rois d'Angleterre. EL plus tard, quand les moines de cette même ville de Cantorbéry furent expulsés, en 1207, par le roi Jean, cent d’entre eux vinrent demander asile à leurs frères de Saint-Bertin, et en furent accueillis avec une touchante hospitalité,
Le martyrologe romain et celui de France, ceux d'Usuard, d'Adon et de Florus, les calendriers de Buccelin, de Trithemius, de du Saussay, de Chaslelain, de Monalus, d'Ypez, font mémoire de saint Bertin. Sa fête est fixée au 5 septembre.
Lorsque, dans les années de la Révolution française, non-seulement on chassait les religieux de leurs maisons, mais on dilapidait et on profanail encore ce qu'il y avait de plus saint et de plus sacré, la chàsse de saint Bertin, ayant été achetée par un particulier, une femme pieuse de la ville de Saint-Omer, nommée la veuve Coulon, devant qui elle fut ouverte, pria cet homme avec instance qu'il lui permit d'emporter chez elle les ossements qu'elle contenait. Ce qu'ayant obtenu, elle les recueillit avec la plus grande dévotion et les conserva jusqu'à ce que la paix ayant été rendue à l'Eglise de France, le lundi de la semaine de la Passion, 24 mars 1806, Mgr Charles de La Tour-d'Auvergne-Lauraguais, évêque d'Arras, accompagné du clergé, s'y transporta processionnellement et avec la plus grande solennité, au milieu d'une foule immense de peuple, qui, de tous les quartiers de la ville, était accourue pour assister à la cérémonie faite à la maison de ladite veuve, et également au transport desdits ossements dans l’église de Saint-Denis.
Là, après la messe qui fut suivie d'un discours analogue à la cérémonie, Mgr l’évêque fit faire ouverture de la boite daus laquelle étaient renfermés les ossements que la veuve Coulon avait conservés pieusement chez elle. Cette ouverture eut lieu en présence d’un grand nombre de personnes. Mgr l'évêque reconnut les ossements, auxquels était joint l’authentique, pour être les précieux restes de la dépouille mortelle de saint Bertin, qui avaient été renfermés dans l’ancienne châsse, lorsqu'on en fit l'ouverture en 1688 ; il fit dresser procès-verbal du tout par deux notaires et deux chirurgiens, et authentiqua de nouveau ces précieuses reliques et les recommanda à la vénération publique ; puis, après les avoir montrées aux fidèles présents à la cérémonie, il apposa son sceau sur la boîte qui les contenait, après y avoir renfermé les deux authentiques, et elle fu déposée dans la sacristie, pour y rester jusqu’à ce qu'on la renfermät dans la châsse à ce destinée, M. Ducrocq, desservant de Saint-Denis, charmé de posséder dans son église ce trésor précieux, s’empressa, de concert avec les marguillers, de donner une chapelle pour l'y placer. C’est celle qui se trouve la première collatérale du côté de l'Evangile,
Nous avons extrait cette biographie de la Vie des Saints de Franche-Comté, et nous l'avons complétée avec des Votes locales fournies par M. Villy, curé de Saint-Denis, à Saint-Omer. — Cf. Le Légendaire de Morinie et les Vies des Saints du diocèse de Cambrai et d'Arras, par l'abbé Destombes,
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