SAINT TAURIN, MARTYR
ÉVÊQUE DE L'ANCIEN SIÉGE D'EAUZE, DIOCÈSE ACTUEL D'AUCH Epoque incertaine.
Il est beau sans doute d'admirer les travaux des Saints, mais il est utile au salut de suivre leurs enseign:ments. Saint Jean Climaque.
Saint Taurin fut le quatrième successeur de saint Paterne, que saint Sernin, l’apôtre, non-seulement de Toulouse, mais encore de toutes les contrées voisines des Pyrénées, établit premier évêque d’Eluse ou Eauze, alors métropole de la Novempopulanie, comme on appela longtemps la Gascogne actuelle. Il remplissait tous les devoirs d’un habile et vigilant pasteur, lorsqu'une nuée de barbares, attirés par l’appât d’un riche butin, vinrent menacer la cité épiscopale.
Forcé de s’éloigner avec une partie de son troupeau, Taurin se réfugia dans Auch, où il eut soin d'apporter les corps de saint Paterne, de saint Servand, de saint Optat et de saint Pompidien, ses prédécesseurs, l’autel consacré à Marie par saint Sernin et saint Paterne, quand ils avaient fondé le siége d’'Eauze, et des reliques, qui nous montrent combien était cher et précieux, aux yeux des premiers fidèles, tout ce qui rappelait plus spécialement le souvenir de la Mère du Sauveur. C’étaient des cheveux de la sainte Vierge, un morceau d’une de ses robes et quelques parcelles, soit de la pierre de son sépulcre, soit de la terre sur laquelle elle rendit le dernier soupir. Du reste, cette fuite et les circonstances qui l’accompagnèrent avaient, dit-on, été prédites par saint Paterne; car, à son lit de mort, le disciple de saint Sernin aurait fait entendre ces paroles prophétiques : « Moi, le premier, trois après moi, et nul autre ensuite ; après quoi le siége sera changé. Que celui qui emportera d’ici l'autel et les reliques de la Vierge, ne laisse ni moi, ni eux ».
Auch, où se retira saint Taurin, se partageait, à cette époque, en deux cités très-distinctes : CZlimberris, la ville gauloise, très-amoindrie, sans doute, sur la crête et sur les flancs de la colline, et l’Augusta Auscorum, la ville romaine ou la ville claire, comme on l’appela quelquefois depuis, sur les rives du Gers. Saint Sernin y avait semé l'Evangile dans le premiersiècle de l’ère chrétienne ; une ancienne tradition qui s'est perpétuée à travers les âges, et que nous trouvons mentionnée dans plusieurs documents trèsrespectables de la métropole d’Auch, veut même qu'ayant, pendant qu’il prêchait à Auch, appris par révélation la mort de saint Pierre, martyrisé à Rome sous Néron, il se soit empressé de bâtir sur la rive gauche du Gers un oratoire, en l'honneur du prince des Apôtres. La foi y avait fait des prosélytes depuis cette première prédication, et bientôt l’oratoire de Saint- Pierre n'avait plus suffi. Un autre avait été élevé à quelques pas de là, vers le nord, hors des murs d’enceinte des deux cités.
Après avoir élevé sur le sommet de la colline une petite chapelle dans laquelle il plaça l'autel de la sainte Vierge et une partie des reliques qu’il